dynamiques de cette lunaison
Bonne année 2005 et meilleurs voeux de plénitude et de réalisations...
compléments de la lunaison précédente, réflexions autour de saturne en cancer
La pleine Lune du 26 décembre 04 se passait en capricorne / cancer. Le signe du cancer (eau) est en relation avec le monde de l’enfance, celui du capricorne avec le monde de l’adulte (terre ferme). Dans l’optique de la présence de Saturne en cancer, cette dynamique enfance/adulte, attitude d’enfants/d’adultes pourrait être une source de réflexion pour ce début d’année 2005. L’enfant qui reçoit, l’adulte qui donne : à Noël, par le rituel des cadeaux, nous vivons par étapes ce passage. Enfant nous avons reçu (cancer), adulte nous allons donner (capricorne), au sein d’un rituel qui valorise les deux actes : savoir recevoir, savoir donner. (Dans d’autres religions, d’autres rituels font pratiquer cette inversion).
L’enseignement de cet axe cancer/capricorne peut être une réflexion sur la question des besoins. Une personne se construit d’abord en relation à des besoins vitaux (cancer) qui doivent être assouvis. Besoins d’énergies (nourriture, amour, protection...) qui vont des autres vers nous-mêmes. Cette première condition induit une dépendance, d’abord totale (le bébé), mais cet état premier devrait cheminer vers une indépendance totale (l’adulte). Le registre adulte de l’adulte ne serait plus celui du besoin, d’une énergie que l’on doit absolument attirer vers soi pour survivre, mais son retournement : une énergie qui part de nous, rayonne et déploie ses qualités, où que ce soit, avec qui que ce soit.
Les adultes font nécessairement beaucoup de choses à la place de l’enfant qui vient de naître et dépend des autres. C’est aussi une situation dans laquelle nous pouvons rester bloqué, quelles qu’en soient les raisons, et parfois « s’installer ». L’on peut alors devenir adulte en âge physique, mais pas en âge psychique et émotionnel, et rester figé par des attentes et des besoins qui freinent le déploiement, une croissance et liberté sereines. Le registre enfant de l’adulte s’apparente alors à l’infantilisme, un lieu émotionnel « sidéré » par une vieille blessure, un manque, un abandon, une peur.
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Cette pleine lune écartèle, pour mieux nous les conscientiser, ces deux registres enfant / adulte. Le développement de l’être humain, comme de toute nature, est lié au binôme croissance / décroissance. Pour qu’il y ait croissance quelque part, il faut qu’il y ait décroissance ailleurs. Pour renaître dans la vie de l’adulte affranchi, il s’agit de mourir dans le registre de l’enfant dépendant. La croissance de l’indépendance et des réalisations implique alors une décroissance de la dépendance et des attentes. (Voir lettre N°1, Saturne en cancer).
Émotion, Sentiment
Cette pleine lune du 26 décembre 2004 fut malheureusement synchrone avec le raz de marée qui a plongé une partie de l’Asie dans la terreur. La terre du capricorne et l’eau du cancer sont entrées en confusions. Je ne ferai pas de commentaire astrologique sur l’événement lui-même. Deux notes :
- Un article lu sur le site de Reuters (agence de presse) relate le comportement des éléphants, qui ont quitté les rivages quelques heures avant le raz de marée, et se sont réfugiés vers les collines. Ceux qui étaient enchaînés ont arraché leurs chaînes pour partir. Ces éléphants se sont arrêtés à l’endroit où les vagues allaient quelques heures plus tard stopper leur avancée dans les terres. Il est écrit dans l’article que les éléphants pleuraient, et faisaient grimper sur leur dos les personnes qu’ils rencontraient. Comme les éléphants, la plupart des animaux avaient senti et avaient fui. Comment retrouver consciemment ces qualités de lien avec l’ensemble de la réalité ?
- Cet événement a touché : les dons personnels aux organisations humanitaires ont afflué. Une vive émotion. Comment cette émotion peut-elle réellement participer à une évolution de notre humanité, à long terme ? Qu’est ce qu’une émotion ?
Certaines émotions viendraient de l’inconscient, fruit d’une réaction involontaire.
Émotion : « 1° Vx. Mouvement, agitation d’un corps collectif pouvant dégénérer en troubles. 2° Réaction affective, en général intense, se manifestant par divers troubles, surtout d’ordre neuro-végétatif (pâleur ou rougissement, accélération du pouls, palpitations, sensation de malaise, tremblements, incapacité de bouger ou agitation). » (Petit Robert).
Le corps, par ses modifications physiologiques nous avertit que quelque chose se passe, l’émotion monte, et nous constatons que nous avons été touché. Mais à quels niveaux sommes-nous touchés ? Dans l’histoire de la terre, il y eut maints cataclysmes, déluge, destructions, tremblement de terre, éruptions volcaniques... et notre cerveau archaïque, qui oeuvre continuellement à la préservation de la vie, a enregistré ces événements, les dangers et les émotions qui leur furent associées. Cette mémoire collective, ce liant « par l’espèce », peut être cause d’une forte émotion collective, alors reliante et solidaire, mais cependant fondée sur une émotion de peur parce que « cela pourrait nous arriver à nous aussi une catastrophe naturelle » et d’impuissance parce que « la nature est plus puissante que nous ». Certaines mémoires émotionnelles, liées à cette tonalité peur / impuissance, ont peut-être ici participé à une ré-action de solidarité. Mais cette même emprise provoque bien souvent le contraire : notre cerveau archaïque gère les questions de survie élémentaire à la continuité de l’espèce par le biologique : se nourrir / avoir un territoire / se reproduire... Et cela participe également aux comportements de « prendre, se servir, attaquer, défendre, prédateur / proie, faire la guerre... »
Certains plans émotionnels semblent avoir des racines trop impersonnelles (corps collectif) et des ré-actions trop téléguidées pour que l’on s’arrête là. Sentiment que quelque chose doit passer ailleurs, sur un autre plan, pour inscrire et produire de réels changements, à long terme.
Saturne, présent en cancer jusqu’en juillet 05, invite alors à faire un travail particulier avec ces plans émotionnels collectifs, à rendre conscient leur chemin en notre mémoire biologique et comportementale.
Le Sentiment émergerait d’une conscience personnelle, générant ensuite une action volontaire.
Sentiment : « 1° Sensation, sensibilité. 2° Conscience plus ou moins claire, connaissance comportant des éléments affectifs et intuitifs. 3° Capacité de sentir, d’apprécier (un ordre des choses ou de valeurs)... » (Petit Robert).
Un choc, tel celui du tsunami, pourrait faire passer d’un plan émotionnel à un autre registre, celui du sentiment. Peut-être certains « grands » sentiments viennent-ils d’émotions retravaillées, affinées dans l’athanor de valeurs personnelles, et générant par la suite une série de positionnements, d’actes nouveaux qui n’attendront pas un choc émotionnel pour s’exprimer. Le sentiment combinerait alors connaissance et vision, vécu personnel mais d’horizon universel. Modification d’attitude, d’engagement et de pensée beaucoup plus profonde et durable qu’une simple réaction peur/impuissance dans l’instant. L’origine du sentiment est peut-être le philosophe intérieur, le coeur, le sacré-coeur ou l’esprit, le sage... ce ne serait plus une ré-action, mais peut-être une vision, une vision plus vaste. Agir après avoir ré-agit ?
Cette précédente lunaison en capricorne/cancer, ainsi que le travail de saturne en cancer, peut alors proposer de réfléchir à ces trois données du vivant se nourrir / avoir un territoire / se reproduire. À la fois conditions nécessaires à la survie de l’espèce, et contingences revenant continuellement effondrer des millions de vécus personnels.
Comment dépasser ? Dépasser les exigences « archaïques » ne serait ni les subir, ni les nier, mais au contraire les accomplir pleinement à un « autre niveau ».
* NOURRITURE * Récemment, un ami m’a raconté son expérience : 3 semaines sans manger et sans boire, en étant bien sûr accompagné par des personnes compétentes. Lors de cette expérience chamanique, il s’agissait, à un moment donné, de passer « en mode vibratoire », et d’entrer directement en contact et en enseignement avec les êtres de la nature, les plantes, et certains éléments nutritifs. Par exemple, toucher un bouteille d’eau et l’information « eau » qui hydrate directement le corps biologique.
De nombreux récits nous sont parvenus de sages, yogis, « êtres éveillés », qui ne consomment plus de nourritures courantes, et se nourrissent directement du prana, énergie subtile, vibratoire.
Ces personnes existent à toutes les époques de l’humanité, et il semble qu’aujourd’hui, de plus en plus d’individus fassent cette expérience, en occident également, au cours de leurs parcours et de leurs recherches spirituelles.
Ce mode d’existence, s’il demande de faire « un certain chemin » fait cependant partie des ressources de l’être humain.
La conséquence d’un affranchissement : il serait donc possible de « dépasser », de ne plus dépendre de ce qui apparaît pourtant une des conditions essentielles de la survie sur terre : la nourriture.
Le fait que ce premier besoin « se nourrir » puisse s’accomplir dans une dimension verticale - et non dans une dépendance horizontale envers une nourriture extérieure qu’il faudrait cultiver (si la terre le permet) ou acheter (si l’on a de l’argent), a de quoi laisser rêveur. Il existe en nous un immense potentiel de libertés.
Si les peurs de manquer de nourriture terrestre peuvent se dissoudre dans la nourriture pranique, spirituelle, cela induirait une indépendance totale quant aux diverses pénuries alimentaires qui pourraient provoquer un danger mortel (et les réactions à ce danger). Pour les personnes qui savent se nourrir ainsi, certaines causes de ce danger, qu’elle soient naturelles (sécheresse...), politiques et sociales (chômage, pauvreté...) ne sont plus une menace vitale personnelle.
Passage également du besoin vital de manger, à l’indépendance nutritive, et à la possibilité de vivre un désir affranchi du besoin : manger des nourritures « courantes » lorsqu’il s’agit, par exemple, de partager un repas avec des personnes.
Cette interrogation sur la « manière de se nourrir » pourrait être incluse dans l’enseignement de l’axe cancer / capricorne. Le cancer, lié au besoin, à la nourriture, attire le nourricier vers lui. Créant d’abord une situation de dépendance, il peut aussi devenir signe d’indépendance lorsque le niveau sur lequel nous allons chercher la nourriture change de plan. Devenant matrice, source inépuisable, l’arbre de l’indépendance y plonge ses racines. Abreuvé d’une sève subtile et intarissable, il élève sa structure intérieure vers les cimes (capricorne). Alors, déployant vers l’extérieur, branches, feuilles et fruits, il donne et offre autour de lui les fruits de ce processus d’indépendance et sa production de richesses.
* TERRITOIRE * En regardant des documentaires sur les animaux, l’on sent à quel point le territoire, avoir un territoire, défendre un territoire, partager un territoire... fait partie des questions de survie quotidienne. Être à l’abri (cancer) / être en danger.
Dès les cahiers d’histoire de l’école primaire, l’on choisit d’enseigner aux enfants une succession d’histoires de territoire, territoires gagnés, perdus, regagnés, reperdus, des histoires de frontières, de royaumes, d’empires, de nations. Il s’agit de délimiter un lieu. D’une infime échelle biologique (cellule) à une plus grande (terre), avec tous les ensembles et les sous-ensembles qui s’y échelonnent, nous sommes toujours dans un des registres du signe du cancer : l’enveloppe protectrice. Et un paradoxe : ce qui protège enferme.
Avec le territoire, à clôtures ou à frontières, s’associa également les questions de propriété, et d’identification. Sans parler des questions de légitimité à habiter ou pas sur un territoire, et des différents discours fabriquant ou interdisant ce droit, incluant dans ou excluant hors.
Peut-être la présence de saturne en cancer, réveillant ce questionnement depuis juin 03, fait-elle d’ailleurs écho aux différents mouvements de pays qui veulent entrer dans le territoire « Europe », qui inclut et exclut, qui cherche ses limites, avec, notamment, ce registre de ce qui la menacerait ou pas.
Dans l’optique d’un travail sur soi, relié à cette notion de territoire, comment travailler cette question ?
À l’échelle de notre propre personne, existe-t-il un territoire qui ne puisse pas être menacé ? Qui n’ait plus besoin de se défendre ? Est-ce que cela voudrait alors dire : « un territoire qui n’ait plus de monde extérieur » ?
Lors d’accidents, certaines personnes font des expériences de « mort imminente » (NDE), et en reviennent littéralement transformées : elles ont eu la preuve qu’elles avaient une âme, et que vie et conscience continuaient.
L’expérience mystique, autre expérience de « mort imminente » provoque également cette certitude.
Dans ces vécus, quelque chose a explosé, quelque chose qui séparait, qui faisait un dedans et un dehors, qui délimitait. Une frontière s’est abattue.
Le sentiment d’unité revient alors dans tous les témoignages. Sortir de la dualité est un des leitmotiv du processus spirituel.
Notre corps, par ses limites matérielles, impose un dedans et un dehors, et la peau comme limite (capricorne). Nos 5 sens nous habituent à accueillir des informations plus lointaines. Il suffirait que « quelque chose » d’autre explose, et un nouveau sens, un capteur vibratoire, se met en résonance avec l’univers, qui sait jusqu’où...
Vivre quotidiennement avec cette « autre sens », à la fois mystérieux et concret, peut-être est-ce vivre dans un « territoire qui n’ait plus de monde extérieur ». Un moyen de dissoudre intérieurement ce deuxième et puissant conditionnement, généré par des millions d’années de survie sur terre : avoir, prendre, défendre un territoire terrestre.
Dans le documentaire « L’odyssée de l’espèce », l’on se rend compte à quel point le « monde extérieur », avec ses animaux sauvages et ses orages, a été un puissant fondement des instincts et des comportements. Se protéger du monde extérieur tout en y prélevant les éléments nécessaires à la survie alimentaire (cueillette, chasse) nous a occupé pendant des centaines de milliers d’années.
Ce combat pour la vie, pour sauver sans arrêt la vie sur terre, a quelque chose de grandiose. Mais une question revient toujours à l’esprit : à quoi ça sert, finalement ? Dans l’univers et les galaxies, à quoi ça sert la vie sur terre ? Est ce un but ou un moyen ? Si c’est un but local, isolé, « pour lui-même » jusqu’à la fin de la terre et puis... plus rien, à quoi bon toute cette énergie dépensée et ces milliards de milliards de vies qui y ont participé ? Si c’est un moyen, vers quel(s) but(s) est-il tendu ?
Attendre la NDE ou l’expérience mystique fracassante ? Mourir de son vivant pour avoir la preuve que la vie sur terre est un moyen, une étape, un lieu de passage ? Après s’être battue pour perdurer sur terre, la vie en nous cherche-t-elle à se déployer dans une autre dimension, celle de la conscience consciente d’elle-même, celle de l’âme consciente de son évolution ?
En ce troisième millénaire, « prendre, se servir / attaquer, défendre, proie / prédateur... » sont toujours des pratiques pleinement agissantes. On a dit « plus jamais ça » (l’extrême violence, où que ce soit dans le monde) mais on ne l’a pas fait, et on ne le fait pas, et on ne pourra peut-être pas le faire, tant que nous serons animés, habités, voire possédés, par ce type de programmes territoriaux « dans l’enveloppe, la grotte, le groupe, la tribu, la nation... à l’abri (cancer) / dehors menace ».
Il n’est pas rare, qu’à cette configuration, vienne se rajouter une quête d’identité, provoquant une identification au territoire concerné. Lorsque ce deuxième registre vient renforcer une légitimité au premier, un deuxième bouclage territorial se met en place. Et une confusion de plan s’installe dangereusement.
Par sa relation aux origines, au passé, à la mémoire, le signe du cancer peut être également en relation avec le nom, celui qui nous est donné par les ancêtres. « Quel est votre nom ? ». « On m’appelle Untel, mais comment je m’appelle vraiment, ça c’est une autre histoire... ».
Quelles solutions pour dépasser le principe même des conflits de territoire : se protéger/s’enfermer ?
Une des voies : chercher ce « territoire qui n’ait pas de monde extérieur », éveiller ce sens vibratoire, interroger l’identité de l’être. « Le grand silence intérieur les mains jointes » participe à cette oeuvre ouverte. Dans le rythme du zodiaque (p89), Dane Rudhyar exprime : « Le destin supérieur du Cancer est-il de fonder un foyer personnel, rigide ou conventionnel ou de « servir de foyer », de point focal à une nouvelle manifestation divine ? ».
* (PRO)CRÉATION * Passer de l’état de créature à l’étant de créateur.
Au fil de ces étapes « naissance d’une énergie et de potentiels nouveaux » (mars 2004), « pic de soi » (septembre 04), quels moyens nous donnons-nous réellement pour réaliser ? Où puiser de nouvelles ressources (cancer) pour continuer la création de sa vie ? Comment se rendre disponible à la réalisation du rêve intérieur ? Que le rêve de Soi devienne la réalité du Moi...
C’est peut-être l’enjeu de cette nouvelle lunaison : en quoi sommes nous créateur de « nous-mêmes dans le monde » et « du monde en nous-mêmes » ?
dynamiques de cette lunaison
Cette lunaison, la première de l’année 2005, ouvre le rideau d’une année dont la somme numérologique est 2+0+0+5 = 7
Symboliquement, le chiffre 7 est la somme sacrée du 3 (le ciel) et du 4 (la terre), de la trinité dans le carré. C’est un chiffre qui fait appel à la connaissance, à l’enseignement, à une méditation sur les grands sujets de la vie. Il représente l’univers créé en 7 jours, les 7 jours de la semaine, les 7 couleurs de l’arc en ciel, les 7 chakras, les 7 ans pour renouveler nos cellules, les 7 notes de musique...
C’est un chiffre d’études patientes, qui demande d’approfondir nos ressources en termes de connaissance et de conscience personnelle. Chiffre lié à un effort volontaire de progresser sur le chemin de la compréhension des lois de l’univers et de la sagesse qui en résulte.
Pendant un millénaire, les années ont commencé avec le chiffre 1. Depuis l’an 2000, le point de départ, est le chiffre 2. Symboliquement, cela peut signer un passage de l’univers du 1 (principe actif, yang, masculin) à l’univers du 2 (principe passif, yin, féminin). Et nous sommes dans le 3ème millénaire, le 3 ayant la mission de réconcilier le 1 et le 2, l’unité et la dualité, et « de faire du deux Un ».
« Faire du deux Un », dans le quotidien de nos vies, en tant qu’hommes et femmes, cela peut dire avoir accès aussi bien aux énergies féminines (lune) de sensibilité, de réceptivité, de lien avec le naturel, l’imaginaire et les rêves, qu’aux énergies masculines (soleil) de décisions, d’actions, d’affirmations et réalisations dans le monde.
3, oeuvre de trinité ?
La nouvelle lune a lieu dans le signe du Capricorne, au 21ème degré, tandis que la Pleine lune a lieu avec le soleil dans le signe du Verseau et la Lune en face, en Lion.
La nouvelle lune s’enracine dans la Terre du Capricorne pour déployer ensuite, lors de la pleine lune, dans l’air du Verseau et dans le Feu du Lion.
Le degré Sabian* de cette nouvelle lune est « Une course de relais. La valeur d’une saine émulation dans la création d’une conscience de groupe. Degré d’échange dynamique ».
Si le « pic de Soi » de fin septembre 04 a pu faire émerger, ou préciser, un rêve intérieur, un projet personnel, et son désir de réalisation, la nouvelle lune en capricorne s’enracine dans la terre, signe de réalisme et de connaissance. Ce réalisme nous raconte tout d’abord que pour se réaliser en tant qu’individu, il s’agit de participer consciemment à une course de relais, donc à un projet collectif tendu vers l’avenir, et vers une victoire commune : le premier et le dernier à avoir participé à cette course gagnent ensemble.
Ce degré parle du passage de la compétition à la coopération dans un objectif commun. Le fait que chaque individu réalise ce qu’il a d’unique et d’original, ce qui fait sa signature particulière, ne se fait pas contre le monde mais avec lui. Cette lunaison peut interroger notre projet de participation, pourquoi participer et avec qui.
La pro-création naturelle est une chaîne de génération en génération, course de relais dont l’énergie vitale passe à travers les filières généalogiques, et à travers un acte, « faire l’amour », plus ou moins investi d’amour certes, pouvant même être un acte de violence.
Dans la lettre N°2, je parlais du lien entre amour-création-énergie, et de leur possible origine commune. La course de relais via les générations et via la procréation a pu abîmer cette énergie-création-amour, mais cela ne veut pas dire que cette puissance vitale originelle n’existe plus. Nous avons pu en être coupé, elle a pu être abîmée, mais nous pouvons aussi nous y relier à nouveau.
Dans cette course de relais, l’être est resté intact, toujours relié à « amour-création-énergie » car il est « amour-création-énergie ».
Il est donc possible que cette lunaison nous propose de nous rebrancher, à l’intérieur de nous-mêmes, dans nos ressentis et notre intimité, à un autre niveau de cette course de relais, celui de l’être qui a traversé les espèces minérale, végétale, animale et humaine... depuis des millions d’années et qui n’a jamais été abîmé, dans son essence. Qui est donc toujours disponible et déjà là.
On ne crée pas sa vie et un projet de réalisation de son être sur terre avec de vieux matériaux émotionnels et mentaux, avec un vieux corps de souffrances.
En étant par exemple en colère contre sa famille, en mettant un mur entre les ascendants et nous-mêmes, que les raisons de cette protection / carapace soient justes ou pas, nous bloquons peut-être le passage à un immense courant d’énergie vitale. La subtile opération à opérer pour se rebrancher au courant originel « amour-création-énergie » qui, en essence, est passé de génération en génération, revient à « ouvrir le robinet » de cette énergie vitale.
Ouvrir les vannes comme si le flot d’informations qui est passé dans l’histoire générationnelle avait toujours été parfait et épanouissant. Ce « comme si » n’est pas un déni de ce qui s’est réellement passé dans la réalité abîmée, cela demande de réparer effectivement les blessures, les failles et les obstacles. Mais lorsqu’il y a processus de guérison, à un moment donné, il s’agit aussi d’« ouvrir le robinet » de la transmission et des héritages pour que ce flot « d’amour-création-énergie » puisse aussi nous traverser, et se déverser à partir de nous vers le futur. Il s’agit de dire oui, un grand oui au « fond parfait » de la vie, même si les formes ont été imparfaites.
L’effet de ce « comme si » est puissant pour notre cerveau, car celui-ci intègre les informations virtuelles que nous lui donnons comme une réalité. (comme si = c’est). Le cerveau va donc tour à tour transmettre cette nouvelle information à l’ensemble de notre psychisme (corps / émotion / mental).
Il s’agit alors d’un acte de re-création de soi.
C’est une opération de dépassement du passé, dont l’objectif est de libérer l’énergie vitale et la création en nous-mêmes. Énergie de création dont nous allons avoir besoin durant les temps à venir pour réellement créer et faire des destinées conscientes.
(Le jour de la conjonction vénus mars à 16° scorpion, les 5, 6 décembre 2004, il est possible que les événements aient pu pointer du doigt un lieu où il y a justement un potentiel d’énergie vitale à libérer. Voir lettre N°1)
Dans la précédente lettre (N°2), j’avais parlé de la rétrogradation de mercure et de l’effet « marche arrière » qui durant le mois de décembre 04 pouvait aller chercher dans le passé des contenus, des informations cachées afin de les mettre en lumière. Sous jacent à ce nouvel éclairage, il y avait l’enjeu d’une clef qui permette de se délivrer d’un « mouvement clos », de quelque chose qui dans le mental (mercure) tourne en rond et se répète, pour ouvrir une porte vers de nouvelles possibilités d’évolution.
La phase de rétrogradation de mercure (1 au 21 décembre) travaillaient les énergies du soleil (la lumière) et de Pluton (l’ombre). Il semble qu’elle n’ait pas été très facile à vivre, bien que ces propositions de « mise au clair » et de « réduction à l’essentiel » puissent à terme être bénéfiques. Le contact soleil / pluton peut être particulièrement destructeur pour l’ego, pour la personnalité, pour ce que l’on croit être ou vouloir vivre. Ces deux énergies associés évoquent plutôt le plan de l’âme, des projets de l’âme, de la mystérieuse raison d’être sur terre. Cette mission s’adapte parfois très mal à toutes les contraintes, les obligations, les fausses sécurités, les identifications étroites, le bricolage social ou les artifices relationnels. L’énergie de Pluton n’est pas civilisée, elle ne fait ni dans la douceur ni dans les révérences : son objectif est la vérité, et souvent, son moyen d’accéder à la vérité est radical : détruire ou ébranler tout ce qui emprisonne l’âme dans une conscience étriquée.
Pluton veut la régénération, la mort de ce qui est déjà mort pour que vive ce qui doit devenir vivant. Ce mois de décembre a pu donc à la fois réveiller en chacun quelque chose de très puissant, de fondamental, et révéler à quel point le vécu quotidien peut s’avérer inadapté à porter et exprimer cela.
Autour du 29 janvier 05, après Mercure et le Soleil, c’est la planète Mars qui passe sur Pluton au 24° degré du sagittaire. Possible que ces 2 ou 3 jours permettent justement une autre étape dans ce processus de mutations. Ce que l’on a vécu au niveau mental de Mercure, il va falloir l’agir au niveau de Mars, planète qui fait passer dans l’incarnation, dans les actes. Les informations nouvelles qui ont pu émerger en décembre vont maintenant participer à la formation de notre réalité. Quelques jours qui peuvent aider les transformations intérieures à s’incarner réellement dans les événements extérieurs.
Sachant qu’avec Pluton, il s’agit aussi de lâcher prise et de ne pas résister à la transformation pour que de l’énergie nouvelle se libère. Quelques jours de vigilance également si un malaise intérieur ou une situation extérieure difficile se présente, car ce processus plutonien de « destruction et création » ouvre la porte de la cave, de l’inconscient, et demande de la conscience pour que l’énergie de destruction de l’ancien ouvre effectivement sur une phase de re-création.
La pleine lune du 25 janvier 05, en Verseau / Lion, parle d’une double conscience. Le verseau est un signe qui parle des groupes, des associations, des collectifs où l’on va se relier les uns aux autres parce que l’on est « sur la même longueur d’onde ». Il cherche une communauté d’esprits et un esprit commun.
Dans ce rassemblement de personnes, il ne s’agit pas de se fondre en une identité commune qui annihilerait la personnalité de chacun. Pas de fusion dépersonnalisante. Au contraire, il s’agit de révéler l’énergie Lion de chacun (son soleil intérieur, son unicité, sa créativité, ses réalisations originales, l’artiste en lui).
L’enjeu de l’axe Verseau / Lion est : ET l’individu ET le groupe. Épanouir l’un et l’autre, et non pas l’un au dépend de l’autre. Une double conscience pour une double vision, à la fois cosmocentrique et égocentrique. Au final, les deux visions n’en font plus qu’une.
Cette proposition pourrait être un enjeu d’avenir dans nos civilisations, car cela demande un changement radical de bien des formes d’organisation psychique et sociale. Cela nous demande de sortir des relations dominant/dominé, parent/enfant, de développer conscience personnelle et connaissance de soi afin de pouvoir apporter les fruits de ce travail personnel dans une collectivité gagnant en sérénité.
Dans une nouvelle organisation relationnelle individu / communauté, il n’y aurait plus de sacrifiés, de dictature (le collectif qui écrase l’individu) et de dictateurs (l’individu qui écrase le collectif). Dictateur et dictature sont des principes qui peuvent agir à un niveau mondial, comme au sein de la maison, du milieu professionnel, des groupes d’amis...
La Pleine Lune peut nous poser cette interrogation : ok, je veux me réaliser. Mais dans quel projet collectif ? Et qu’est ce que j’apporte d’original, de personnel dans ce projet ? Elle nous demande de préciser ces deux niveaux, de développer notre projet de vie personnelle dans une vision collective de l’avenir. Cela, afin de créer sa place dans un monde à-venir - et non pas trouver sa place dans une société ou une organisation du monde déjà là.
Les deux degrés sabian* de la pleine lune ont ces deux images : « s’impliquer dans des schémas collectifs solidement établis visant à mobiliser une énergie collective (degré de responsabilité transpersonnelle) » + « l’obligation de dépasser notre subordination aux modes sur le plan des règles tant morales que vestimentaires (degré de relativité des valeurs sociales). »
Pour pouvoir se créer et se projeter dans l’avenir, un vieux monde, avec sa vieille organisation, ses vieilles habitudes de pensée, peut sembler parfois inadapté à accueillir les mutations nécessaires. L’ancien, avec sa rigidité et ses résistances, a besoin de se renouveler. En oeuvrant collectivement avec originalité et conscience, il y a certainement plus d’efficacités que dans la solitude.
De nombreux champs de notre société nécessitent un travail d’ouverture par la connaissance (et non par les croyances idéologiques, les apriori et les pré-jugés). Par exemple dans le champ médical, où médecine « occidentale » (allopathie, chirurgie...) et médecines dites parallèles (acupuncture, énergétique...) devront bien un jour s’associer pour travailler ensemble - dans le champ de l’éducation où par exemple l’on pourrait enseigner la physique quantique à l’école primaire, avec la philosophie de vie qui en découle, afin d’ouvrir les esprits au lieu de les restreindre - et dans de nombreux domaines où il y a une nécessité réelle de changements de pensée et de créativités à réaliser.
Quels que soient nos métiers et nos engagements, pour pouvoir y apporter de la créativité et de réelles mutations, c’est généralement tout le secteur d’activités qui doit être régénéré, et cela se fait à la fois collectivement et personnellement (verseau collectif / lion personnel).
Cette Pleine Lune insiste sur la puissance créatrice de chacun, sur le fait que nos vies existent par et pour la création, que créer n’est pas une activité secondaire, « optionnelle » mais principale, vitale et vitalisante. Sans création nous sommes morts, sans créativité nous sommes mort-vivants, automates du passé.
Après le « pic de Soi » dont nous avions parlé en fin septembre 2004, et avec la position des noeuds lunaires en bélier/balance qui, jusqu’en juin 2006, vont particulièrement insister sur les affirmations et les réalisations personnelles, il peut être intéressant de réactiver dans le quotidien une énergie de créativité, quelle qu’elle soit (dessin, peinture, chant, musique, fleurs...). Une énergie qui se déploie dans le plaisir et la joie de se manifester, qui n’est pas seulement l’apanage des « artistes » qui en font leur métier, mais bien l’état naturel et spontané de notre divinité intérieure : créer.
Sans aucun lien ni pratique avec cette énergie de création spontanée, il peut être encore plus difficile de trouver des ressources pour transformer d’autres situations quotidiennes, privées ou publiques.
Le réalisme dans lequel s’enracine la Nouvelle Lune est un réalisme tourné vers l’avenir, une vision, et non le réalisme de la fatalité.
Sentiment d’unité et de coopérations que nous propose la Nouvelle Lune, afin que chaque projet personnel crée un espace de réalisations, une « oeuvre ouverte ».
La Pleine Lune du 25 janvier vient apporter un horizon à cette notion de réalisme dans laquelle la Nouvelle Lune plantait ses racines. Elle fait passer d’un réalisme issu du passé et du principe d’obéissance à certaines traditions - habitudes, conséquences d’événements, croyances - à un réalisme lié à l’avenir et à l’obligation de se re-créer en toute conscience, de devenir non seulement son propre re-créateur, mais aussi de participer de plus en plus à la re-création de la société et de l’être devenant humain.
Bonne Lunaison :-))
Sandrine Delrieu