les lettres de lunaison conscience de l'évolution
évolution de la conscience
revue à parution mensuelle
madrugada edition, association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
lettre de lunaison n° 07
par Sandrine Delrieu
nouvelle lune : 08 mai 05, en taureau, 17°52, 08:47 TU
pleine lune : 23 mai 05, en gémeaux / sagittaire 02°47, 20:19 TU
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dynamiques de cette lunaison

La nouvelle lune a lieu en taureau, premier signe de terre. Lors de la pleine lune, le soleil est en gémeaux, signe d’air, et la lune en sagittaire, signe de feu.

ne pas voir, voir
La dernière Pleine Lune en taureau / scorpion du 25 avril avait une tonalité particulière : fête du Wesak, qui se réalise tous les ans lors de cette pleine lune. C’est une nuit de prière bouddhiste à laquelle de nombreuses autres communautés et individus se sont petit à petit associés. Dans le monde entier, une prière commune. Un des objectifs est de « faire descendre la lumière » afin que la matière de la terre et de nos corps en soit imprégnée, et que cette lumière nous aide à sortir d’un état de souffrance. De la nuit de la souffrance.

La lumière est en lien avec la vision et la conscience. L’invocation de cette Pleine Lune du Wesak est : « Je vois et quand l’oeil est ouvert, tout est illuminé. »

L’injonction s’adresse au personnel : je vois. Un processus personnel qui invite à passer de « je ne vois pas » (et sans doute « je ne vois pas que je ne vois pas ») à « je vois ».

 

L’éclipse de soleil du 8 avril 05, puis l’éclipse de lune du 25, ont semble-t-il oeuvré à des prises de conscience et des changements de vision, qui en bélier, pouvaient ensuite commencer à se répercuter dans des actes gagnant en liberté, en initiative, et dans une reconsidération de ses propres « points de départ ». (démarrage et starting-blocks. lettre 06 p 4).
Permettant cela, une nouvelle vision, un éclairage.
Entre ces éclipses et le fruit de la rétrogradation de mercure (lettre 06 p 4) tout se passe en bélier : le passage de « ne pas voir » à « voir » travaille les énergies de ce premier signe du zodiaque, l’individu, « moi-je », chacun de nous.

 

 

 

Après la naissance physique, qui sépare notre corps du corps de la mère, oeuvre le processus de naissance psychique qui prend bien plus de temps, se vit en de nombreuses étapes, qui peuvent être aussi douloureuses qu’une naissance physique, mais toute aussi victorieuses : réussir à passer est à chaque fois une prouesse, où il s’agit également de perdre (ce que l’on était et avait) pour gagner (ce que l’on sera et aura).

 

le coût d’une naissance
Ces notions de perte / gain sont inscrites dans cette dynamique taureau / scorpion que la dernière pleine lune du 25 avril activait. Ces deux signes sont particulièrement sensibles aux pertes et aux peurs de perdre, aux processus d’incarnation (apparition dans une dimension matérielle) et de désincarnation (disparition dans une dimension immatérielle), que cela touche la relation à une personne, un projet, un bien matériel, une idée, une situation, ou autre. Taureau et scorpion ne lâchent pas facilement le morceau, et « ruminent ». Quand bien même le voudraient-il, souvent, « ça » ne lâche pas à l’intérieur.
Ces deux énergies taureau / scorpion invitent chacun de nous à approfondir l’enjeu et les dynamiques de ces processus de perte / gain. (même si l’on n’est pas taureau ou scorpion, tous les signes sont bien sûr présents dans chaque thème natal).

En analyse, il est connu qu’une part de la séance doit être payée par la personne, et non remboursée par une instance impersonnelle et collective (sécurité sociale, mutuelle). Payer de sa poche, acheter sa liberté. Cela doit coûter, et personnaliser.
Argent : (X°; lat argentum). Métal blanc, très ductile et malléable, que l’on trouve en filons à l’état natif (argent natif), dans les minerais, galènes et pyrites à l’état de sulfure. / D’argent, de la couleur, de la blancheur, de l’éclat de l’argent. / Monnaie métallique de ce métal (l’encaisse or et l‘encaisse argent) / Toute sorte de monnaie métallique, de papier-monnaie. Ce qui représente cette monnaie. (Petit Robert).

Symboliquement, l’Argent est relié à la Lune et à son univers (terre, inconscient, nuit, matière, mère...) tandis que l’Or est relié au Soleil (ciel, conscient, lumière, esprit, père...).
S’agirait-il alors de donner de l’argent pour recevoir de l’or ?

Oeuvre ici le jeu des symboliques et des correspondances actives entre plans reliés par le même symbole :
— lune-argent-nuit-inconscient-créature-passé...
— soleil-or-lumière-conscience-créateur-futur....
En agissant l’argent, nous agirions alors tous les plans qui lui sont reliés symboliquement. Nous échangerions une chose contre une autre, une part d’inconscience contre une part de conscience...

En énergétique, il est conseillé de ne pas porter sur soi trop de bijoux en argent, qui peuvent épuiser ou alourdir l’énergie, tandis que l’or aiderait à un raffinement de l’énergie et à son expression.
En lithothérapie, « la richesse de l’or est dans l’intelligence et la spiritualité qu’il véhicule. Il s’applique exclusivement au Chakra du Sommet (...). Il éclaire l’esprit, favorise le rapprochement avec l’être suprême (...). Sa richesse extrême l’autorise à un détachement des choses matérielles. Il agit sur les capacités extrasensorielles et a des effets bénéfiques pour les yeux. » (Dictionnaire des pierres, R. G. Boschiero. Ed Vivez soleil).
En Égypte, il y avait le soleil extérieur (visible) et le soleil intérieur (invisible — visible avec l’oeil intérieur). Tout ce qui en nous est retraversé, revécu par une conscience personnelle, travaille la voie de cet oeil intérieur, solaire, conscient, éclairé et éclairant.

« Acheter sa liberté » fait immanquablement penser au fait de s’affranchir d’un état d’esclavage.
Le 27 avril 1848, le gouvernement français prononce l’abolition de l’esclavage : « Art 8 : (…) il est interdit de posséder, d’acheter ou de vendre des esclaves ». Quelque temps auparavant, le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme affirmait « les hommes naissent libres et égaux en droits.» Prononcée sous le soleil (c’est à dire dans l’espace visible, au grand jour), ce programme qui inspire depuis une ligne de force dans l’humanité s’est cependant retrouvé confronté, à la fin du XIX° siècle, au champ ouvert par Freud et les premiers psychanalystes : il y a de l’inconscient. Dans une société en pleine industrialisation, en plein déploiement de forces phalliques (rails et train qui percent l’espace, paquebots qui traversent les mers, voitures, avions...), de forces masculines qui veulent contraindre la Mère Nature à lui obéir et travaillent à lui prendre ses richesses (minerais, charbon, carrières...), cette affirmation « il y a de l’inconscient » sonnait le glas d’un certain triomphalisme dominant. (Voir l’excellent film de John Huston « Freud, passions secrètes » réalisé en 1962).
Etre, ou devenir libre, nécessite un travail dans le monde intérieur qu’aucune loi extérieure ne pourra réaliser. Si la loi extérieure l’annonce, c’est la loi intérieure qui va devoir le faire...

 

Dans l’énergie taureau / scorpion de la pleine lune du 24 avril 05, la liberté espérée a peut-être un prix : elle se lie à un échange, une transaction (perte d’esclavage / gain de liberté). Ce prix n’est pas fixé en soi, c’est un « rapport de valeur d’un bien à un autre bien ; rapport d’échange entre un bien et la monnaie. » (Petit Robert).
(« Liberté » à entendre ici comme libération, processus dynamique permettant de s’affranchir d’un passé devenu obsolète, ou étriqué).

Ce rapport d’échange et de valeurs peut avoir fait circuler des biens, symboliques ou concrets - en donner, en recevoir - en fonction de nos vécus, qui estiment la valeur de l’échange. Le passage par une transaction concrète, d’argent, peut également éclairer les échanges d’une valeur franche. Dans l’inconscient, oeuvre souvent une tonalité de dette qui, même si nous n’arrivons pas toujours à cerner tous ces contenus, peut ici entrer en processus d’éclaircissement (de la lune-argent-nuit au soleil-or-lumière). Payer ses dettes (parfois ses erreurs), ce que l’on estime dû, honorer ses engagements... peut alors agir comme un acte psycho-magique, et provoquer une libération d’énergie. L’argent est un puissant outil psychique.

Suite à tout cela, il est donc possible que cette dernière lunaison ait invité à prendre des décisions, à poser des actes qui coûtent, symboliquement et concrètement, quelque chose.
Une réflexion sur les bénéfices que l’on tire de telle ou telle situation, de telle ou telle relation peut alors être intéressante. Un bénéfice étant toujours rattaché à un contexte, l’on ne peut pas vouloir se détacher du contexte tout en gardant les bénéfices (Par exemple une relation homme / femme ou l’un des deux « entretient l’autre », une relation parent / enfant où l’enfant permet au parent son seul rôle social, une relation personne / maison où l’on veut changer de ville mais où l’on voudrait garder le jardin...).

Une période donc, où le coût d’une re-naissance vers l’avenir serait peut-être à estimer, et à acter. Acter consciemment un renoncement, un détachement, ressentir l’appel d’air que cela provoque, et observer les perspectives qui s’en dégagent.

Délivrance, libération... ces mots font partie du vocabulaire lié à l’accouchement d’un enfant.
Quand la première naissance opère ce passage sur le plan physique, les yeux s’ouvrent une première fois, et vont s’accommoder (mode passif inconscient).
La deuxième naissance s’opère sur le plan psychique, les yeux s’ouvrent une seconde fois, et vont accommoder (mode actif conscient).

« Je vois et quand l’oeil est ouvert, tout est illuminé. »

Renaître, recommencer un cycle, ne peut se passer sans grands changements, ni sans travailler cette dynamique perte / gain.

 

ménage de printemps
La nouvelle lune du 8 mai 05 a lieu en taureau, dans un degré dont l’image « une femme secoue un vieux sac par la fenêtre de sa chambre » peut être de circonstance. Il est courant en cette période mai / juin de voir dans les rues un éventail de meubles, vêtements, bibelots... (à Marseille, il est une coutume de « bien présenter » ce que l’on jette pour que les passants puissent se servir). Instinctivement, il y a ce besoin de jeter les vieux trucs dont nous ne nous servons plus. Ce rituel apporte une paix psychique, une sensation de légèreté.

Ce degré parle également de « décrassage du mental » et de purification.
Ce que nous jetons dans la rue a cependant eu, à une époque de notre vie, une certaine valeur, par le prix que l’on y a mis, les valeurs affectives que nous y avons tissés, les différents types d’attachements que nous avons vécus.

Les questions de valeur font partie de l’énergie Taureau, valeurs affectives, valeurs matérielles, valeurs de nos compétences, de nos dons, valeur de l’argent gagné... Il ne s’agit pas encore de valeurs liées au service - don de soi (qui, dans les différentes étapes du zodiaque, vont s’expérimenter dans l’énergie vierge), ou de valeurs morales (énergie capricorne).
Dans l’énergie Taureau, il s’agit d’être en relation concrète (par les 5 sens) avec tous les éléments qui vont participer à une sécurité terrestre, corporelle, physique. Cela participe d’une étape nécessaire de construction de la psyché personnelle, qui cherche avant tout solidité, preuves de son existence et de sa permanence... C’est en s’identifiant à ce qui est possédé (biens, personnes, constructions...), que cela fait entrer dans la terreur de perdre l’objet sur lequel l’identification s’est élaborée. (Ma voiture c’est moi.)

Dans ce registre (croire posséder + s’identifier à) le mental peut effectivement vivre une purification, et à chercher son identité différemment.
Il est également une inversion intéressante dans le contexte familial : au lieu de dire « c’est mon enfant », dire « je suis son parent ». Nous pouvons l’appliquer à d’autres situations relationnelles, non pas « c’est mon ami », mais « je suis son ami ». En essayant les yeux fermés, l’impression n’est pas du tout la même. Les objets se transforment en sujets. Le mouvement s’inverse, et au lieu d’attirer vers soi, projette une dynamique vers l’extérieur. (peut-être cette inversion fait-elle passer de la terre du taureau à celle du capricorne).

 

Lors de cette nouvelle lune, soleil et lune sont en sextile (30°) à saturne en cancer. Aspect qui peut inciter à reprendre en main les soins et les besoins du corps (en parallèle à ceux de la maison).
Cela peut être un moment propice pour aller, par exemple, au hammam, frotter la crasse qui bouche l’épiderme et renouer contact avec son corps. Ou encore de se coucher dans l’herbe et les fleurs se ressourcer dans la nature et son déploiement actuel.
Saturne termine ses derniers mois en cancer, et certaines réconciliations émotionnelles peuvent émerger en cette fin de transit (jusqu’en juillet). Les ressources que nous avons aujourd’hui dans l’énergie taureau sont liées au plaisir, à la sensualité, au bien-être corporel, et peuvent aider à vivre plaisamment l’instant présent, sans se poser de questions. En savourant : le plaisir de vivre est légitime. Une énergie taureau vécue sainement, sereinement permet d’être bien sur terre, de profiter de la vie, de construire avec ses compétences une vie matérielle agréable, tout en ne s’y attachant pas. L’art de traverser sans s’accrocher...

 

castration et rite de passage
La Pleine Lune a lieu le 23 mai 05 en Gémeaux, signe d’air relié à la communication, la parole, les liens avec l’environnement immédiat, le mouvement. L’énergie Gémeaux, curieuse de tout et de tous, se déploie dans l’exploration des liens entre la réalité physique et le mental qui cherche à mettre des mots sur cette réalité.

Cette lunaison de mai inscrit le passage du taureau au gémeau, de la terre à l’air, des objets et sujets physiques à leurs noms et définitions.
Dans les étapes de construction d’une personne, ce passage se réalise lors de ce que l’on appelle en psychanalyse la castration orale. C’est le passage du sein à la parole, de la bouche-contact physique à la bouche-contact par le langage. Après la première séparation (cordon ombilical), s’opère dans la castration orale une deuxième séparation, extrêmement subtile, qui va initier (ou pas, ou partiellement) le bébé à un nouveau mode relationnel, envers lui-même et envers le monde.

Une castration en soi n’est pas un terme négatif, contrairement à l’usage courant qu’il peut parfois en être fait. Une castration peut être réussie ou ratée. Il s’agit d’un rite de passage, qui en interdisant la poursuite d’un mode relationnel ouvre la porte à un autre (perte / gain).
Chaque phase de castration est un moment fragile qui demanderait aux parents d’avoir bien vécus leurs propres castrations pour pouvoir « naturellement » y initier leurs enfants. Le fait d’étudier ce processus permet également de continuer à les agir avec une conscience éclairée.

La castration orale semble en jeu dans le passage du taureau aux gémeaux, dans leur expression vitale comme dans les différentes pathologies que ces deux énergies peuvent exprimer.

— Avant la castration orale, le bébé n’est pas séparé de sa mère, il vit dans une perception unitaire, sa mère est lui, et sa demande instinctive est axée sur le fait d’avoir nourriture et sécurité (taureau). Le bébé prend, attire, demande, avale, réclame « maintenant tout de suite ». Cette phase doit être vécue pleinement dans les premiers mois, le temps que le cerveau du bébé poursuivre sa maturation et devienne apte à passer à l’étape suivante. Toute séparation et sevrage brutal avant cela est un drame vital, car le bébé ne peut pas faire autre chose que cette demande instinctive (épuisé, il se laissera souvent mourir). C’est la raison pour laquelle nous revenons aujourd’hui au fait de nourrir les bébés quand ils le demandent et non à des horaires définis. Tant que le mental, son support biologique, et les conditions de possibilités de son usage n’existent pas, les parents, le monde extérieur et la société ne devraient en aucun cas imposer aux bébés un rythme et des obligations qui ne sont pas les siennes. Il ne peut pas y répondre. Les répercussions de cette première période de vie sur l’apprentissage scolaire, l’adaptation aux autres, les capacités d’échanges, le rapport au réel sont innombrables. Comme s’il était toujours impossible de répondre.

— La première personne concernée par la castration orale est certainement la mère. Elle a nourri l’enfant dans son ventre / première séparation de l’ombilic à la bouche / elle lui donne le sein ou le biberon (odeurs, contact, perceptions unitaires du bébé). Et, au mieux, elle va lui parler, et s’adresser à lui en personne.
Là, nous sommes un « tu » avant de devenir, plus tard, un « je ». (voir la dynamique balance / bélier, lettre 02 p 4,5 qui nous invite depuis décembre 04 et pendant 1 an et demi à faire émerger ce « je » de toutes les définitions « tu es ceci ou cela » qui nous ont été apposées...).

Une des enjeux de la castration orale est de faire entrer le bébé (à partir environ de l’âge de 6 mois où son cerveau devient apte à accueillir ce changement) dans l’espace d’un langage relationnel (il n’y a pas de langage sans relation) qui va opérer plusieurs choses :
- la découverte et acceptation d’une séparation de corps. Découverte du « je » et du « tu ».
- la découverte et assimilation progressive de son prénom, du nom des autres personnes, des objets.
- la découverte de l’usage des mots qui appellent les choses.
- la découverte des « liens entre », dans un monde qui désormais se parcelle et se fragmente indéfiniment.

 

Ces grandes nouveautés (liée à l’univers gémeaux) ne peuvent se faire avec plaisir que si le bébé continue de sentir la sécurité qui était la condition sine qua non de l’étape précédente (taureau), et si l’on adresse à lui personnellement (et non pas « il », ou s’il est pris dans un brouhaha dans lequel il n’est pas différencié et appelé en tant que sujet).

Les mots vont créer petit à petit une distance spatiale entre la mère (ou la personne qui joue ce rôle) et l’enfant. Les 5 sens sont de plus en plus développés. La vue et l’ouïe prennent certainement une importance nouvelle durant cette période, en permettant une mise en contact à travers la distance. Se créent comme des fils invisibles entre lui et les personnes, qui, s’ils maintiennent le nécessaire sentiment de sécurité, permettent d’accepter la séparation. (Plus tard, il s’agira également d’accepter que des fils invisibles se tissent entre des personnes dans lesquels nous ne sommes pas concernés.)

À la séparation des corps (épreuve / perte taureau) succède le lien du langage (découverte / gain gémeaux). L’espace se médiatise, et offre un nouveau terrain d’exploration, de jeu, de curiosités, de rires, d’expérimentations du pouvoir et du plaisir du langage (univers gémeaux). Bras et mains participent également à cette phase relationnelle, jeter au loin, attraper, tester le proche et le lointain... Plus l’enfant sera valorisé, nommé et sollicité, plus le passage dans ce nouvel univers se vivra comme une promotion (gain) et non comme un danger (perte).

— Cette phase orale est aussi le moment où l’enfant va se retrouver face à un « non » qui retarde, interdit et déplace l’accomplissement du « maintenant tout de suite », une avidité d’avoir pour sa seule satisfaction personnelle (pathologies de l’énergie taureau en quête d’une sécurité perdue).

Cette phase orale permet ainsi, à la fois la découverte du « non » et celle du « nom »...

La phase orale est une grande période de socialisation, qui en donnant le langage à l’enfant va lui permettre de l’utiliser dans ses autres relations.
« Le fruit de la castration orale (sevrage du corps à corps nourricier), c’est la possibilité pour l’enfant d’accéder à un langage qui ne soit pas seulement compréhensible par la mère : ce qui va lui permettre de ne plus être dépendant d’elle exclusivement. » (Françoise Dolto, l’image inconsciente du corps, p 72. Ed Points).

Nous passons toujours, plus ou moins bien, cette phase de castration orale, puisqu’elle correspond à un âge particulier de notre développement psychique. Une phase orale vécue douloureusement peut engendrer mutisme, autisme, problèmes de langage, confusion mentale, dissociation corps / pensées, constructions mentales / réalités... (pathologies gémeaux + axe respiratoire, bras, mains).
Les secrets de famille et les non-dits affectent inconsciemment cette phase du langage, où l’enfant ressent des choses qui ne sont jamais nommées.

 

L’instabilité de l’énergie Gémeaux vient du fait qu’il est, dans le sens du zodiaque, le premier signe à faire l’expérience de la séparation corps / mots, et de la dualité dans laquelle l’expérience humaine chemine. La menace de la dissociation est sentie. Un moyen d’y pallier est de faire passer les moindres vécus et observations par l’acte de nommer, d’y tenter une définition. D’où une curiosité incessante, un côté touche à tout qui essaie de créer une toile d’araignée de langage où rien n’échapperait à cet effort de classer et de contrôler le réel par le mot (d’y appartenir et de s’y sentir en sécurité). L’énergie gémeaux démontera le moteur de la voiture pour voir comment ça marche. Plus difficile sera peut-être de le remonter si le plan d’ensemble s’est perdu, ou si la curiosité attire déjà ailleurs...

Le mot est pour l’énergie gémeaux à la fois la possibilité d’entrer en contact avec le réel, et de faire des liens entre les multiples éléments de ce réel. Il va donc tester de multiples possibilités (ce qui ne l’engage pas forcément, « corps et âme », dans tout ce qui est dit - cela peut être parfois perçu, avec des personnes très marquées par une énergie gémeaux instable, comme des « paroles en l’air », des promesses non tenues et du mensonge).
Dans sa jeunesse d’expérimentateur, cette énergie garde une certaine légèreté, devant tout passer « en surface » avant de prendre le temps d’approfondir. Elle passe parfois du coq à l’âne, cherchant le pont. Énergie bavarde, qui saoule parfois ceux qui trempent dans une énergie plus méditative et silencieuse. Le « bruit du mental » y est parfois excessif.

L’énergie gémeaux part facilement à la rencontre des gens du quartier, des voisins, s’adaptant à mille situations avec le don d’un caméléon rusé. Avec l’autre, en contact (verbal) avec lui, une forme de réunification (passagère ?) s’installe. Être éminemment social, toutes les modalités du Verbe sont explorées avec délice, séduction (platonique, le verbe y étant parfois plus jouissif que le corps), blagues, jeux d’esprit maniés avec brio... les mots, outil du gémeau, peuvent parfois être utilisé comme une arme, tranchante et incisive, comme une fuite, ou encore une carapace protégeant d’un monde émotionnel où les mots deviennent impuissants.
L’énergie gémeaux est présente chez de nombreux écrivains, personnes travaillant dans la communication, la parole, la traduction, la recherche des liens entre, les messagers. Mercure, la planète des Gémeaux, le messager, nous apporte d’ailleurs le courrier tous les matins...
L’argent, parfois amassé dans l’énergie taureau, devient pour le gémeaux un outil d’échange et de communication, en circulation et mouvement incessant (commerces, transactions, deals divers et variés...).

 

Le danger de l’énergie gémeaux, alors que cette phase de castration orale fait sortir d’un rapport au monde physique et sensoriel type « taureau », est de rester littéralement coupé, divisé, schizoïde. Embrouillé dans un univers mental incohérent, ses bras et ses mains brassent de l’air, et retombent pantelants. Le mental doit arriver à commander une mise en pratique, un faire (avec les mains), pour pouvoir recréer un lien descendant entre le mental et le concret. Lorsque ce lien existe, une grande débrouillardise se met à l’oeuvre, ingéniosité, rapidité, aisance et efficacité… plaisir à montrer, à diffuser, faire circuler.
C’est dans l’univers du sagittaire, en face, que cette hyperactivité parfois inquiète pourra re-trouver une sérénité : là, les différentes expériences de la vie peuvent se réunifier en une vision globale, signifiante, à la fois horizontale (socialisation, participation) et verticale (spiritualité, état de prière et d’union retrouvée, dans un sens de progression et non de régression).

Concrètement, cette lunaison de mai 2005, en activant le passage nouvelle lune en taureau / pleine lune en gémeaux peut travailler en nous certains contenus liés aux enjeux de cette castration orale. Les éclipses d’avril ont peut-être permis de voir, et de provoquer un détachement salvateur, une libération (plus ou moins joyeuse ou éprouvante suivant les vécus de chacun), qui donne accès à une plus grande socialisation, à de nouveaux échanges, à un espace relationnel plus léger et joyeux.
Les pertes, les prix à payer, les renoncements peuvent alors être faits dans la jubilation d’accéder à une nouvelle ouverture au monde, à la fois signifiante et gratifiante.

L’on parle souvent d’initiation et de rite de passage pour évoluer dans le monde spirituel et se préparer au passage « de l’autre côté ». Les différentes castrations font peut-être partie des rites de passage qui permettent de passer de l’autre côté à ici bas, initiations offrant l’accès à une vie sur terre épanouie.

Vénus, également en gémeaux, fait durant cette lunaison un beau trigone d’air avec neptune en verseau et jupiter en balance. La communication s’élargit alors en réseaux, partenariats, rencontres, collaborations, échanges d’informations. Cette énergie d’ouvertures peut être très agréable, en profiter pour prendre l’air...

 

un centre, une direction
La lettre n°02 (p 2, 3) parlait du passage de Mercure, le messager, sur Pluton (le secret) en sagittaire (le sens) et de la rétrogradation que mercure faisait alors en ce signe (décembre 04).
À la nouvelle lune, Mercure est conjoint au Noeud Nord en Bélier, trigone à Pluton. Traduction : mercure apporte au Noeud Nord en Bélier (devenir une personne différenciée, autonome, entreprenante...) le fruit de certains questionnements passés concernant peut-être une direction à prendre : certaines informations sont désormais utilisables personnellement, dans les projets actuels et futurs. Un mouvement se met en marche. Possible sensation de sortir d’une certaine paralysie ou confusion intellectuelle, à partir d’éléments disparates qui commencent à s’organiser et à construire une ligne d’action.

ressens avec le monde, agis en ton lieu
Mars en poisson continue de travailler le lien global entre individus. Chaque « Moi » influe et est traversé par le grand tout du monde.
Le 16 mai (Lundi de Pentecôte ! ex-férié en France) mars est conjoint à uranus : il y a de la rébellion dans l’air !!!!

Enfin, la Lune Noire entre en Lion et y restera jusqu’en janvier 2006. Bientôt secondée par l’entrée de Saturne en lion (juillet 2005), cela amorce un changement de « météo » collective. Laurence Larzul (Comprendre la lune noire, édition De Vecchi) à propos de la lune noire en lion : « Le noeud problématique de l’individu se concentre autour de son sentiment d’exister et sa volonté d’exprimer son existence. (...) C’est par son pouvoir créateur que l’individu trouvera une résolution. »

Bonne lunaison :-))
Sandrine Delrieu

 

les degrés Sabian, par Dane Rudhyar.
Tiré des « Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque ». Ed Librairie de Médicis. 1985.
Les degrés Sabian sont des images et symboles associés à chaque degré du zodiaque. Ils ont été développés, notamment, par Dane Rudhyar, pour qui chaque degré évoque une étape de l’expérience humaine. En tant qu’astrologues, nous les consultons pour enrichir notre compréhension et intuition des subtilités de la roue du zodiaque.

thème astral de la nouvelle lune : 08 mai 05, en taureau, 17°52, 08:47 TU
 

SOLEIL et LUNE en Taureau, 18°

L’image : Une femme secoue un vieux sac par la fenêtre de sa chambre.
Dominante : La purification de la conscience égotique.

«À cette étape de la présente suite, on devrait se souvenir des deux précédentes. Les enseignements traditionnels concernant la nature de l’homme se réconcilient de façon ou d’autre avec l’enthousiasme juvénile qui voit en chaque problème de croissance une question entre le « bien » et le « mal ». Le symbole suggère que le véritable ennemi gît au sein de l’esprit : l’ego et son attachement aux biens de ce monde. Le mental est comparé au « sac », vide désormais, qui a besoin d’être aéré au grand jour. Mais il faut d’abord, ouvrir la « fenêtre » et vider le sac. »
« L’expression « nettoyer les portes de la perception » est connue de longue date. Plus encore, toutefois, c’est le récepteur de nos perceptions, le mental, qui doit être décrassé. Le mot clef est PURIFICATION. »


thème astral de la pleine lune : 23 mai 05, en gémeaux / sagittaire 02°47, 20:19 TU
 

SOLEIL en Gémeaux, 3°

L’image : Le jardin des tuileries à Paris.
Dominante : Donner une forme conventionnelle à des idéaux collectifs en conférant logique et ordre à des aspects de la nature nouvellement découverts.

« Les jardins des Tuileries et Versailles sont des exemples typiques de l’esprit classique et de son souci de l’ordre et de la symétrie. Le règne de Louis XIV succéda à la Renaissance, époque saisie par la fièvre de la découverte mais secouée aussi par des troubles internes. Une réaction devait se produire pour consolider les acquis de l’esprit occidental, phénomène qui habituellement conduit à un autre extrême : le conformisme, accompagné souvent d’une attitude intellectuelle figée dans un dualisme étriqué. »
« Ici la première et la seconde étape prennent forme en des concepts lumineux et limpides auxquels on a donné toutefois une forme conventionnelle. Le Père Noël descendu du ciel, sa hotte chargée de cadeaux, s’est changé en autocrate paternaliste, roi de « droit divin ». Le cercle de famille chaleureux célébrant la naissance du Libérateur, celui qui dissipe la nuit hivernale, est désormais la Cour du Roi avec son étiquette rigide. On trouve ici clarté mais égocentrisme aussi, ainsi que le culte du CONFORMISME. »

LUNE en Sagittaire, 3°

L’image : Une partie d’échec.
Dominante : Dépasser nos conflits par des rites de transcendance.

« pour la vie socioculturelle, la transmutation de notre agressivité naturelle dans le contexte général de notre existence joue un rôle essentiel. Sports et jeux, comme d’autres rites, n’ont pas d’objectif différent. Les six pièces principales des échecs (roi, reine, fou, cavalier, tour et pion) représentent les énergies complexes constituant la personne humaine. La lutte entre la lumière et les ténèbres (les forces Yang et Yin) consiste en un rituel aboutissant, dans la plupart des cas, à la mise en échec du roi (lego, le moi conscient). Dans un monde dualiste, cette joute entre des forces polarisées est omniprésente. Le jeu d’échec nous entraîne à une plus grande objectivité et exerce notre esprit de synthèse ; ainsi nous devenons moins velléitaires et superficiels. »
« Ce degré est un degré de conflit : à l’échelon, cependant, de la culture collective et de la symbolisation psychologique. Il communique à la conscience objective les réalités essentielles contenues dans les ÉCHANGES interpersonnels. »