les lettres de lunaison conscience de l'évolution
évolution de la conscience
revue à parution mensuelle
madrugada edition, association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
lettre de lunaison n° 14
par Sandrine Delrieu
nouvelle lune : 01 décembre 05, en sagittaire, 09°31, 15:02 TU
pleine lune : 15 décembre 05, en sagittaire / gémeaux 23°48, 16:17 TU
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dynamiques de cette lunaison

La nouvelle lune a lieu en sagittaire, troisième signe de feu. Lors de la pleine lune, le soleil sera toujours en sagittaire, et la lune en gémeaux, signe d’air.

« Demain, le soleil se lèvera à telle heure et se couchera à telle heure, les jours commencent à rallonger, à diminuer... » nous dit la personne de la météo.
Le rythme d’une année est bercée par deux mouvements imbriqués : croissance et décroissance.
Croissance du jour et décroissance de la nuit.
Décroissance du jour et croissance de la nuit.

Sous nos latitudes, depuis le jour de l’été, 21 juin, la nuit grignote lentement le jour... jusqu’au 21 décembre, où la nuit sera à son maximum, et où le processus s’inversera : le jour recommencera à augmenter lorsque nous entrons dans le signe du Capricorne. Ces rythmes naturels sont à rapprocher du Yin et du Yang, de l’acupuncture et de la philosophie du Yi-King. Certains économistes commencent d’ailleurs aujourd’hui à voir l’impasse d’une pensée de la « toute croissance », et à penser un principe de décroissance. À suivre...

 

Pour ce qui est de la psychologie humaine, « le jour concerne ce qui relève du visible, du connu, de conscient, par extension le « moi » et ce qui est d’ordre individuel ; alors que la nuit représente ce qui relève de l’invisible, de l’inconnu, de l’inconscient, par extension le « non-moi » et ce qui est d’ordre collectif : les autres, la société... Voilà pourquoi l’ouverture au monde que favorise le jour printanier dominant et croissant est en rapport avec les pulsions individuelles basiques et est qualifiée de « naturelle », alors que celle de la nuit dominante et croissante de l’automne est plus en rapport avec la vie sociale et est dite « associative ». (Françoise Hardy. Les rythmes du zodiaques. Ed Pocket. p13)

Sous nos latitudes (hémisphère Nord), l’automne est la période où la nuit (Yin, le non-moi, l’extérieur, le collectif, le social, le politique...) commence à devenir dominante, envahit le scorpion et arrive à son maximum à la fin du signe du Sagittaire, 22 ou 23 décembre. En France, nous vivons souvent à cette époque une période de grève, de revendications sociales, de mouvements collectifs.

 

 

 



Lorsque la nuit (le non-moi, le collectif) domine le jour (le moi, l’individuel), l’individu se sent exister à travers un contexte global, qu’il soit politique, social, économique, spirituel... Pour changer, améliorer, transformer sa vie personnelle, l’individu doit d’abord comprendre, puis travailler à changer, améliorer, transformer la vie collective.

ma vie dépend de la vie.
mon personnel dépend de notre impersonnel.
le « je » dépend du « nous ».


Dans l’énergie des signes nocturnes, la boussole intérieure de l’individu va « instinctivement » se relier à un contexte global pour situer ce qu’il se passe, puis se (re)situer à l’intérieur de ces données, qu’elle aura pu, ou non, organiser en un système cohérent (Sagittaire). Cela peut passer par l’intuition et la revendication de réformes et de mutations (énergie scorpion détruire/reconstruire, conscience des dualités et des rapports de force) que l’énergie Sagittaire devra tenter de rendre sociales, et civilisantes « pour tous ».
Ces champs d’investigations peuvent être multiples, sociaux, relationnels, politiques, religieux... ils vont bien sûr être teintés par le(s) milieu(x), la (les) culture(s) familiale(s), les éducations et enseignements, les expériences... avec une tendance à s’élargir de plus en plus jusqu’à l’infini du Sagittaire, signe de la plus grande nuit, des vastes espaces du « non-moi ».

Deux notions y seront alors importantes : les connaissances (souvent de sources multiples, pour essayer de situer ce qu’il se passe, et faire des liens) et la sensation de cohérence (qui va permettre de produire du sens et d’inclure le maximum de choses ou de monde).
Arrivés dans l’énergie du signe du Sagittaire, le fait que la vie, de manière générique et globale, ait un sens permettra de donner du sens à la vie personnelle.
Dans les signes nocturnes, dans cette nuit symbolique du « moi », la perception d’une identité personnelle, autonome et indépendante, peut y être très fragile. L’individualité y est « naturellement » colonisée par une multitude d’éléments extérieurs, de données collectives et de forces invisibles. Lorsque les signes nocturnes sont dominants dans le thème de naissance d’une personne, « faire sa vie », dire, situer et inscrire le « je », peut parfois ressembler à une immense épreuve, quand le processus de dépersonnalisation règne et que la boussole intérieure fait girouette.

Il faut alors parfois du temps, le temps de multiples expériences, d’études, de connaissance de soi pour arriver à s’extraire des multiples pressions ressenties. Quand il y a cette tendance innée à passer par le monde et les systèmes du monde (politique, social, religieux...), par les théories, les discours, un désir de compréhension globale du monde visible et invisible... pour arriver à soi... cela peut être long.... Il n’est pas rare que les personnes sagittaire et capricorne, (ou que les personnes ayant plusieurs planètes natales dans ces signes), commencent réellement à exprimer une vie plus libre, plus spontanée, plus légère à porter... après 35, 40 ans...

 

entrer dans la nuit d’automne 2005
Dans la succession des lunaisons qui se réalisent depuis cet été 2005 (accompagnées de l’entrée de Saturne en Lion), nous sommes passés d’un ensoleillement maximum, avec les désirs, expressions spontanées, rencontres... que cela pouvait susciter, à l’entrée dans l’automne et la nuit. Au fur et à mesure de la nuit envahissante, les volontés d’expression et de réalisations (Saturne en Lion), l’enjeu des rencontres (Jupiter en Balance) ont pu alors commencer à révéler certains obstacles, freins, insatisfactions ou facettes imprévues. Comme s’il fallait petit à petit tenir compte d’une dimension sociale plus vaste, moins personnelle et spontanée, qui apporte un lot de réalités et/ou de contraintes plus ou moins faciles à intégrer dans le processus de renouvellements et de choix individuels qui est en cours.

Par exemple, une rencontre amoureuse, vécue tout d’abord dans la magie à deux et l’insouciance, va rencontrer le milieu des familles, des professions, des rythmes de vie, des nécessités ou habitudes de chacun, des questions inattendues, et différentes contingences extérieures qui peuvent révéler harmonies et difficultés. Un projet, une idée, une nouvelle dynamique pourra suivre le même type de processus : l’ensemble des données à intégrer s’élargit, et des adaptations, remises en question... peuvent être nécessaires.
Il peut y avoir le risque de perdre la légèreté et la spontanéité que l’ensoleillement de départ inaugurait, ou de se sentir un peu démoralisé par un élan qui retombe, ou qui devient plus « lourd » à vivre. Mais cela permet aussi d’approfondir les domaines ciblés en leur donnant une dimension personnelle plus mature : qu’est ce que je cherche dans la relation amoureuse, est-ce que ce projet me tient vraiment à coeur, qu’est ce que je partage, qu’est ce que je force, dois-je insister, transformer, renoncer, pourquoi, etc.

 

pourquoi ? parce que...
Avec la nuit dominante, le dessous des cartes se manifeste par des sensations et des émotions intérieures, et/ou via le monde extérieur par des événements imprévus qu’il s’agira parfois de traduire.

Dans la lettre n°10 (p5), nous parlions du grand rectangle mystique et d’une ambiance de « réalignement vertical » qui semblait se réaliser durant la trilogie des lunaisons d’août, septembre, octobre (voir LDL11 p2 également). L’on peut avoir senti une « poussée d’être » en soi, et dans sa vie. Cette poussée (avec les opportunités ou les sensations d’ouvertures qu’elle déployait) peut s’être heurtée à quelques obstacles.
L’on peut ainsi avoir l’impression d’avoir fait un grand pas durant quelques mois, puis d’avoir reculé de deux dernièrement. Si quelque chose veut se dire, si ça émerge : constats.


Le mois du Scorpion (22 octobre - 22 novembre) est parfois désagréable à vivre, et peut laisser une impression de malaise, de noirceur, d’ombre, de choses qui collent à la peau et à l’âme. Le soleil y éclaire ce que l’on ne voit pas (ou que l’on ne veut pas voir). Signe des profondeurs, il met en contact avec des zones émotionnelles parfois très anciennes, des événements douloureux qui ont pu entamer notre potentiel d’épanouissement et notre joie de vivre, ou abîmer le relationnel.
Le problème avec l’inconscient, c’est qu’il est branché dans nos réalités. Il ne ment pas. Ce dont nous croyons avoir conscience, ce que nous croyons être la réalité, de notre passé, de nos parents, de nos relations, de notre enfance... peut être une vision complètement fausse, déformée, partielle ou illusoire.

L’énergie scorpion nous oblige alors, de gré ou de force, à nous approcher de la vérité nue, et il ne s’occupe pas de savoir si elle est agréable ou pas, sa fonction n’est pas d’enjoliver, d’arrondir les angles, mais de révéler ce qui est.
La vérité libère, point.

Aux questions « pourquoi ? » il répondra crûment « parce que », et il nous demandera d’être suffisamment puissant et centré pour encaisser les réponses.
* Pourquoi j’ai des problèmes avec des hommes de l’âge de mon père, par exemple des patrons, qui ne me disent pas la vérité ? Parce que ton propre père n’est pas ton vrai père. Tu le sais maintenant. Tu veux le cacher à tes propres enfants pour garder un semblant d’harmonie familiale ? Ils subiront les conséquences d’une vérité cachée. Tu veux dire la vérité à tout le monde ? Apprend à traverser les tempêtes....

* Tu as rencontré un homme, tu croyais au grand amour, dès que tu as accouché, il s’est désintéressé de toi et a fini par partir ? Ce n’était pas de l’amour, c’était la pulsion de reproduction de l’espèce. Une fois que la nature a eu ce qu’elle voulait (perpétuer l’espèce), ce moteur inconscient s’est arrêté : il créait l’illusion de l’amour à travers l’attirance. Tu ne savais pas que nous étions animés par des pulsions de reproduction de l’espèce ? Et bien apprends à connaître. Et pose toi la question, c’est quoi, l’amour ? Observe aussi la relation des animaux avec leurs progénitures, observe la relation des humains avec leurs progénitures. As-tu une relation animale avec tes enfants (nourrir, protéger, subvenir aux besoins... jusqu’à l’autonomie de celui-ci, qui perpétuera l’espèce) ou une relation humaine ? Qu’est ce qu’une relation humaine ? Avec un autre adulte, avec un enfant ?


L’énergie scorpion nous met en contact sensible (signe d’eau) avec tous les étages : des pulsions animales à la vie mystique, en passant par toutes les facettes possibles, et parfois tortueuses, de la vie et des relations. Quel que soit l’étage et le type de vécus concernés, il nous demande de comprendre les causes de ce qui nous arrive : il nous demande d’entrer dans le secret des causes.
Les réalités que nous montre du doigt le scorpion, demande souvent d’avoir un grand courage, et de fortes ressources personnelles. Une fois que la vérité de la réalité est passée de l’ombre à la lumière, elle soulage toujours d’un fardeau - ne serait-ce que celui de se demander « pourquoi ce qui m’arrive, m’arrive » sans jamais avoir de réponses - libération qui permettra de s’élever.
Les deuils du passé, quels qu’ils soient, peuvent alors être traversés.
Et le courage de cette énergie peut s’investir dans des réalisations humaines d’envergure, en connaissance de causes...

La rétrogradation de Mars en Taureau (2 octobre 05 - 11 décembre 05), signe opposé au Scorpion, continue encore de mettre en activité une dynamique visible (taureau) / invisible (scorpion) intéressante : un pont d’informations circule entre causes invisibles (soleil scorpion) et conséquences visibles (mars taureau).
Il est donc possible que, chacun dans son histoire, cette rétrogradation permette justement d’avoir accès à des « parce que », à des informations qui nous expliquent concrètement l’origine de certains événements de nos vies.
Un des objectifs de la rétrogradation de Mars en Taureau est sans doute, à terme, de nous aider à investir la réalité concrète, avec des connaissances plus solides, un potentiel d’agirs plus puissants, et un enracinement personnel plus sain et serein.

 

rappels
De fin octobre à mi novembre, Soleil et Mercure en scorpion étaient opposés à Mars rétrograde en taureau. Banlieues : Mars, planète d’agressivités destructrices lorsque son énergie ne peut pas être personnellement investie et agie dans le monde - extrêmement nocif quand il est refoulé et réduit à l’impuissance - ce Mars (affirmation de soi), a exprimé dans le visible (taureau - matière) un malaise profond (scorpion - dans sa facette destruction). Les conséquences furent visibles, les causes (le secret des causes...) y sont sans doute complexes et ramifiées à la fois au niveau collectif, social, politique, historique, idéologique... et aux niveaux des histoires personnelles.

Individuellement et indépendamment des banlieues, cette période d’opposition soleil en scorpion / mars en taureau a pu mettre en évidence des situations de conflits, de brutalités... plus ou moins graves et dommageables suivant l’histoire relationnelle personnelle. L’on a pu voir passer certaines situations tendues sans y être impliqué personnellement, avoir senti parfois roder une énergie bizarre... avoir eu des montées de sang, ou encore subir l’agressivité d’une autre personne. En ce dernier cas, l’énergie scorpion, a pu également nous demander si nous savons nous défendre sainement, éloigner les dangers, voire les flairer (scorpion) suffisamment à l’avance pour pouvoir les esquiver. Et sinon, pourquoi nous sommes paralysés dans ce qui peut constituer un réflexe vital sain : sauver sa peau, ou son intégrité.
Là encore, chercher le secret des causes de l’impuissance, de la violence ou du mal qu’on laisse faire à notre encontre (jeudi 29 novembre au soir sur Arte, un reportage sur des femmes battues. Témoignages émouvants de femmes, parfois littéralement enchaînées à un bourreau).

 

passage du scorpion-eau au sagittaire-feu...
Le dessin du signe du scorpion plonge trois fois vers le bas, comme la lettre « m ». Le chiffre 3 revient souvent dans les processus de mort et renaissance, Jésus qui réapparaît le 3ème jour, les 3 jours pendant lesquels nous veillons les morts pendant que l’âme quitte le corps physique, etc. Cela peut faire également penser aux 3 niveaux, « corps, âme, esprit » ou encore « physique, émotionnel, mental » au sein desquels une information, un événement va être vécue, « traitée » et transformée.
À la fin du « m », un retournement apparaît, avec un élan d’élévation vers le haut (« et il monta au Ciel »). Cet élan, cette remontée se poursuit ensuite dans la flèche du Sagittaire.

         

L’ensemble semble constituer une suite logique : descendre (3 fois) et remonter, comme il se doit, dans tout processus de conscience. Descendre dans le passé et remonter vers l’avenir, descendre dans les zones d’ombre et remonter vers la lumière, descendre dans la nuit noire de l’âme et remonter dans le soleil mystique, reculer pour mieux sauter...

Si la lunaison de novembre en Scorpion (voir LDL13) a été quelque peu difficile émotionnellement, si elle a pu avoir cette mission de nous faire voir une réalité, il y a toujours un objectif de libération d’énergies vers...
La lunaison de novembre a pu également, de manière très positive, nous permettre de plonger dans des ressources énergétiques puissantes et concentrer cette énergie prête à jaillir... et à suivre désormais la flèche du sagittaire...

 

une lunaison de repérages dans le paysage...
Cette lunaison de décembre 05 en sagittaire, signe de la plus grande nuit (Yin) peut inviter à prendre un peu de recul. Si nous avons un tant soit peu appris quelque chose du « secret de nos causes », senti de nouveaux reliefs dans notre compréhension, cela produit un éclairage et quelques ondes de transformations. (S’)Observer de l’extérieur : il s’agit, avec les contenus, les prises de conscience et les événements de ces derniers mois, de pouvoir resituer le contexte global (affectif, amical, professionnel... les désirs, les opportunités, les frustrations...) dans lequel nous évoluons. Quel est notre paysage ? Comment je circule dans ce paysage ? Y-a-t-il des montagnes, des îles, des chemins, des aires de repos, des rivières ? Est-il aride ou inhospitalier ?

Un des objectifs de la phase sagittaire, à travers une quête du sens de la vie, est de pouvoir créer des ponts, des liens, entre des domaines de vie ou de connaissance apparemment différents et étrangers l’un à l’autre. Il explorera ainsi les civilisations, les religions, les philosophies, les perspectives et points de vue... en voyant d’abord, et souvent passionnément (signe de feu), ce qui relie, ce qui rassemble et ressemble. Avant de voir une différence de couleurs de peau, il verra que nous avons tous deux jambes, une tête, que nous sommes de la même évolution, sur la même terre, etc. Et que la vie est une vaste aventure dans le multiple. Multiples reliés à une cause commune.


Ayant, au mieux, reçu quelques fruits de la phase Scorpion (accès au secret des causes, levée d’un coin du voile), c’est par une connaissance intuitive des mouvements qui agissent depuis l’invisible qu’il pourra également jeter ces ponts. Et les rendre visibles sous le soleil (signe de feu) : de là sans doute sa mission oratoire, d’enseignant, de pédagogue, de conférencier... de prêtre, de prophète, d’imam... de conteur ou guide de haute montagne...

Dans cette jetée de ponts, une dominante sagittaire en grande forme permettra de trouver un lien entre un poème de Baudelaire et la biologie moléculaire... Les grands écarts le stabilisent... en tissant (pour lui du moins !) une cohérence signifiante entre différents mondes. L’énergie Sagittaire n’aime ni les frontières, physique ou intellectuelles, ni les barrières, ni tout ce qui pourrait entraver sa pulsion d’exploration tout azimuts. Cheval sauvage, il réclame souvent de l’espace et une liberté de mouvement à travers les lointains - tout comme le signe opposé, Gémeaux, le réclame dans les relations de proches en proches, et dans son besoin vital de circuler à droite à gauche au gré de sa curiosité. Deux signes qui ont besoin de respirer librement, de multiplier contacts et liens, dans le visible (physiquement), dans l’invisible (imaginaire, intellect, spirituel) et entre les deux.
Ils acceptent (parfois difficilement) de poser leurs valises... à partir du moment où la porte reste ouverte ! Les personnes marquées par l’énergie Sagittaire qui ont l’air calmes et stables voyagent souvent dans leur imaginaire... où ils vivent d’autres vies leur permettant d’échapper aux contingences quotidiennes. Être ailleurs, échapper, s’échapper... Ils planent parfois dans les sphères philosophiques ou spirituelles (aller toujours plus loin, plus haut... comme le désigne le dessin du sagittaire : la flèche pointée vers le ciel).

Quelle que soit la mission que l’énergie sagittaire investit, elle prend sa respiration dans une causalité globale, toujours en expansion, et chemine de directions en directions. Le guide de haute montagne doit connaître toute la montagne, même s’il ne peut marcher et guider que sur un seul chemin à la fois. Il aura arpenté déjà lui-même, souvent seul, avec sa canne et sa lanterne (9ème signe, IX° carte du tarot de Marseille, l’Hermite) pour repérer les chemins, les failles, les dangers, les sources... et en faire le récit.


Au pire, si les phases de recherches et de questionnements personnels (liées à la phase Scorpion) sont trop rapides ou trop étriquées, l’énergie Sagittaire pourra vouloir quand même guider, puisque c’est son rôle, mais avec un registre assez limitée... Parce qu’il y a « colonisation spontanée » par des données collectives et globalisantes, l’individu peut alors s’identifier à une croyance ou un système (politique, religieux... de nombreux ismes...). Ce qui aura tendance, au lieu d’ouvrir l’espace du voyage, de multiplier les points de vue et les possibles, à réduire l’idéal à une opinion déjà cuite, à prendre le relatif (ce à quoi je crois et m’identifie) pour l’absolu (ce que vous devez croire), et ainsi, à construire ou à renforcer des cages, avec force de conviction !!
Le fanatisme religieux trempe souvent dans une énergie Sagittaire mal vécue. De sa vocation religieuse, de sa mission de relier, de « religere », donc de jeter des ponts et des passages dans Un espace unifié, cohérent, incluant, souple et ouvert... le fanatique, quelle que soit sa religion, même de la religion matérialiste, nie les ponts qui dérangerait le confort intellectuel de la vérité/croyance dans lequel il se construit. « Ne pas déranger »... je sais tout pour vous et je règne... tel Zeus, Dieu des Dieux de l’Olympe. Mais un Zeus à oeillères.
Un petit plongeon en arrière, « m » 1, 2, 3 scorpion... et hop flèche... est régulièrement nécessaire pour (se) relativiser, se « déranger », et parfois finir par se taire devant tous les mystères !!!

 

Alors ces éclairages en lunaison en scorpion ?
Ces paysages de lunaison en sagittaire ?
Espace fermé ou ouvert ?
Prêt à l’aventure ?
Prêt pour de nouveaux défis ?
Comment participer au monde sans se sentir enchaîné ?
Sans s’enchaîner soi-même ?
Comment tisser et approfondir des liens (affectifs, professionnels...), s’engager dans des projets à long terme, sans perdre sa liberté ?
Comment concilier conviction et souplesse ?

 

Question importante dans l’axe Sagittaire / Gémeaux où se réalise cette Pleine Lune du 15 décembre : qu’est ce que, pour moi, la liberté ?

D’où l’intérêt de cette petite phase de recul panoramique, pour observer le paysage collectif qui compose actuellement notre vie personnelle, et quelles propositions nouvelles, et personnelles, nous pourrions lui injecter.
Mercure, le messager est en train d’effectuer une rétrogradation, à cheval entre le sagittaire et le scorpion, qui pourra aider à effectuer ce recul. Un aller retour propice au recadrage de certaines situations, ou continuant d’éclairer des questionnements en cours. (Rétrograde le 15/11 à 11° du sagittaire - revient vers le scorpion - direct le 5/12 à 25° scorpion - repart vers le sagittaire).
Mercure effectuait également une rétrogradation en sagittaire au mois de décembre 2004 (voir LDL02 p 2,3). Il est possible qu’il y ait retour d’une problématique, reprise d’un courant porteur, ou fin d’un cycle ayant un rapport avec cette période là.


Cette lunaison peut permettre d’imaginer où et comment le jardinier que nous sommes pourrait à la fois approfondir sa connaissance du paysage (extérieur et intérieur), et envisager son évolution. La phase de plus grande nuit ouvrant l’individu au collectif, il s’agit aussi de resituer l’itinéraire personnel dans l’itinéraire collectif.
Par exemple, après la « crise » des banlieues, certains collectifs, issus de la société civile, commencent à s’organiser. Dans Le Monde du 22.11.05 :
Banlieues : élections municipales de 2008. Des militants associatifs veulent créer une force politique. « C‘est peut-être la première suite politique des émeutes dans les banlieues. A Lyon, le collectif Banlieue 69 vient de se créer, avec un objectif affiché : constituer une force politique capable de présenter des listes aux prochaines élections municipales dans les banlieues françaises. Une première réunion a rassemblé, vendredi 18 et samedi 19 novembre, dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux, et à Vaulx-en-Velin, les représentants d’associations créées pour la plupart dans les années 1990 et qui sont présentes dans les quartiers. »
« Suite politique des émeutes » : suite sagittaire (donner du sens et une direction : un pro-jet collectif) à la phase scorpion (révolte et volonté de réformes, entrée dans les rapports de forces).

La présence de Jupiter en Scorpion (voir LDL07 p7) alimentera sans doute une énergie réformatrice puissante dans les mois à venir, qui cherchera à transformer le paysage collectif, son organisation, ses systèmes, ses vieilles habitudes et ses lois.

 

retournements en cours de lunaison
Lors de la nouvelle lune, Soleil et Lune en Sagittaire sont en trigone à Saturne en Lion et au Noeud Nord en Bélier. Trigone de Feu, qui peut avoir un effet de revitalisation, et nous permettre non seulement de prendre du recul, mais également de la hauteur pour englober, tel un aigle royal, les situations que nous allons ensuite choisir d’investir. Hauteur qui peut permettre également de se dissocier désormais de certaines émotions liées aux eaux profondes du scorpion, après les avoir traversées, acceptées et comprises (m 1, 2, 3 soleil...).

Durant les 15 jours séparant la nouvelle lune (1/12) de la pleine lune (15/12), la planète Mars va « stagner » au 9° degré Taureau. (Elle va même y rester jusqu’au 21 décembre, c’est à dire pendant 3 semaines). Imaginez : vous commencez une marche arrière en voiture, le paysage défile à reculons, un peu comme si vous rouliez dans le passé. Vous retrouvez alors des situations, des points de vue ou des gens que vous aviez oubliés. Il y a peut-être des choses à régler, des comptes à faire (mars en taureau, les biens, l’argent). Puis arrive l’endroit où vous allez faire demi-tour. Le temps du demi tour dure 3 semaines, le lieu du demi-tour est un point fixe.


Dans le lettre n°11 (p5), nous parlions des deux points extrêmes de cette rétrogradation. Le lieu, 24° degré Sabian, où la marche arrière commençait le 2 octobre 05 parlait de « l’agressivité dont font preuve les instincts de l’homme quand ils cherchent à conquérir leur espace vital », « Degré de violence pour survivre ».
Le 9° degré où finit cette rétrogradation et où se prépare le demi tour, le retournement, parle de « la faculté de créer le bonheur à l’intérieur de soi pendant les heures sombres », « Image de foi immortelle en un renouveau cyclique ».

Les quelques jours entourant la Pleine Lune du 15/12/05, le Soleil passera sur la planète Pluton. Sur cet axe sagittaire / gémeaux de communication, de mouvements des corps (déplacements) et de l’information (nouvelles), de ponts entre les mots et les choses, entre les êtres, entre les lieux... cela peut susciter une révélation, la conscience de quelque chose que l’on ne savait pas (Pluton et l’invisible), la (ré)apparition d’une personne... l’ensemble procurant la possibilité de mieux comprendre (sagittaire) et de mieux communiquer (gémeaux),
Cela peut perturber durant quelques jours, secouant la conscience, l’identité, la volonté... à resituer cependant dans la perspective de ce « renouveau cyclique ».

Lors de cette Pleine Lune, le degré du Soleil raconte que « s’intégrer à son milieu social et rester fidèle à soi-même mérite bien une récompense », avec un oiseau bleu symbole de bonheur, et une « allusion à ce que la chance va nous sourire ». Le degré de la Lune parle de « victoire sur l’entropie ».
Entropie : « 1877, du gr. entropia « retour en arrière ». Phys. En thermodynamique, fonction définissant l’état de désordre d’un système, croissante lorsque celui-ci évolue vers un autre état de désordre accru. » (Petit Robert).


L’idée de victoire sur un « retour en arrière » est plutôt engageante alors que Mars finit justement son retour en arrière et qu’un demi tour se prépare :-))
Ma foi :-)) si nous « méritons une récompense » après le travail de ces derniers mois, que la Providence agisse !!! Même s’il peut être désagréable à certains de se demander « qui » juge si nous méritons ou pas une récompense, qu’est ce que veut dire « mériter », en vertu de quoi, etc... l’on peut tout simplement espérer que nos efforts de compréhension, d’amélioration, que nos désirs de vie trouveront là une période d’événements et de rencontres qui leur fassent écho.
Lors de la pleine lune, Vénus entrera dans le signe du Verseau, signe d’air permettant sans doute de nouvelles rencontres, insistant sur les liens amicaux, et sur les longueurs d’ondes communes et fraternelles.

À la fin de cette lunaison, à partir du 22 décembre 05, avec l’entrée dans le signe du Capricorne, la nuit va commencer à diminuer et le jour à s’étirer...

« Le temps d’ensoleillement augmente. Le soleil se lèvera à telle heure et se couchera à telle heure. Nous gagnons 3 minutes de soleil... » nous dira bientôt la personne de la météo.

Bonne lunaison :-))
Sandrine Delrieu

les degrés Sabian, par Dane Rudhyar.
Tiré des « Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque ». Ed Librairie de Médicis. 1985.
Les degrés Sabian sont des images et symboles associés à chaque degré du zodiaque. Ils ont été développés, notamment, par Dane Rudhyar, pour qui chaque degré évoque une étape de l’expérience humaine. En tant qu’astrologues, nous les consultons pour enrichir notre compréhension et intuition des subtilités de la roue du zodiaque.

thème astral de la nouvelle lune : 01 décembre 05, en sagittaire, 09°31, 15:02 TU
 

SOLEIL et LUNE en Sagittaire, 10°

L’image : Au théâtre, une actrice aux cheveux d’or incarne une déesse de la chance.
Dominante : Les efforts que déploie la société pour mettre en valeur ce qu’elle offre à l’ambitieux.

« La civilisation, pour évoluer, exige que nous soyons prêts à consacrer notre énergie à de grands projets dont la réalisation, tout en satisfaisant notre ambition personnelle, contribuera diversement à ce que nous appelons « le progrès ». cette séquence de symboles renvoie principalement à notre tendance à fouler des chemins « humains, par trop humains ».
« Nous découvrons ici la « mise en scène » et la « propagande » par lesquels s’expriment les grands courants socioculturels. Il en résulte par trop souvent une CROISSANCE FORCÉE. »

thème astral de la pleine lune : 15 décembre 05, en sagittaire / gémeaux 23°48, 16:17 TU
 

SOLEIL en Sagittaire, 24°

L’image : Un oiseau bleu perché sur le portail d’une villa.
Dominante : S’intégrer à son milieu social et rester fidèle à soi-même mérite bien une récompense.
« L’oiseau bleu est un symbole bien connu de bonheur ; mais il désigne aussi une intelligence ouverte au monde de l’esprit auquel se rapporte la couleur bleue (notamment lorsqu’il est fait mention d’un « oiseau »). Une villa est en général intégrée à une collectivité ; ce qui laisse entendre que ses habitants vivent en harmonie avec leur communauté, ou à tout le moins avec leur environnement proche. »
« Ce quatrième degré suggère que la technique fondamentale pour réussir sa vie consiste à mettre la paix et la joie dans son cœur. Il fait allusion à ce que la CHANCE va nous sourire. »

LUNE en Gémeau, 24°

L’image : Des enfants patinent sur l’étang gelé d’un village.
Dominante : Mettre à profit l’adversité pour tremper son caractère et prendre du recul par rapport à son milieu.
« L’hiver est symbole de ténèbres. Il représente les restrictions que le froid impose à toute manifestation de la vie. La nature est dans un état d’hibernation, d’activité introvertie. Malgré tout, le germe de l’esprit est à même d’apprendre à mettre à profit les restrictions et la discipline que lui impose extérieurement le « froid » pour s’élever au-dessus de la « glace » et croître, agile et fort. Par l’homme, la nature se dégage des oscillations cycliques de ses polarités ; sur son chemin l’homme est souvent amené à fouler la via negativa. Il apprend à vivre librement selon un certain rythme (« patiner ») en utilisant les situations les plus contraignantes (la « glace ») pour prouver son aptitude suprême à jouir de la vie et à concentrer toute son énergie. »
« Cette quatrième étape nous présente une technique spécifique. Il s’agit d’une technique intellectuelle dans la mesure où l’homme doit à son intelligence de pouvoir dépasser l’entropie inhérente au décours universel de l’existence. Nous constatons bien ici sa VICTOIRE SUR L’ENTROPIE. »