les lettres de lunaison conscience de l'évolution
évolution de la conscience
revue à parution mensuelle
madrugada edition, association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
lettre de lunaison n° 20
par Sandrine Delrieu
nouvelle lune : 27 mai 06, en gémeaux, 05°48, 05:27 TU
pleine lune : 11 juin 06, en gémeaux / sagittaire, 20°41, 18:04 TU
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dynamiques de cette lunaison

La nouvelle lune a lieu en gémeaux, premier signe d’air. Lors de la pleine lune, le soleil sera toujours en gémeaux, et la lune en sagittaire, signe de feu.
Air et feu : le souffle et la flamme...

une lunaison de puissances à l’oeuvre...
La planète Mars entrera en Lion le 4 juin 06 et y restera jusqu’au 23 juillet 06. Mars est planète d’énergies, d’activités dans la matière de l’incarnation. Elle sollicite notre sang et nos muscles, notre « moi » et sa puissance d’action dans le monde, sa puissance masculine. Rejoignant Saturne le 18 juin à 9° du Lion (Pic de Yang), son passage peut marquer une étape importante au sujet des questions d’identité et d’expressions posées depuis l’entrée de Saturne en Lion en Juillet 2005, et depuis le début du cycle d’individuation et de différenciation entamé en Mars 2004 (voir LDL 18 et 19).


Il semble qu’à ce point de tension, dans l’énergie actuelle de ce pic d’énergie, deux vécus extrêmes soient possibles, un peu comme un embranchement où deux chemins se dessinent. Non pas droite ou gauche, mais bas ou haut, cave ou grenier, plus profond dans l’ombre et la nuit, dans l’enfermement, l’impuissance ou le pessimisme — ou plus clair dans le jour, le conscient, les constructions et les désirs, dans les horizons et les perspectives.

 

Cette lettre de lunaison va particulièrement piocher dans le livre de Liz Greene, « Saturne, un regard nouveau sur un vieux démon. Ed Dervy ». Toute sa lecture est passionnante, car l’énergie de Saturne est sans doute la planète par qui l’épreuve, l’échec, la frustration, la peur... peuvent devenir, grâce à une plongée volontaire dans notre propre psyché, source de connaissance de soi, de clarté et de maturité.

Source de mieux-être et de meilleure gouvernance de sa vie, grâce aux efforts individuels réalisés pour affronter l’ombre, la douleur, la culpabilité de vivre, les angoisses, les émotions douloureuses refoulées depuis l’enfance, les violences et tortures, les fatalités, les pertes inconsolables, toutes les sortes d’enfer que l’être humain peut ressentir, vivre, faire ressentir et faire vivre. Ces enfers conduisent parfois aux suicides, suicide physique, mais aussi suicides émotionnels, intellectuels, relationnels (je me coupe de).

 

 

 

ne plus être coupé... de quoi ? de qui ?
Le passage de Saturne en Cancer, de juin 2003 à juillet 2005 pouvait pointer les carences, les blessures, les fragilités de notre monde émotionnel et de nos enfances, nous invitant à reconnaître nos besoins et leurs origines, à prendre soin, à nourrir, à réorganiser les bases. Cela pouvait également amorcer une transformation de la relation avec celle qui nous mis au monde et en terre. Au mieux, dans ce qui fait familles, réparations émotionnelles, combinant indépendances, maturité affective, relations plus saines par clarification des rôles. Et pardons.

Saturne en Lion depuis Juillet 2005 pointe un lieu que nous avions nommé « l’Original », invitant au passage de l’Origine (Cancer) à l’Original (Lion), lieu de la flamme personnelle, unique, particulière, lieu du Coeur. (voir LDL9 p4).
C’est cette flamme individuelle, qui, depuis l’été 2005, est pointé par Saturne. Et son expression dans le monde. Le but de l’énergie Lion est de mettre chacun en contact avec son centre, son essence, et de trouver les formes qui puissent l’exprimer dans sa totalité.
La relation à Soi y est donc fondamentale.

 

Saturne en Lion : « Le terme « expression de soi » est probablement celui qui convient le mieux à sa fonction essentielle. Ce secteur est relié directement au Soleil, symbole de l’ego conscient, il se réfère finalement à tous ces domaines de l’existence où l’être parvient à exprimer son unicité et sa totalité. Ici, les sentiments d’un individu sont imprégnés de sa nature essentielle et il en va de même pour ses désirs, ses idées et ses activités. (...) Le Lion est directement relié au sentiment de la reconnaissance de soi par les autres et par soi-même. (...) Dans le Lion, la personne perçoit le reflet de son être total dans ses créations. Ce reflet peut réellement la conduire à l’expérience du « Je », idée unique et complète en elle-même. Mais une telle expérience ne peut être réalisé par l’intellect. Sinon, l’individu ne peut alors dépasser le stade des concepts qui sont autant de barrières à sa propre réalisation. À travers un acte créateur, l’individu peut intuitivement se percevoir devenant lui-même et il ne faut pas sous-estimer l’importance de ce genre d’expérience sur le plan psychologique. (...)
Le Lion est souvent décrit comme un être égoïste et centré sur lui-même. En fait, il est plus correct de dire qu’il cherche à contacter son centre intérieur, son propre soi. Par conséquent, tout ce qu’il fait ou entreprend prend à ses yeux une importance dramatique. Il ressent véritablement dans chaque situation la possibilité de vivre une expérience directe. (...) Chacun cherche, à travers un champ d’expérience bien particulier, à comprendre qui il est jusqu’à ce qu’il puisse s’exprimer sans entraves.» (Liz Greene. p107).

1/ Qui suis-je vraiment. La conscience de soi n’a rien d’inné ni d’automatique, étant, qui plus est, toujours en processus, vivante. Elle nécessite souvent une introspection, un travail où l’inconscient va fournir à la conscience la matière première de son épreuve et de son oeuvre (voir dessin). Les trésors rencontrés, ainsi re-connus (puisqu’ils étaient en nous, mais inconscients), libèrent une énergie nouvelle, disponible, investissable dans les présents. Dans cette quête de totalité, il n’est pas rare que de nouvelles ressources spirituelles viennent se combiner à une meilleure appréhension de son identité et des valeurs personnelles qui fondent les assises terrestres. Le but de cette première question est sans doute de ne plus être séparé d’une partie de soi-même et de ses ressources (esprit, âme et corps), et d’enrichir notre personnalité de facettes jusque là ignorées ou indisponibles. Alors débloquer, exprimer, explorer, et enrichir de nouveaux vécus les plans émotionnels, intellectuels et physiques.
2/ Comment ma volonté consciente va-t-elle traduire cette meilleure « connaissance de soi » : relation « dans le fond —> dans les formes ». Les fruits de cette rencontre avec l’inconscient peuvent affecter, transformer les choix et les désirs professionnel, amical, affectif, familial... changer, renouveler, inclure, explorer...
3/ Ce processus met en relation monde intérieur <---> monde extérieur : mutations à l’intérieur et actions à l’extérieur. Le monde extérieur et ses lois, ses codes, ses politiques, ses habitudes, ses organisations collectives, ses prédateurs, sa complexité, sa vieillesse, ses aberrations, sa beauté...

 

être —> vouloir —> pouvoir ?

 

être

vouloir

pouvoir

 

 

en haut, dans le conscient
la pointe du PIC DE SOI qui cherche à émerger et à se renforcer depuis mars 04

juin 2006 : PIC DE YANG et émergence maximum... au mieux, ce long processus donne :
meilleure connaissance de soi (notamment par intégration consciente de contenus qui étaient inconscients : les réponses à nos « pourquoi ce qui m’arrive, m’arrive ? » étaient sous le voile...),
- et donc meilleure connaissance des autres-

meilleure reconnaissance de ce que l’on est et de ce que l’on veut, ici et maintenant, dans cette étape actuelle de vie, dans ce qui constitue notre réalité, avec nos moyens, nos compétences et nos espoirs,
- et donc meilleure reconnaissance des autres -

meilleure renaissance
, dans un vouloir et un pouvoir enracinés dans le corps de l’être, à travers des moyens d’expressions plus fluides, clarifiés, directs... participant ainsi aux oeuvres humaines avec tout leur potentiel et leur originalité.

juin 2006 : une période où l’on peut encore clarifier, structurer, intégrer, écouter les profondeurs, prendre des décisions, oser mettre en avant « ce qui tient à coeur », etc


 

oui ou non : la cohésion de l’être
L’entrée de Mars en Lion le 4 juin 06 (jusqu’au 22 juillet 06) implique certainement ces trois niveaux, et le passage d’énergie de l’un à l’autre.
Le Soleil, planète maîtresse du Lion, évoque l’être, la volonté, l’idéal, le centre de la personne, son Unité. Les conflits intérieurs déstabilisent cette Unité et lui font perdre vitalité et puissance. Exemple : « Je travaille là mais je ne suis pas bien et je voudrais faire autre chose. », « Je suis avec cette personne mais je ne l’aime pas vraiment, ou mais je ne devrais pas... ». Oui, mais...
Tout décalage entre le corps (qui pose les actes, ici et maintenant), le mental (qui projette ailleurs dans l’espace ou le temps), ou les émotions (perturbations, malaises, réactivités...) produit une scission, des blocages, des noeuds... dans l’axe énergétique être -> vouloir (sentir, projeter...) -> pouvoir (faire, réaliser).

Juin et juillet 06, alors que Mars traversera l’énergie Lion, peut ainsi permettre de clarifier et de centraliser ces relations intérieures entre corps, émotions et mental, en leur donnant plus consciemment la même information et la même direction.
Trouver des issues pour canaliser l’énergie et lui donner un vecteur directeur unique, entier, englobant et exprimant différentes facettes de notre personnalité pourrait être un des travaux d’Hercule de ces deux mois.
Soit je fais une chose, soit je ne la fais pas. Soit je suis entièrement dans ce que je fais, soit je suis écartelé, en morceaux. L’enjeu de l’énergie Lion est de préserver et de construire une cohésion personnelle, qui sera également productrice de santé globale, de vitalité, voire d’auto-guérisons.

 

Lorsque nous observons le dessin sur la page précédente (inspiré du livre que je n’ai d’ailleurs pas lu Le livre des anges. Ed Univers/Cité), nous voyons bien que nous sommes agis : l’inconscient agit, nous sommes lui, il n’est pas ailleurs, nous n’en sommes pas coupés, il fait partie de notre totalité. Il a ses lois, et les connaître libère parfois de bien des drames.
Exemple : l’inconscient biologique et ses lois peut chercher à multiplier les partenaires d’une « femelle humaine » pour garantir une vivacité de l’espèce (enfants qui ne sont pas du mari officiel) - l’inconscient ethnique ou familial peut, au contraire, vouloir marier pour la vie deux personnes afin de garantir certains patrimoines - et le plan personnel chercher une rencontre amoureuse sans procréation qui permette de personnaliser ses affects et son expérience de l’amour (c’est ce plan qui autorisera l’avortement, alors qu’au moment de l’acte sexuel, c’est le projet du plan biologique qui agissait).
Autre exemple : nous aspirons dans le conscient à une certaine réalisation professionnelle, mais un interdit, une compétition ou un mauvais vécu pèse dans l’inconscient familial quant à cette même profession. Résultat nous voulons mais nous ne pouvons pas, la réalité s’organise pour poser des obstacles, faire rater un concours, un train, une opportunité... Nous rencontrerons peut-être un personnage autoritaire, froid, aux paroles dévalorisantes. Bien que nous préférerions que ce soit sa faute, que nous nous plaignons qu’il nous empêche de... cette figure est en réalité issu de l’expression de notre propre totalité (mécanisme des projections vers l’extérieur). Retrouver l’origine de ce blocage dans la géographie et les strates archéologiques de l’inconscient permettra alors, généralement, de transformer l’information et le scénario intérieur.

 

quand l’inconscient et le conscient
DISENT OUI ENSEMBLE
la porte du vouloir est la porte du pouvoir

 

Si une tension extrême existe entre ce que l’on voudrait (conscient) et ce que l’on fait réellement (inconscient qui agit) il s’agit alors d’aller fouiller dans le monde intérieur les raisons de cette distorsion, et de sortir de ces dualités.
Certes, ce n’est pas toujours facile, et il est bien des situations de vie qui peuvent amener des tiraillements, parfois tragiques, notamment si les questions vitales (se nourrir, se loger, être en relation) sont affectés. Qui plus est, il restera toujours des zones de l’inconscient auxquelles nous n’arrivons pas à avoir accès, il restera des mystères et des questions restent sans réponses, mais une grande majorité des problèmes de la vie courante, de nos investissements (créatifs, affectifs et professionnels) trouvent une cohérence de plus en plus satisfaisantes au fur et à mesure que le oui se synchronise de part et d’autre. Notre vouloir conscient, qui plus est, n’est pas figé et explore, selon les étapes de vie, des expressions différentes. Une chose très importante à une phase de vie deviendra secondaire, un autre désir émergera... Tout travail entrepris, quel que soit la technique, pour accéder à l’inconscient, à notre totalité, rend la conscience plus souple, malléable, vivante, ouverte, capable de s’adapter aux changements et de renouveler ses formes d’expression tout en ayant plus de puissance et de potentiels d’affirmations. Plus épanouie. Le Moi (le conscient), en ayant affronté et intégré la part obscure (l’inconscient), en restant en contact permanent avec les mutations et mouvements de l’un à l’autre, devient Soi.

 

la douleur d’exister sans être
La présence depuis Juillet 05 de Saturne dans le signe du Lion rend certainement plus urgente et incontournable cette quête de Soi, cette quête de cohérence, d’unité, de totalité, de plénitude. Ce transit durant jusqu’en septembre 2007, il nous laisse le temps d’oeuvrer.
L’effet de Saturne en Lion est double : aiguisant, voire obligeant, en chacun cette quête et le désir de ses fruits, il en révèle aussi, sans prendre de pincettes, toutes les difficultés, la douleur et le néant.

« Saturne en Lion tend à placer une barrière temporaire entre l’individu et sa propre réalisation. Cet obstacle est constitué en premier lieu par les aspects de l’ombre qui sont refoulés hors de la conscience. Le flux créateur est obstrué ou, s’il ne l’est pas, c’est l’expérience de la réalisation de soi qui est difficile.» (Liz Greene. p108).

Se réaliser oblige de se rencontrer. Se rencontrer oblige de se rapprocher de soi, d’y pénétrer, de rencontrer l’autre côté, cette ombre. Mais se rapprocher de soi, accepter de se voir (la totalité du dessin), peut également provoquer une immense frayeur, une sensation de vide, de néant, de monstruosités, de folies, de pulsions incontrôlables, de non-sens, de possessions, de terreurs, de tétanies... quand ce n’est pas une réaction d’orgueil (fini la toute puissance...). Avant d’être vécu comme un lieu de richesses, l’inconscient est souvent perçu comme menaçant, déstabilisateur et dangereux. Sa force est immense, ses contenus sont infinis... il nous réduit à l’impuissance et nous renvoie à notre ignorance. Un premier réflexe est bien souvent de s’en protéger, voire de le nier.
Si dans le dessin, nous situons Saturne à l’endroit du voile, ce voile empêche certes de voir, mais il est aussi une barrière de protection de ce « Moi » que la vie nous a plus ou moins permis d’élaborer, avec des béquilles, quelques névroses, quelques masques et plusieurs systèmes de compensation.
Lorsque nous avons refoulé certaines émotions violentes ou douloureuses, occulté certains événements, lorsqu’ils sont descendus dans les strates inconscientes, nous n’avions sans doute pas, à l’époque (et généralement dans la petite enfance et l’enfance) les moyens de les intégrer consciemment, de les transformer et de les dépasser. À l’époque, ce refoulement nous a peut-être protégé, mais il arrive un jour où la pression est telle, juste en dessous du voile, que s’en approcher provoque parfois de véritables terreurs, une réactivité permanente, des insomnies, une profonde dépression...

La coupure est dangereuse / la rencontre est dangereuse : quand aucune solution n’est trouvé, la lumière s’éteint : déchéance ou fin brutale. Exister ne rime plus à rien, être est devenu inaccessible.

 

Depuis l’entrée de Saturne en Lion, si l’on regarde par exemple l’évolution de la société (en tous les cas en France), l’on a le sentiment que certains décollent, allant de mieux en mieux, éveillant leur lumière intérieure, exprimant cette force à l’extérieur, réalisant, affirmant, construisant... tandis que de nombreuses autres personnes sombrent, s’enfoncent dans le désarroi, la peur, la dévitalisation ou la misère.

Une tension entre ces deux extrêmes peut également se faire sentir chez la même personne, comme si un déclic pouvait faire basculer d’un côté ou de l’autre.

Ce déclic pourrait justement être provoqué par le passage de Mars en Lion, et notamment lorsqu’il rejoindra Saturne le 18 juin 06.
La symbolique de Saturne est multiple, allant du Saturne de plomb (les peurs, les interdits, les frustrations, les conventions, les culpabilités, les lois injustes... cristallisés par les générations, transmises, renforcés par les structures collectives, les cultures, les qu’en dira-t-on, les autorités névrosés) au Saturne d’or (le philosophe, le vieux sage, la loi cosmique, l’ordre intérieur, la plénitude paisible et assurée).

Le passage de Mars sur Saturne en Lion pourrait évoquer plusieurs images :
L’une d’elle pourrait être celle d’une porte, une porte où l’on frappe, et où Saturne, le gardien du Seuil, nous ouvrirait... ou pas. C’est le novice qui regarde le sol avec humilité et s’adresse au maître, à « celui qui sait », au vieux sage (Saturne d’or), en espérant que ses efforts et ses peines soient reconnus, soient justes, afin d’accéder à une autre étape de son évolution. Moment de recueillement, de communion entre la vitalité personnelle et l’ordre cosmique, moment de reconnaissance : oui, tu peux, c’est maintenant. Saturne autorise (cette figure peut apparaître à travers une personne, souvent plus âgée, qui offre un soutien, un poste, un conseil pertinent...).

Une autre image est celle du vieux Saturne (le Saturne de plomb), coincé dans ses rhumatismes, ses convenances étriquées, ses craintes du changement, sa froideur, son autorité, ses dominations organisées par la peur qu’il inspire. Il est là, planté devant nous, en nous, brandissant ses « non » gravés dans la pierre. Mars déboule et joue aux quilles : le vieux monde se fissure, se désintègre, s’écroule, le vieux système vole en éclat...
Les victoires martiennes ne passent pas inaperçues. Réussir, c’est réussir à passer. Si la porte (de plomb) est un mur obsolète, injuste, mort dans l’âme, autant l’exploser (mars), et l’aider dans ce processus d’effritement qui était déjà le sien.
Dans la lettre de lunaison n°18, nous avions parlé d’une énergie de « coup d’état », qui ne manquera sans doute pas d’alimenter certaines actualités politiques, puisque Saturne en Lion est énergie du pouvoir, avec une tendance à la toute puissance et à la tyrannie. À observer...

 

À mi-chemin entre ces deux images extrêmes (soumission à un ordre cosmique qui enrichit et déploie notre personnalité - insoumission à un ordre fabriqué par l’humain qui sclérose et dévitalise l’expression de notre identité), de nombreuses situations de nos vies peuvent profiter de ce déclic pour avancer, évoluer, et débloquer des situations qui restaient « enkystées ».
Mars est une énergie de feu, Saturne une énergie de terre. Leur combinaison harmonieuse peut marier vitalité et structure, souffle et organisation. Des décisions importantes peuvent alors se prendre, pas simplement sur le plan intellectuel (vouloir) mais descendant dans le plan des actions (pouvoir), combinant prise de risques (mars) et lucidité (Saturne), courage (mars) et sagesse (Saturne), désir d’entreprendre (mars) et construction d’appuis, de repères, de colonnes vertébrales (Saturne).

 

Bien sûr, cette conjonction peut également faire empirer certaines situations fragiles (exister sans être). Grande fatigue, trou noir, sensations de prison, désespoir, frustration, impuissance totale (avec danger de violences, voire de cruautés). Là, on ne peut que conseiller de faire très attention à soi, et d’être attentif aux personnes autour de soi, d’aider à passer ce moment qui peut être difficile, et à ne pas errer dans les lieux sombres de la vie (la conjonction Mars / Saturne a lieu en carré de Jupiter en Scorpion, qui amplifie une part d’ombre et d’émotions troubles qui peuvent être très noires.)

« Les aspects entre Mars et Saturne n’ont pas très bonne réputation. Dans l’esprit des astrologues du moyen-âge comme dans celui de nombreux astrologues modernes, ils sont censés marquer les individus de cruauté et de sadisme. (...) La personne Mars-Saturne a souvent elle-même souffert cruellement par la main des autres. (...) Les aspects Mars Saturne sont plus difficiles pour les hommes. (...) Lorsque Saturne forme un aspect avec Mars, l’individu est amené à reconsidérer la confiance qu’il porte en ses qualités agressives d’amant, de conquérant et de leader, ainsi que l’acceptation de lui-même en tant qu’homme. (...)
Les effets les plus durs de ces aspects Mars-Saturne concernent un sentiment intérieur de frustration intense, de faiblesse et d’impuissance. L’individu ressent souvent la nécessité d’imposer par la force sa propre volonté aux autres car lui-même a terriblement peur d’être contrôlé. (...) Parfois, cela se traduit par une domination sur le plan émotionnel. Ainsi, les aspects entre Mars et Saturne peuvent se traduire par la pire des expressions de la virilité. À l’inverse, il n’est pas rare de voir l’individu adopter un comportement directement opposé, incapable alors de sortir de la passivité et de combattre pour ses propres droits. (...) Il porte au fond de lui un puissant sentiment de frustration, de colère ou d’injustice, qui finit par exploser sous forme d’une violence aussi soudaine qu’incompréhensible. (...) La frustration peut aussi se retourner contre lui et produire quelque maladie ou autre tendance auto-destructrice.
Comme pour tous les aspects saturniens, il est nécessaire de faire le lien avec l’enfance et avec les parents si l’on veut comprendre la sources des comportements de l’individu. Ainsi, l’un des parents, ou les deux, a pu briser l’expression de la volonté de l’enfant et parfois non sans une certaine brutalité de la part du père. (...) « Fais ce que je te dis ! ». L’autorité sera plus tard la cible de l’hostilité de la personne marquée par Mars-Saturne. L’impuissance et la restriction de l’espace de liberté sont le plus souvent ici les fruits d’une discipline de fer, de responsabilités dès l’enfance, d’une éducation religieuse rigide ou d’un contrôle subtil des émotions qui nourrit un sentiment profond de culpabilité. La curiosité précoce pour tout ce qui touche la sexualité a pu être sévèrement punie.
Dans certains cas plus extrêmes, l’enfant a pu être maltraité physiquement, qu’il soit un garçon ou une fille. Le prix à payer pour de telles expériences est celui d’un adulte totalement inhibé sexuellement et émotionnellement. Le concept de volonté prend une importance exagérée car l’individu est persuadé, la sienne ayant été contrecarrée si souvent, qu’il ne possède justement aucune forme de volonté ou qu’elle est sans effet. Il peut alors soit continuer à se laisser diriger par les personnes ou les circonstances extérieures, soit se mettre à combattre avec une grande dureté car son propre respect est ici en jeu. (...) La source de ces inhibitions se trouve en général dans une peur profonde du rejet, de l’échec et de la domination. (...)
Saturne offre en vérité l’opportunité de parvenir à une compréhension profonde de la volonté personnelle et de la nature du pouvoir et du contrôle. (...) Trouvant difficile de s’exprimer et de s’extérioriser, il est amené à se tourner vers l’intérieur - le monde féminin de la psyché. Il peut alors comprendre que loin d’être son échec, cette démarche le conduit en fait au succès véritable, car il découvre qu’il n’a plus à dominer les autres pour se prouver à lui-même qu’il est un homme.» (Liz Greene. p157/161).

 

Mars est une énergie qui, lorsqu’elle est saine, nous permet d’avancer physiquement à la conquête du monde en affrontant l’inconnu (l’ailleurs et l’avenir) avec courage, désir et confiance en ses propres ressources, en contact permanent avec sa puissance agissante. Saturne représente les « sur-moi » qui freinent, empêchent ou interdisent cette expression spontané de la personnalité.
Dans une meilleure conscience de ses propres blocages, obstacles ou doutes, la conjonction Mars / Saturne du 18 juin peut ainsi être utilisé sciemment pour observer les situations que nous vivons, rencontrer l’ombre ou le vieux sage qui pourraient surgir, et trouver de nouvelles solutions, de nouveaux ressorts, investissables ensuite dans nos multiples activités.

Ainsi, avec tout ça... sentir, écouter le monde intérieur, observer le monde extérieur, ressentir, décrypter, agir... « Pourquoi ce qui m’arrive, m’arrive », « Comment faire ». Ce mois de juin est sans doute un mois important, tant en terme d’événements qu’en terme d’enseignement et de meilleure connaissance de soi.

 

Voici l’image donnée par le degré Sabian de la conjonction Mars / Saturne en Lion, 9° du 18 juin 06 :
L’image : Des souffleurs de verre, créateurs de vases magnifiques.
Dominante : La nécessité d’investir ses énergies les plus spirituelles et les plus profondes en l’acte créateur pour produire de nouvelles formes intelligentes et belles.
« Le souffle représente le pouvoir de l’esprit, âme de toute expression du vivant. C’est pourquoi le souffleur de verre est un bon symbole pour imager le profond investissement personnel qu’exige toute création. Le souffleur a recours aussi au feu de l’esprit, l’inspiration transpersonnelle, ou dans un autre sens, le feu né des émotions profondément ressenties. Toute activité créatrice qui n’inclut pas et le « souffle » et le « feu » est incapable de transformer en œuvre d’art magnifique – ou à vrai dire en toute nouvelle forme d’ordre – les matériaux bruts, vestiges du passé (le « sable ») auxquels elle s’applique. »
« Ici nous est montrée la technique requise en toute véritable activité transformatrice efficace. Elle implique toujours l’intensité créatrice. »

Liz Greene : « Tant de choses se passent à l’intérieur de l’homme dont il reste inconscient. (...) L’homme crée son monde en permanence selon le cadre des pensées qu’il produit. La réalité qu’il expérimente est la manifestation visible de ce cadre. Les expériences faites par un individu sont mystérieusement attirées dans sa vie par le pouvoir créateur de sa propre psyché et bien que nous ne comprenons pas clairement la manière synchrone dont vie intérieure et existence extérieure sont les reflets l’un de l’autre, nous savons que cela arrive dans la vie de chacun.
Il suffit d’observer une personne engagée dans un processus d’évolution pour voir que les circonstances extérieures de sa vie suivent toujours de façon immédiate les changements psychiques qui s’opèrent en elle. Elle ne crée pas consciemment ces circonstances car cela provient plutôt du soi, de la totalité de la psyché, énergie dynamique soutenant chaque pas de l’individu.
Si ce dernier ne fait aucun effort pour devenir conscient, de telle sorte qu’il puisse comprendre la nature de ce processus et coopérer avec lui, alors il se vivra comme un objet entre les mains du destin, n’ayant aucun contrôle sur sa vie. Il ne peut acquérir la liberté qu’en apprenant à mieux se connaître et ainsi comprendre la valeur de telle expérience selon la perspective du développement de son propre soi. (p11).

 

amour amour amour amour amour
Dans un documentaire sur la Chine, le réalisateur parlait d’une donnée intéressante quant à une (r)évolution de la société chinoise : l’apparition de l’amour personnel. Dans le passé de la plupart des sociétés, et dans le présent de certaines, domine l’organisation d’une « paix sociale » où maris et femmes sont choisis par l’ensemble de la famille, de l’organisation du clan, en fonction d’un ordre garant d’un équilibre, d’une capitalisation des richesses, ou de toute autre valeur collectivement admise.
L’amour personnel dérange l’ordre collectif, et signe l’émergence de l’individu - sujet de sa vie, vivant des sentiments particuliers, originaux, d’individu à individu. L’amour personnel est source d’insoumission envers un ordre collectif exigeant obéissance et dépersonnalisation.

Depuis que Saturne est entré en Lion en Juillet 05, il est possible que cette question de l’amour (lion > soleil > coeur) fasse partie des chantiers en cours. Ici aussi, dans cette quête de Soi et de plénitude que Saturne en Lion active, les rencontres amoureuses peuvent prendre une tournure initiatique particulière. L’énergie Lion ne génère pas un amour maternel, sacrificiel, dépersonnalisant, mais au contraire des relations amoureuses qui renvoient sans cesse à une meilleure (re)connaissance de Soi.

Cette quête de Soi à travers la rencontre a été merveilleusement approché par Jung à travers les notions d’anima et d’animus.
Les grands principes : tout individu est, à l’origine, masculin et féminin. À un moment donné de la gestation, le foetus ira vers un sexe biologique. Ce sexe biologique déterminera une dominante psychologique, un moi-femme, un moi-homme, avec ses expériences particulières d’homme ou de femme. Mais la complétude de l’origine est toujours là, latente, masculine et féminine.
Une des voies pour rencontrer le côté occulté de notre personnalité est la rencontre amoureuse. La femme projette sa part masculine et rencontre son animus à travers l’homme. L’homme projette et rencontre à travers la femme son anima, sa part féminine. L’effet miroir est puissant. À deux, ici et maintenant, nous sommes complets, imbriqués.

l‘autre est portrait de l’autre côté

 

l’autre n’est pas une question
il est une réponse

 

il nous dévoile, en l’incarnant, une figure émergeant de notre propre psyché : ici et maintenant, conscient + inconscient, j’en suis là. Il exprime des contenus de mon animus, elle exprime des contenus de mon anima. L’accueillir permet de s’accueillir. Le reconnaître permet de se reconnaître.
Ici et maintenant : car le processus d’émergence est vivant, et les figures ne sont pas figées de toute éternité ! Comme pour tout ce qui a été dit précédemment dans cette lettre concernant Saturne, l’occulté, les strates archéologiques inconscientes contiennent poisons et trésors. En ce moment, j’en suis là : l’autre me permet de voir et de faire un état de mes lieux. L’autre m’éclaire (lion, soleil).

En Lion, cette relation complémentaire ne peut pas être (ou rester) dépendance : l’objectif est l’intégration consciente de cette part de soi projeté en l’aimé(e). Au bout de la quête, un psychisme féminin et masculin qui accomplit l’oeuvre du mariage intérieur, tout en continuant de vivre un corps masculin ou féminin, et d’accomplir des mariages extérieurs.

En lion, l’amour nous renvoie à nous-mêmes, et en nous renvoyant à nous-mêmes, peut rendre plus conscient des enjeux d’une relation où chacun mène un chemin à la fois solitaire et relationnel. Les qualités d’écoute et de reconnaissance mutuelle peuvent y gagner, à condition que l’égocentrisme (pathologie Lion) n’aveugle pas sur le processus que vit aussi l’autre.
Une beauté ou un lieu magique de la rencontre d’autant plus partagés, mutuels.
Une difficulté, un énervement, peur ou tension explorés d’abord en soi-même.

 

Le passage de Mars sur Saturne doit cependant, si l’on se trouve dans une relation trouble, difficile, tendue, voire menaçante, incliner à une grande vigilance. L’extrait cité de Liz Greene sur la relation Mars / Saturne, avec ses tonalités de violence explosive, de cruauté et de destruction parle d’une énergie qui peut effectivement se cristalliser durant la deuxième quinzaine du mois de Juin.

 

en lunaison, 27 mai... 11 juin... 18 juin...
Saturne est actuellement, durant ces mois de mai / juin 06, à la même place qu’en août / septembre 05. Le chemin parcouru depuis lors peut ainsi être observé avec un décryptage particulier :
- en terme de connaissance plus vaste de soi, d’un rassemblement des particules qui nous constituent, de centralisation et de vitalisation,
- en terme de passage vouloir —> pouvoir, de désirs et d’affirmations personnelles plus claires, fermes et sereines, correspondant à « ce qui me tient à coeur » (repérer donc, ce que l’on fait « à contre-coeur »)
- en terme de pouvoir réalisateur, concret, l’énergie de Mars en Lion invitant à descendre dans les actes réalisateurs. Vivre le présent, au présent, en étant pleinement présent.

Lors de la nouvelle lune du 27 mai 06, soleil et lune seront en gémeaux, signe de communication, de diffusion de l’information, de circulation de la parole, de mise en pratique des idées. Ils seront en sextile à saturne en lion (structure, ordre, identité) et en sextile au noeud nord (devenirs, évolution) en bélier (courage, individuation, affirmation). Cette combinaison peut être assez positive en terme d’association entre le plan mental et le plan pratique, en terme de discussions et d’échanges d’informations.

Un carré Mercure / Uranus pourrait cependant apporter quelques surprises, permettant grâce à une nouvelle information, de voir ou de penser les choses différemment, d’accélérer certains processus de conscience, ou encore d’apporter une nouvelle pièce de lego aux constructions que nous essayons d’élaborer. Il est également possible d’être un peu « bousculé »... le contact d’Uranus à Mercure, étant également affecté d’un carré à la Lune Noire en Vierge. Des problèmes d’organisations, de stress quant aux capacités à intégrer les changements pourraient apparaître : côté poisson, c’est la grande noyade, côté vierge c’est la méticulosité chirurgicale, avec une possible tendance à basculer de l’un à l’autre et à perdre tout discernement, tout réalisme. Si un affolement de ce genre survient, il peut être intéressant de prendre un peu de recul, voire d’inviter d’autres personnes à donner leur point de vue et leurs ressentis sur la situation (mercure trigone à neptune en verseau, le collectif, les affinités par « même longueur d’onde »).

 

La planète Vénus est en Bélier depuis le 4 mai, elle passera dans le signe du Taureau le 30 mai, puis en Gémeaux le 25 juin. Vénus, planète de l’affectif, du rapport au corps, du « j’aime bien ceci / j’aime pas cela » et des valeurs personnelles, traverse ici des signes de fougue / élan (aller vers : bélier), de sensualité / plaisir (ramener à soi : taureau) puis de partage / communication (multiplier : gémeaux).
Au niveau des affects, des besoins de renouvellement et d’élan, de spontanéité et de fraîcheur dans la manière de vivre une relation déjà présente, ou une nouvelle relation, peuvent être ressenties. Dans l’ambiance de tout ce que nous venons de dire sur cette période, l’énergie de libération et de déblocages, peuvent s’ancrer dans des dimensions assez profondes de nos désirs et de nos corps (Vénus en bélier trigone Pluton lors de la nouvelle lune - Vénus en taureau opposé Jupiter en scorpion lors de la pleine lune).

Lors de la Pleine Lune du 11 juin 06, la lune sera conjointe à Pluton en Sagittaire. Ce contact n’est pas forcément agréable dans la mesure où le plan des émotions (Lune) se trouve en contact avec LA planète qui nous met directement en contact avec l’ensemble des strates de l’inconscient (la partie immergée de l’iceberg, tout ça, sous le voile).
Se réalisant au carré d’Uranus en Poisson et au carré de la Lune noire en Vierge, cette pleine lune contient un potentiel d’explosion émotionnelle qui n’est pas négligeable. Selon les situations personnelles (capacités à accueillir consciemment les contenus émotionnels qui pourraient émerger - ou fragilités et méconnaissances rendant incapable de comprendre et gérer les secousses), les vécus peuvent être multiples. En faisant un travail sur soi (accompagné généralement par un thérapeute), le fait de retrouver une très vieille émotion douloureuse fait pleurer sur le coup (uranus - on ne s’y attendait pas) mais s’inscrit dans un processus de soulagement et de réparation. L’abcès est crevé, la cicatrisation commence, et les tissus émotionnels se régénèrent.

Cette pleine lune du 11 juin 06 est déjà en relation avec la conjonction Mars / Saturne du 18 juin et ses contenus. Plusieurs planètes en signe d’eau (uranus, mercure, jupiter) continuent de mettre en mouvements les courants et les fluides qui nous traversent, tandis que les feux (lion, sagittaire) et les souffles (gémeaux) alimentent la chaudière intérieure.
Intense, très certainement, autant dans sa facette explosive et destructrice que dans sa facette libératrice et régénérante. Se préparer donc, intellectuellement, émotionnellement et physiquement à accueillir de nombreux mouvements et changements, intérieurs et extérieurs. L’éventail des vécus possibles proposés par cette lunaison est vaste, aussi vaste que le nombre d’individus sur terre, mais il ne serait pas étonnant que beaucoup de personnes soient invités à accueillir, reconnaître et traverser un vécu émotionnel très personnel, et très véridique, de son monde intérieur, tout en posant des actes fondateurs dans ses activités.

Pic de Yang qui ressemble à un geyser....
Saturne peut cependant nous offrir une qualité de disciple intérieure, de contrôle, ou encore des objectifs suffisamment structurés et mûris pour ne pas se laisser déborder.

 

Bonne lunaison :-)))
Sandrine Delrieu

les degrés Sabian, par Dane Rudhyar.
Tiré des « Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque ». Ed Librairie de Médicis. 1985.
Les degrés Sabian sont des images et symboles associés à chaque degré du zodiaque. Ils ont été développés, notamment, par Dane Rudhyar, pour qui chaque degré évoque une étape de l’expérience humaine. En tant qu’astrologues, nous les consultons pour enrichir notre compréhension et intuition des subtilités de la roue du zodiaque.

nouvelle lune : 27 mai 06, en gémeaux, 05°48, 05:27 TU
 

SOLEIL et LUNE en Gémeaux, 06°

L’image : Des ouvriers sur un forage pétrolier.
Dominante : L’envie d’un savoir qui procure richesse et pouvoir.
« Cette image se rapproche en surface de la quête insatiable de puissance et d’argent propre à l’homme moderne, sa disposition à accepter le risque d’échec. Ce symbole, toutefois, recèle une signification plus profonde, notamment si on le rapporte au degré suivant. Le pétrole provient de la décomposition d’éléments naturels. Le fait de forer équivaut à une tentative pour pénétrer les couches profondes de l’Inconscient collectif et réveiller les forces de la psyché archaïque jadis florissantes, comme c’était le cas dans les cérémonies archaïques du monde tribal, ou bien chez les initiés de la fabuleuse Atlantide, et, plus près de nous, chez les chamans et les guérisseurs. Ces facultés archaïques peuvent être « raffinées » pour nous servir aujourd’hui, au risque toutefois d’une « pollution » quasi inévitable. Or il existe une pollution de l’âme comme il existe une pollution de l’atmosphère que l’on respire.
Les gémeaux sont le signe d’une insatiable curiosité et d’une grande avidité de connaissances. Il s’agit en toute logique d’une signe « humain » (les Jumeaux). L’un tend à rechercher pouvoir et savoir dans les enseignements d’un passé lointain, l’autre à découvrir une source vivante de force et de sagesse alimentée à jamais par la manne céleste de la Conscience spirituelle et de l’amour. On doit à la nature de l’homme, hélas, d’être tout d’abord animé par des sentiments et des désirs virtuellement négatifs. »
« Cette étape concerne la réaction affective qu’affiche la plupart des êtres humains face à la découverte de nouvelles formes de savoir, ce dont notre société fait grand cas au présent stade d’évolution : AMBITION. »

 

pleine lune : 11 juin 06, en gémeaux / sagittaire, 20°41, 18:04 TU
 

SOLEIL en Gémeaux, 11°

L’image : Une manifestation ouvrière tumultueuse.
Dominante : L’impact révolutionnaire des idées sur les émotions et les aspirations collectives.
« Ce symbole se rapproche de celui qui inaugurait la phase d’ « extériorisation » (gémeaux 16°), que l’on voit ici s’exprimer nettement au niveau des réactions collectives. Les masses ont été mobilisées par des images et des slogans comme par l’envie que suscite l’aisance dont jouit la « classe dirigeante ». Le même mécanisme s’applique à l’individu en qui des sphères d’activité opposées ont pris forme à la suite de son émulation psychque. Les fonctions organiques cherchent en commun à imposer leurs exigences auprès de la raison seigneuriale. Peut-être la scène est-elle dressée pour le type de « révolution » que nous appelons psycho-névrose. »
« On assiste, à ce stade, aux préparatifs d’une démarche tumultueuse susceptible de s’ouvrir sur une appréhension différente des probl èmes découlant de l’individuation. Les instincts opprimés et refoulés réclament leur dû : ils préparent une EXPLOSION AFFECTIVE. »

LUNE en Sagittaire, 21°

L’image : Un enfant et un chien avec des lunettes sur le nez.
Dominante : L’imagination et la simulation servent à anticiper les stades supérieurs de notre développement.
« Ce tableau plutôt singulier semble dire ici qu’en imitant le caractère propre à un niveau de conscience jusqu’alors hors de portée, il soit possible d’accélérer le mouvement de notre croissance. Les lunettes symbolisent l’évolution intellectuelle ; les chefs de tribus primitives ont parfois cherché à impressionner leurs congénères en portant des lorgnons sans verre, ou des chapeaux melons, pour la simple raison que ces objets paraissaient caractériser une race d’hommes supérieurs. Cette attitude ressemble à l’initiation par identification au « Maître » (le gourou). Il s’agit, en un sens, d’une pure simulation, encore que le sorcier en s’affublant du « masque » d’un dieu devienne à toutes fins utiles l’incarnation du dieu. Notre maturation, même si l’on ne s’en rend pas compte, se déroule toujours selon une certaine hiérarchie. »
« Ce premier degré suggère la valeur que revêt le fait d’APPRENDRE PAR IMITATION. »