les lettres de lunaison conscience de l'évolution
évolution de la conscience
revue à parution mensuelle
madrugada edition, association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
lettre de lunaison n° 32
par Sandrine Delrieu
nouvelle lune : 16 mai 07, en taureau, 25°33, 19:28 TU
pleine lune : 01 juin 07, en gémeaux / sagittaire, 10°12, 1:05 TU
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La nouvelle lune a lieu en taureau, premier signe de terre. Lors de la pleine lune, le soleil sera en gémeaux, signe d’air, et la lune en sagittaire, signe de feu.

 

dynamiques de cette lunaison

Durant tout le premier semestre 2007, les lettres de lunaison ont accompagné le processus énergétique d’accélération des événements, de prises de conscience, de délivrances possibles, de rupture avec d’anciens schémas, de bond vers le futur, de mutations... qui, au niveau individuel comme au niveau collectif, pouvait travailler nos devenirs.

Nous avions ainsi noté que fin avril / début mai 2007, la planète Mars (action, manifestation) rejoignait la conjonction Uranus / Noeud Nord en Poisson, et que cette période pouvait représenter l’aboutissement, le point d’orgue, de ce processus qui cheminait depuis de nombreux mois.
Cette lunaison du 16 mai 2007 nous fait désormais entrer dans un nouveau cycle, un nouveau départ, dont les contenus et les dynamiques possibles continueront d’être observés, et vécus, dans les mois à venir.

Lors de ce pic « d’émergence dans le visible », fin avril / début mai 2007, en de nombreux lieux du monde, les événements collectifs ont pris la forme d’élections (Irlande du Nord, France) ou de crises politiques (Israël, Turquie) pour ne citer qu’eux.
Dans de tel pics collectifs, le niveau personnel s’articule avec cette dimension plus vaste.
Pour citer la France, puisque ces lettres s’écrivent à partir de là, le résultat des élections a provoqué des réactions très opposées : délires de joie avec sentiment de délivrance et de libération <—> émotions de peurs, d’angoisse profonde, de colère, d’inquiétudes ou de larmes.

Cette lettre de lunaison, avant de repartir dans l’aventure du cycle à venir, ne peut faire l’économie de quelques observations, tentatives d’éclairages ou questions.

 

séparer -> unir -> séparer -> unir -> ...

Il semble qu’en Irlande du Nord et en France, se soit réalisé un processus inverse.
L’Irlande du Nord vit une guerre interne entre catholiques et protestants depuis une trentaine d’années. Pays profondément divisé en deux, état de guerre permanent, qu’un processus de paix travaille depuis quelques années.
 

POSITION DES PLANÈTES
NOUVELLE LUNE DU 16 MAI 07

 

POSITION DES PLANÈTES
PLEINE LUNE DU 01 JUIN 07

 

Le 8 mai 2007, l’assemblée a investi un nouveau gouvernement, et fait absolument nouveau, « L’Assemblée nord-irlandaise s’est réunie pour investir lors d’une session historique le protestant Ian Paisley et le catholique Martin McGuinness comme Premier et vice-Premier ministre nord-irlandais. Le nouveau gouvernement autonome issu d’un accord de partage du pouvoir est censé mettre un point final à des décennies de violences entre leurs communautés. » [1]


En France, notre propre dualité est organisée autour d’une dynamique droite / gauche, et chacun, selon sa sensibilité, son vécu, ses croyances, ce qu’il connaît et ce qu’il ne connaît pas, va être plutôt de gauche, plutôt de droite, très à gauche, très à droite, ou dans l’interrogation du centre (avec ses tendances, centre-droit, centre gauche...).
Durant la période électorale, nous avons pu observer que les frontières droite / gauche ont parfois tremblé, et que des passages eurent lieu. Passages d’idées, voire passages de personnes. Quels que soient les calculs ou stratégies électorales ponctuelles, ces passages se font, et témoignent certainement de mutations beaucoup plus profondes : l’émergence de nouveaux agencements psychiques qui s’affranchiront, un jour..., d’une structure binaire d’appartenances et d’identifications non relativisées (pour / contre, dedans / dehors, moi bien / toi mal...). « Non relativisé » car conditionné par le milieu de naissance, la culture, les fragments d’expériences ou les intérêts immédiats...

 

Dès le mois de Juin 2006, nous avions parlé d’une influence particulière qui allait planer dans l’air du temps : celle provoquée par l’entrée du Noeud Nord en Poisson (du 22 juin 2006 au 17 décembre 2007). L’énergie Poisson est une énergie « Une », dont l’effet tend à dissoudre les frontières et les murs, les séparations et les différences, pour allier, unir, rassembler les particules à travers des points et lieux communs.
En son essence, cette énergie est une énergie spirituelle, qui tend à nous mettre en contact avec notre propre essence, et finalement celle de l’autre : en cette substance là, les séparations n’existant pas, nous ne les percevons plus. Nos différences s’effacent, et nous respirons dans l’océanique cosmos...
Cette influence unifiante infuse certainement l’inconscient collectif depuis juin 2006 et, même quand ce n’est pas au niveau spirituel que les personnes la ressentent et la vivent, elle peut guider nos expressions ou nos actions vers ce phénomène de ré-union, de rassemblement vers le Un.

Au niveau collectif, les pathologies de cette énergie vécue de manière inconsciente sont certainement multiples. Brouillant les territoires et les définitions, cela peut non seulement produire une période de grande confusion d’esprit et de perte de repères, mais également renforcer les tendances aux monopoles (expression matérialiste de la tendance au Un, au Tout spirituel). Certes, cette perte de repères pourrait être un vivier d’invention, mais le collectif est souvent très lent à intégrer l’innovation.

Au niveau personnel, cette énergie Poisson peut également créer une période de confusion et de perte de repères, car inconsciemment, et de manière très subtile, cette énergie du Un peut nous inviter à unir les différentes facettes de notre vie. Vies professionnelles, familiales, amicales, artistiques, spirituelles... peuvent alors chercher à être plus en harmonie les unes avec les autres afin d’exprimer un même « état de l’esprit », un même type d’énergie, une même ambiance, une même essence, un même fond.
Pour image, il s’agirait de se sentir Un et d’en exprimer les formes multiples (dans les activités, les relations...), d’être uni dans le fond de notre être et de multiplier créativement les formes d’expression. Et finalement de pouvoir vivre et donner le meilleur de nous-mêmes.


Si le niveau collectif nous dépasse parfois, tant les forces et les vecteurs en présence semblent nous échapper, au niveau personnel, cette Union, cette recherche de cohérence intérieure nous est accessible. Là, jusqu’en fin décembre 2007, nous pouvons certainement continuer d’unir, d’harmoniser nos énergies, de nous rassembler intérieurement, afin de pouvoir naviguer dans le multiple en ayant le sentiment d’être profondément centré, unifié, sans dualités ou conflits intérieurs.
Continuer notre propre réunification donc...

 

élection, émotions, projections... réalités ?

Que se passe-t-il en temps d’élection présidentielle dans notre monde émotionnel ?
Une amie nous a raconté que, mangeant un soir dans un restaurant avant le résultat des élections en France, elle entendit la conversation de la table voisine : les personnes disaient que si Ségolène Royal (« gauche ») devenait présidente, elles quitteraient la France. Elles avaient peur.
D’autre part, de nombreuses personnes ressentent Nicolas Sarkosy (« droite ») comme un dictateur, un homme dangereux, et leurs émotions se relient à la crainte des processus fascistes (contrôler le « Tout »). Il y a une peur.
Une troisième personne a par ailleurs surgit de manière assez fulgurante dans le paysage politique, François Bayrou. Il annonce la création d’un nouveau parti, le Mouvement Démocrate, le jour même de la conjonction Mars / Uranus / Noeud Nord, jour où « l’explosion » d’énergie est à son maximum, associant l’action (mars), la rupture et le changement (uranus) et les devenirs (Noeud Nord). Courant qui se met depuis à canaliser des dizaines de milliers de « pré-inscriptions » de personnes qui n’avaient jamais adhéré à aucun parti.

Une question peut alors tarauder : comment se fait-il qu’une même personne puisse provoquer une émotion de confiance et d’espoir à certains, une émotion de terreur à d’autres, ou laisser indifférent ? Dans quelles réalités vivons-nous ?
Lorsqu’il y a forte émotion (de peur, d’angoisse, de stress...) que se passe-t-il en nous qui provoque émotion ? Il ne s’agit pas ici d’analyser les discours des uns et des autres, mais juste d’observer les émotions extrêmes qu’ils peuvent provoquer, dans un même temps, chez des millions d’individus.

À partir du moment où il y a émotion... il y a inconscient. Et plus l’émotion est forte... plus il y a d’inconscient, c’est-à-dire que nous sommes en dehors de l’espace de la raison, de la conscience, de la sage vision ou de la clarté.
Une émotion est une réaction biologique.
La biologie, dans ses formes et ses comportements, est le fruit de la mémoire, mémoire de l’espèce, des ancêtres et de notre histoire personnelle jusqu’à ce jour. Lorsque notre biologie réagit et que les émotions (malaise, peurs...) nous envahissent, nous vivons quelque chose qui a déjà mémorisé par le corps, dans notre propre passé, et qui se réactive dans le présent à notre insu, nous donnant à percevoir le présent à travers ce filtre du passé.

 

« La projection consiste pour un sujet à percevoir dans le monde extérieur, et en particulier sur autrui, des caractéristiques qui lui sont propres. » [2]

 

Un exemple : l’on pourrait parfois se demander si les personnes qui s’investissent de manière très émotionnelle dans la cause palestinienne ont dans leur propre histoire, des problèmes de territoire, de place et / ou de manque de reconnaissance du Père (en relation avec l’histoire d’Ismaël, premier fils qu’Abraham eut avec Agar, sa servante égyptienne. La femme d’Abraham eut ensuite un fils Isaac, et Agar et Ismaël furent chassés dans le désert). Dans les racines émotionnelles de cette histoire, il y a un rejet et une perte de territoire, une autorité vécue négativement, situation que bien des enfants du monde vivent dans leur famille, avec leurs proches ou leur entourage.
Je ne parle pas ici de la justice ou injustice de tel ou tel événement en Palestine, mais de la manière dont nous pouvons être touchés émotionnellement par les événements du monde extérieur, et dont nous pouvons y réagir émotionnellement à partir de notre propre histoire intérieure.

Pour en revenir à ces élections en France, le fait que le nouveau président puisse provoquer une confiance aveugle à certains ou faire peur à d’autres ne nous renseigne pas sur la personne elle-même, mais parle certainement - dans un premier temps du moins - de l’inconscient des personnes qui ont ces émotions, et des projections qui émanent de nos histoires personnelles.

Pourquoi est-il important, le cas échéant, de retrouver les racines émotionnelles de nos réactions ?

« Quand l’esprit est purifié et pacifié, la connaissance qu’il donne n’est plus colorée inconsciemment par les pulsions affectives, les sentiments, les tendances personnelles innées ou acquises : il y a saisie directe et instantanée de la réalité telle qu’elle est. Les messages transmis par les organes des sens correspondent à la réalité des objets, et les actions sont adaptées aux circonstances. » [3]

Un « retrait de projections », phénomène qui se réalise lorsque l’on prend conscience du scénario intérieur, personnel, que l’on projette sur un événement extérieur ou une personne, est important pour plusieurs raisons :
- pour arriver à être en contact avec une réalité qui ne soit pas filtrée, voire faussée, par nos propres projections. Avoir donc plus de recul, d’éléments pour estimer les situations, et agir.
- pour ne pas laisser la vie biologique, à travers les réactions émotionnelles, dominer nos perceptions et nos actions dans le monde. La vie biologique a un panel de comportements très réduits, elle est dévouée à la lutte pour la survie et à la perpétuation de l’espèce. Son principal ressenti est le binôme archaïque sécurité / danger, son modèle comportemental ressemble au fonctionnement de la cellule : digérer à l’intérieur (les éléments positifs) / rejeter à l’extérieur (les éléments négatifs, l’inconnu lui étant toujours menaçant).
De nombreux discours politiques en bien des pays manipulent cette fibre émotionnelle, très fragile, en brandissant toutes sortes de menaces réelles ou fantasmées. Cela marche, car notre cellule a peur, et le besoin de sécurité est une condition sine qua non de notre survie biologique.

 

Dans son ensemble, l’évolution de l’être humain, l’humanisation, témoigne d’un affranchissement progressif envers un ensemble de comportements archaïques.
Relevant cependant de nos fondements mêmes, de nos bases et racines vitales, ces comportements archaïques sont présents en chacun de nous, et peuvent se réactiver à notre insu dès lors qu’une situation est ressentie comme menaçante. Il peut donc être intéressant, pour que l’avenir ne soit pas colonisé, dominé par la jungle émotionnelle des uns et des autres, que chacun interroge - le cas échéant - les racines de ses propres peurs, et fasse tout ce qu’il peut pour s’en délivrer lui-même...

 

quand les verrous sautent...
de la culpabilité à la conscience ?

Durant ce premier semestre 2007, et clairement fin avril / début mai 2007 lorsque Mars est arrivé sur Uranus  / Noeud Nord, quelque chose s’est passé, quelque chose a bougé, un verrou a sauté.

Une formule fut assez intrigante durant cette présidentielle française, cette « droite décomplexée », qui n’aurait plus peur d’être elle-même, de l’affirmer et de le montrer au grand jour. Dans son discours inaugural, le nouveau président français a également affirmé vouloir sortir de la « repentance ».
Ci-après, quelques réflexions, hypothèses sur cette énergie de « décomplexion » et de « sortie de culpabilité »... qui émerge alors que Uranus et Noeud Nord ont rassemblé leurs énergies dans le signe du Poisson.

Comme d’habitude dans ces lettres, si je me sers des événements d’actualité, ce n’est pas pour les estimer ou les juger en eux-mêmes, mais pour essayer de sentir, de traduire ce qu’il pourrait se passer « en dessous » de l’événement, le courant qui pourrait le porter, et pour proposer des éléments plus vastes de pistes de réflexion. Sans l’appui astrologique et les liens offerts par le langage symbolique (par exemple ici, une personne dit quelque chose, il se passe tel événement -> cela se passe au moment où il y a telle configuration astrale -> cette configuration astrale est lié à telle époque historique, à tel type de ressentis, de processus : ainsi, par analogies, la pensée fait des liens).

Un des enjeux dynamiques du processus qui travaillait les dynamiques de notre inconscient durant le premier semestre 2007 était effectivement de se libérer d’un frein, d’une limite, d’une inhibition, d’une peur... et d’oser avancer, ainsi libéré, délivré, affranchi... vers l’avenir.

L’axe des Noeuds Lunaires active depuis le 23 juin 2006 cet axe Vierge / Poisson, lui-même lié au judéo-christianisme, à ce passage de l’un à l’autre, à son histoire, son ambiance, et aux tonalités psychologiques, morales, religieuses de ses vécus. L’ère des Poissons [4] a par ailleurs débuté autour de l’an 0, lieu où nous avons inscrit ce calendrier que nous utilisons aujourd’hui. Les ères durant environ 2160 ans, nous sommes en fin d’Ère des Poissons, et allons entrer progressivement dans l’énergie de l’Ère du Verseau. Notre civilisation est en fin de cycle, et recycle...
En fin d’ère, le fait que nous devions peut-être revenir sur l’ensemble de l’ambiance psychique des 2000 ans qui viennent de s’écouler ne serait pas étonnant, et cette conjonction Mars / Uranus / Noeud Nord a peut-être donné le top départ d’un long travail de deuil... lié à notre passé collectif. Le résultat d’un deuil est effectivement une libération, un poids en moins... mais le processus ne peut cependant commencer que par la fin de déni, par le fait de voir.

Cette « décomplexion » eut donc lieu tandis que l’axe Vierge / Poisson et ses tonalités psychologiques (et religieuses) furent activées par une énergie d’affranchissement et de ruptures envers les anciens systèmes (Uranus), nous proposant de faire un bond en avant.
Il me semble que quelque chose de très profond s’est peut-être passé dans l’inconscient collectif — que cette droite « décomplexée » l’a exprimé à sa manière — mais que cela va beaucoup loin que cette expression locale : cela pourrait nous parler plus largement de l’histoire de la culpabilité, de son usage dans l’évolution de l’humanité depuis des milliers d’années, des limites et névroses obsolètes qu’elles nous fait vivre aujourd’hui, et peut-être d’un « bon en avant » qui permettrait de se dégager des freins qu’elle produit, tout en intégrant plus consciemment les leçons qu’elle aurait pu nous apprendre.

CULPABILITÉ : 1791 ; lat culpabilis. V. Coupable.
2/ Psycho : Sentiment de culpabilité, sentiment par lequel on se sent coupable, qu’on le soit réellement ou non (V. Autopunition). ANT. Innocence.
COUPABLE : XII°; lat culpabilis, rac. culpa. V. Coulpe
1/ Qui a commis une faute.
COULPE : Colpe, X°; lat. culpa.
Vx. Péché. Mod. Battre sa coulpe, témoigner son repentir ; s’avouer coupable.

Je ne peux pas ici développer cette aventure complexe de la culpabilité dans l’histoire humaine, et toutes les facettes qu’elle a pu prendre, culpabilité de Moïse, péché originel (Adam), culpabilité collective, individuelle, consciente, inconsciente... Entre religion et psychanalyse, il y eut de nombreuses hypothèses, naît-on innocent et devient-on coupable, nait-on coupable dès la naissante, portons-nous la culpabilité de nos ancêtres, etc. Le sujet est vaste, subtile, dense et complexe. Mais il semble que quelque chose s’est peut-être passé à ce niveau là, un courant d’affranchissements, une rupture, et que cela pourrait mériter grandes réflexions et approfondissements.

Il est sans doute possible de repérer un lien positif entre usage de la culpabilité (et de la peur d’une punition) et développement de la conscience individuelle. La menace brandie (si tu fais cela, Dieu te punira, ou tout simplement pour certains « la vie » te punira), la peur du « retour de bâton » a pu jouer (et jouer toujours) le rôle d’empêcher de faire certaines choses (Moïse et les tables de la Loi, « Tu ne tueras point, tu ne...) et de permettre à l’humanité d’évoluer et à l’homme de commencer à s’humaniser. La culpabilité a pu jouer le rôle de freins aux pulsions sauvages. Elle a pu ainsi participer au développement de nos civilisations, à l’émergence de nos lois, etc.

Les possibles bénéfices de cette culpabilité (ne pas, ne pas, ne pas...) bien des personnes l’ont désormais intégré dans leur psyché, dans leur conscience, dans ce qui est devenu leur spontanéité. Il est alors possible (c’est une hypothèse) que la quantité de personnes [5] plus conscientes d’elles-mêmes dans le monde, plus humanisées, provoque une mutation dans l’inconscient collectif. Mutation que l’on verrait surgir au grand jour aujourd’hui, comme un geyser, donnant l’impression qu’une chape de plomb vient d’exploser... et que de nouvelles inventions sont rendues possibles dans les devenirs humains. De nouvelles manières de penser, de sentir, de faire sont peut-être prêtes à s’exprimer.

Dans la définition de la culpabilité, son contraire est « Innocence ». Les sages vivent dans l’innocence, dans cette fraîcheur de l’âme. Ce n’est pas la culpabilité qui dirige leurs actes, mais la conscience, la Vision, le Soi unifié et spontané. Le fait que l’humanité, et chaque âme la constituant, chemine vers ce devenir sage, reste une hypothèse plausible du sens de la vie...

Le « grand déclenchement » eut lieu au moment où l’influence de Mars (action, révélation dans la visible) rejoignait Uranus / Noeud Nord en Poisson, c’est-à-dire entre les 20 et 30 avril 2007. Je disais dans la précédente lettre n°31 qu’il y aurait « un avant et un après », Mars étant la dernière planète à rejoindre la conjonction Uranus / Noeud Nord et à y déclencher une puissante énergie.

Dans cette énergie de délivrances, et de possibles « sorties de culpabilité » que la conjonction Uranus / Noeud Nord en Poisson a pu accompagner durant ce premier semestre 2007, il va sans dire que si le cadre de la culpabilité saute alors que la conscience individuelle, le Soi, ne vient pas la remplacer comme Vision et vecteur directeur des ressentis, des comportements et des actes, cet affranchissement peut alors provoquer une profonde régression... et un retour à l’expression de pulsions personnelles ou claniques, faisant fi de toute civilité, humanisme, conscience collective et progrès humain.

La conjonction Uranus / Noeud Nord se défaisant progressivement ensuite, nous allons désormais intégrer toutes ces mutations, celles que nous voyons comme celles que nous n’avons pas repérées, et nous réagencer, intérieurement et extérieurement avec tous ces éléments nouveaux.

 

de l’ancien au nouveau... dans nos vies ?

Pour en revenir à des dimensions plus personnelles, plus intimes, il peut être intéressant de voir si cette hypothèse de « sortie de culpabilité » circulant dans l’inconscient collectif fait écho à certains de nos vécus ou ressentis actuels.
Le sentiment de culpabilité n’est pas forcément conscient, il est généralement profondément refoulé, relié à des dimensions autant personnelles que collectives.
L’on peut cependant en voir certains symptômes lorsque, par exemple, alors que nous avons certains potentiels, désirs, rêves... nous ne les vivons pas, lorsque nous n’agissons pas dans le sens d’un épanouissement, que nous sommes pétris de peurs, de freins, que les contraintes ou les empêchements pèsent, etc.

Dans la période fin avril / début mai 2007, avons-nous senti, pour une raison ou une autre qui découle de notre vie personnelle, un déblocage et une libération d’énergie ? Avons-nous eu des intuitions particulièrement fortes sur la sens de notre destinée, les choses que nous voudrions et pourrions réaliser désormais ? Avons-nous pu agir de manière significative dans ce sens ? Avons-nous le sentiment d’une clarté de vision qui nous permette d’avancer avec authenticité ? Avons-nous osé faire certains choses nouvelles ?

En résumé, y-a-t-il du neuf dans nos vies ? Ce neuf permet-il de relancer dans nos vies une dynamique énergétique qui intègre certaines facettes libérées de notre personnalité et permettra d’en développer certaines réalisations ? Nous sentons-nous plus « unis » dans le fond, plus rassemblés en nous-mêmes ? Une tension a-t-elle lâché ? Prendre le temps d’observer... cette période est loin d’être anodine dans le continuum de nos vies.

 

Rappel juin 2006 -> mai 2007

Au mois de juin 2006, le 18 juin précisément, la planète Mars avait rejoint la planète Saturne au 9° Lion, à une degré qui parlait « d’intensité créatrice ». Nous avions alors parlé (voir LDL n°21) d’une énergie très exigeante de structuration personnelle, où il s’agissait d’être profondément aligné en Soi, verticalisé dans sa colonne vertébrale, d’affirmer (mars) de manière plus ferme (saturne) notre identité créatice (lion) et nos désirs de réalisations (mars en lion), notre identité terrestre et son désir.

Fin avril 2007 la conjonction Mars / Uranus pouvait alors donner à voir et à vivre de manière plus évidente quels types de changements devons-nous accueillir, accepter ou provoquer dans nos vies, dans nos activités — et en nous-mêmes — pour arriver à effectivement réaliser nos objectifs.

 

tensions entre l’ancien et le nouveau ?

Une relation ancien / nouveau peut se lire à travers la relation énergétique entre la planète Saturne (ancien) et la planète Uranus (nouveau).

IL est intéressant de remarquer que durant les mois d’avril, mai et juin 2007, la planète Saturne en Lion et la planète Uranus en Poisson font justement un aspect de quinconce (150°).
L’énergie de l’ordre ancien (Saturne) et celle de l’ordre nouveau, ou de l’agencement nouveau permis par une rupture, un changement (Uranus) se mettent ainsi en relation dynamique.

Mars et Uranus sont deux énergies impatientes, parfois rebelles, elles peuvent ainsi avoir du mal à admettre la lenteur de Saturne (chronos, le temps), qui ne connaît pas les « tabula rasa » mais oeuvre dans les lents processus de maturité et de croissance, d’intégration progressive des éléments nouveaux dans l’ancien. Un conflit temporel peut alors exister en ce moment dans nos aventures, nos projets, nos vécus... entre ce qui fait temps (saturne) et ce qui fait saut dans un autre temps (uranus).
Les dimensions visionnaires pouvant être fortes actuellement (énergie d’Uranus, qui est un radar tourné vers le futur), il est possible que nous nous sentions puissamment aimantés vers un devenir différent, tandis que tous les éléments en jeu autour de nous, dans nos pratiques, relations, liens... témoigne encore des constructions du passé jusqu’à ce jour.

Il est très rare que dans la vie nous puissions « tout plaquer », faire des ruptures totales avec nos contingences quotidiennes, nos ramifications affectives, professionnelles, nos engagements... et tout renouveler d’un coup de baguette magique. La conjonction Mars / Uranus / Noeud Nord en Poisson de cette fin avril, début mai 2007, pouvait cependant donner envie de ce type d’avancée « magique ».


L’aspect de quinconce, en reliant Saturne (le frein, le temps) à Uranus (énergie d’affranchissement, de bond vers le futur) peut ainsi provoquer quelques tensions et tiraillements. Parfois, il est impossible d’aller plus vite que la musique... Cependant, le quinconce invite généralement à agir fermement, à ne pas laisser l’énergie se bloquer dans une tension conflictuelle, qui pourrait s’exprimer ici dans la relation ancien / nouveau. Elle nous invite à trouver des passages et des combinaisons fructueuses.

Quels que soient les freins ressentis, les embûches, ou le fait de voir l’ampleur de l’entreprise qui consiste dans nos vies individuelles, ou dans les dimensions collectives, à voir se concrétiser certains changements, l’énergie du quinconce nous invite à tenir fermement la barre de nos projets, coûte que coûte je dirai... avancer et garder le regard tourné dans le bon sens, là où nous estimons que nous sommes dans le sens d’une évolution et d’un progrès.

 

un lien avec 1988 ?

La précédente conjonction Saturne / Uranus eut lieu durant toute l’année 1988 en fin du signe du Sagittaire. Les conjonctions exactes sont :
- 13/2/1988 à 30° Sagittaire
- 26/6/1988 à 29° Sagittaire
- 18/10/1988 à 28° Sagittaire

Les cycles entre deux planètes nous permettent, à travers l’observation des périodes où elles forment des aspects entre elles (conjonction 0°, sextile 60°, carré 90°, trigone 120°, quinconce 150°, opposition 190° pour les principaux), de mettre en lien certaines périodes de vie, où les mêmes contenus sont susceptibles de réapparaître et d’être (re)travaillés de manière évolutive.

Il est donc possible que ce que nous vivons aujourd’hui puisse avoir un lien avec cette année 1988. Les mêmes événements, le même style de scénario événementiel, peuvent ainsi se réactualiser, en nous demandant d’en repérer les enjeux, le sens possible, et d’y injecter - grâce à cette dose de conscience - une énergie de progrès, d’avancée et d’innovations.

Il est également possible que certaines sensations personnelles plus diffuses (certaines émotions, sensations de blocages, de freins...) soient le fruits inconscients d’événements qui se sont passés à cette époque 1988, et que cela nous demande de revenir sur le type de sensations ou d’émotions que nous avions alors enregistrées : ce qui nous a imprégné, sans que parfois l’on en prenne conscience.
Exemples : si 1988 a correspondu à un mariage, à une naissance, au début d’un travail dans tel ou tel lieu, au début d’un engagement professionnel, affectif, amical, militant, à un déménagement, etc. Les émotions ont cette particularité de se mémoriser dans notre corps, dans notre manière même, d’y rester... et d’influencer alors tout notre parcours, généralement de manière très inconsciente. Le seul moyen de se libérer de cette emprise et de cette « colonisation » est de retrouver l’émotion d’origine, de l’éclairer, de la voir... parfois de pleurer un bon coup... ouf ça sort, c’est fini : délivrance, soulagement. Liberté.

Si cela vous semble pertinent, revisiter 1988 peut alors offrir quelques éclairages sur certains vécus ou sensations actuelles que le quinconce Saturne / Uranus réactive durant ces quelques mois, avril, mai, juin 2007.

La période de ce quinconce peut alors servir de préparation au prochain aspect, l’opposition : lorsque l’opposition de Saturne à Uranus viendra se positionner (légèrement en fin décembre 2007, mais surtout dans la période d’octobre 2008 à octobre 2009) nous entrerons alors de plein pied dans une période où les changements seront certainement plus visibles, où certaines tensions entre ancien / futur pourront être plus actives et transformées en conséquence.

En 2008, 2009, nous vivrons certainement alors une période de défis : comment transformer le squelette de nos organisations (que ce soit au niveau personnel, organiser sa vie - ou au niveau collectif, institutions, groupes...) et pouvoir y injecter un profond renouveau ? Tension entre l’ordre ancien (saturne) et l’appel du changement (uranus), peur du désordre et de l’inconnu (rigidités et besoin de sécurité de Saturne) face à l’horreur des cadres et des contraintes (rébellion d’Uranus).
Nous y reviendrons alors. Mais il peut être intéressant de sentir qu’en ce moment, nous sommes à la fois en lien avec 1988 et à la fois en train de préparer l’année fin 2008/2009 où le défi sera peut-être d’arriver à produire un « ordre nouveau » (qui sera toujours temporaire... tout sur terre étant temporaire et évolutif...).
Dans nos vies personnelles, cette perspective peut-être très intéressante, et excitante, pour pouvoir y projeter l’avènement d’une étape de vie où de profonds changements, à la fois innovants (uranus) et structurants (saturne), puissent se réaliser avec vigueur et confiance.

 

vision et envol

Par ailleurs, cette conjonction Saturne / Uranus de 1988 eut lieu entre les 28° et 30° du Sagittaire, lieu où séjourne actuellement Pluton (et lieu du Centre Galactique - voir LDL 28 p 5).

Le signe du Sagittaire est celui qui, dans le zodiaque, montre une direction : l’arc et la flèche désigne un point, dans le lointain, qui évoque l’idée de destination. Signe de la quête spirituelle, des voyages dans les lointains, son énergie et son élan (signe de feu) nous invite toujours à nous poser la question du sens de la vie, et de notre vie, du pourquoi nous sommes, individuellement et collectivement, sur terre.
Sans grande question, pas de grandes réponses.

Si certaines réponses donnent souvent lieu à des conflits idéologiques (sans doute à cause de la tendance globalisante et expansive du Sagittaire qui pousse l’individu à croire que Sa réponse personnelle est La réponse pour tous), il existe cependant des lieux incontournables de visée commune que l’arc et la flèche pourraient désigner dans le lointain. Par exemple aujourd’hui l’urgence d’une société écologique, dans un ensemble de pratiques cohérentes (natures, santés, industries, agricultures...). Ou l’urgence de véritables processus de paix (et de paix de l’âme), ou...

Le fait que ce lieu, la fin du signe du Sagittaire,
- fut pointé par la conjonction Saturne / Uranus de 1988,
- est actuellement habité par l’énergie réformatrice et initiatrice de Pluton,
- et sera fortement activé par la conjonction Jupiter / Pluton de décembre 2007 (Jupiter, le guide),

... peut alors nous inviter à nommer, le plus précisément et sincèrement possible, quelle est notre direction. Vers où dirigeons-nous notre arc et notre flèche ? Comment l’arc et la flèche de notre vie personnelle s’accorde à l’arc et à la flèche d’un ensemble plus vaste de personnes, voire de l’humanité entière et de notre devenir ?

Actuellement, approfondir très personnellement cette dimension peut donner à notre existence profondeur et vitalité. Les énergies du début du XXI° siècle (pluton en sagittaire, neptune en verseau et uranus en poisson - 9ème, 11ème et 12ème signe du zodiaque, signes dits collectifs), inscrivent fortement la vie individuelle dans les mutations collectives et dans un espace global (mondialisation). Il paraît impossible de vouloir faire sa « petite » vie dans son coin, sans interactions, sans conscience plus globale des liens entre chaque individus, et entre l’individu et le « tout ».
Du coup, dans leur écriture, ces lettres de lunaison proposent souvent de resituer la dynamique d’un paysage global afin de replacer l’individu dans un contexte, puis cherchent certains outils de liberté ou de conscience que nous pourrions utiliser pour manoeuvrer dans l’océan en tenant nous-mêmes notre propre gouvernail...

Cette période peut ainsi nous permettre d’affiner cette histoire de directions et de visions d’avenirs, courants dans lesquelles nos projets personnels peuvent alors d’autant mieux se glisser et participer.

 

nouvelle lune du 16 mai 2007 : un nouveau cycle commence... action !!!

La lunaison que nous venons de traverser, du 17 avril 2007 à aujourd’hui, représentait ainsi l’aboutissement du processus de « bond en avant », d’affranchissements et d’innovations qui oeuvrait depuis janvier 2007.
Cette nouvelle lune du 16 mai 2007 relance une nouvelle dynamique, qui nous permettra de cheminer en intégrant tous les éléments nouveaux, intérieurs et extérieurs, qui ont pu émergé durant ces 6 derniers mois.

Un des points marquants de cette nouvelle lune est la position de la planète Mars : au 1° bélier.
Les personnes qui lisent ces lettres depuis un moment savent l’attention particulière que nous avons pu donner à la Nouvelle Lune du 20 mars 2004 [6] : elle se réalisait au 1° bélier, et de manière très subtile, lançait un cycle d’activité, de conscience, de réalisation de Soi, où « tout était possible... mais où rien n’était encore fait ».
Fin septembre 2004 [6], nos intuitions avaient également pu nous donner des « visions intérieures » de notre avenir, de nos projets, et quelque part, nous donner la force de la foi, l’élan.

Mars en Bélier, qui plus est au 1° du Bélier évoque l’énergie des naissances, des big bang fondateurs où la puissance, certes sauvage et incivilisé, est promesse d’un monde ... qu’il faudra faire.

Cette nouvelle lune du 16 mai 2007 pourrait alors représenter un niveau d’action supérieur en relation avec les impulsions intérieures que nous avons pu ressentir lors de la nouvelle lune du 20 mars 2004 (pour certains, j’ai remarqué que de nouveaux projets, désirs ont effectivement démarré en mars 2004, pour d’autres, c’est plutôt la lunaison de septembre 2004 qui a alors fait prendre conscience d’un « nouvel élan »).
« Supérieur », car plus conscient, plus élaboré, plus affiné et affirmé (Mars), plus expérimenté qu’en 2004.

Cette lunaison actuelle pourrait donc nous inviter à canaliser nos forces (mars en bélier), à mobiliser notre énergie vitale... avec la fraîcheur d’un nouveau-né : 1° bélier = naissance = hourra j’existe !! j’y suis arrivé... j’arrive !!!

Cette énergie Mars en Bélier étant « brut de décoffrage », elle peut cependant avoir tendance à s’affirmer et à se sentir exister par le conflit, à chercher instinctivement l’opposition pour établir son propre « moi », ou encore à être très vite dérangée par l’action d’affirmation d’autres personnes. Cette lunaison risque donc de ne pas être de tout repos sur les plans relationnels, chacun de nous pouvant ressentir durant cette lunaison cette injonction d’affirmation personnelle, tout en se sentant rapidement menacé par celle de « l’autre ».

Un carré Mars en bélier / Pluton en Sagittaire peut donner également à cette lunaison une tonalité un peu sombre, où les passages en force et les impulsions (pulsions) risquent de rencontrer ou de provoquer certaines formes de violences réactives. L’énergie combinée de Mars et Pluton semblent parfois ratisser dans les lieux de nos haines ou de nos rages les plus féroces : en réalité, cette énergie s’active quand c’est la vie elle-même (mars) qui se sent menacée dans son existence - et réactivent ainsi en nous des émotions profondes, comme si notre vie était vraiment menacée (voir également au début de la lettre le principe des projections).

Cette lunaison pourrait alors nous donner à vivre le parfois difficile exercice de s’affirmer soi-même sans nier « l’autre », de redessiner son territoire sans amputer celui de l’autre - ce qui est parfois impossible, surtout dans les situations où se jouent des questions de place (notamment s’il elles donnent du pouvoir ou de la reconnaissance, ou tout simplement un travail, et que ces données sont vécues de manière vitale par l’individu).
Que ce soit dans le milieu professionnel, au niveau relationnel, familial ou autre... il pourra être alors judicieux pour chacun de méditer sur ce qui nous est vraiment vital et ce qui ne l’est pas, afin de préserver le Soi des pièges de la vie active où, en ayant le nez dans le guidon (mars en bélier) nous risquons de ne plus voir l’ensemble du paysage... Possible aussi qu’une certaine « philosophie de la vie » soit utile durant cette lunaison en cas de situation qui nous paraissent, momentanément du moins, à notre désavantage...


Durant cette lunaison, il pourrait ainsi être judicieux de pouvoir à la fois profiter de cet élan vital Bélier, qui pourrait réanimer les flammes personnelles et réinjecter un véritable dynamisme, tout en ne se faisant pas piéger par les impulsions guerrières ou agressives de cette énergie.

Au moment de la Pleine Lune, Mars en Bélier formera un trigone avec Jupiter en Sagittaire et Saturne en Lion. Ce beau trigone en signes de feu plane sur la Pleine Lune comme une invitation (et peut-être dans une certaine aisance) à inscrire nos actes personnels et nos initiatives dans un tissu social élargi. Mars, bien que toujours en Bélier s’associe ici avec deux planètes plus matures, Jupiter et Saturne, ce qui semble pouvoir soutenir nos élans en les « élevant » et en les socialisant.

Cette lunaison semble ainsi un moment propice pour mettre de l’énergie dans nos projets, dans nos initiatives afin de les structurer (saturne) et de les déployer (jupiter) dans et avec le monde extérieur - sans oublier de rester calme et philosophe...

 

de la terre à l’air... des messages

Lors de la nouvelle lune du 16 mai 07, Soleil et Lune seront à 26° du Taureau. Lors de la Pleine Lune, le Soleil sera en Gémeaux et la Lune en Sagittaire combinera alors son énergie à Jupiter. Ce passage de l’énergie Terre (taureau) à l’énergie Air (gémeaux) invite à diffuser, à communiquer, à investir l’espace aérien du langage et l’espace tactile de l’écrit diffusant ce langage des esprits.

Le génie et le drame des Gémeaux est de devoir mettre en lien « ces mots et ces choses », à travers ce processus de séparation et de (re)lien dans laquelle la petite enfance nous a introduit [7].
Lorsque nous avons appris à parler, un espace réel (distance), affectif (coloration de ce que l’on nomme), symbolique, culturel, historique... a épaissi la distance entre ce que l’on nomme et la réalité que l’on nomme. Et depuis, nous essayons de parler entre nous... sans trop savoir parfois si nous arrivons à dire ce que nous voulons dire (chercher ses mots), si nous arrivons à faire comprendre ce que nous pensons dire, et si nous comprenons ce que les autres nous disent, en admettant qu’ils sachent eux-mêmes ce qu’ils sont vraiment en train de dire.

Il y a certes une jubilation dans l’aventure des langages et des réalités, jubilation que les littératures, les philosophies et les poétiques du monde investissent avec saveur. Mais dès lors que le langage veut coller à la réalité, la cerner, la dire telle qu’elle est... que le langage veut convaincre... l’incompréhension totale, voire l’affrontement est bien souvent la seule réalité de la réalité.
Nommer la réalité est une entreprise infinie, excitante, déroutante, impossible, cherchant ces possibles. Et même si orthographes, grammaires et étymologies tentent de nous inscrire dans des lieux communs, les espaces et vacances subsistent... lieu où nos inconscients bavards viendront s’infiltrer avec malice (lapsus).
L’on pourrait également se demander dans quelle réalité vivrions-nous si nous n’avions jamais essayé de la nommer. Ou encore quel serait l’état de nos paysages relationnels si nous disions exactement tout ce que nous sommes et ressentons sans que le langage vienne masquer notre véritable réalité...

Cette pleine lune sera puissamment activée par la conjonction Lune / Jupiter et dessinera un carré avec l’axe des noeuds lunaires en Vierge / Poisson. Ce grand carré active souvent une énergie de croisades, associant l’élan missionnaire (sagittaire) à une volonté de mise en pratique des grandes idées (gémeaux). Autant dire que dans les mondes extérieurs, et dans nos propres mondes intérieurs, un bouillonnement d’énergie lié aux idées, à leurs mises en pratique et à leur diffusion, pourrait ressembler à un véritable tourbillon.
Combinée à l’énergie de Mars en Bélier (affirmer son territoire), cette frénésie peut faire beaucoup de bruit. Nos neurones, nos nerfs et nos muscles ne seront sans doute pas au repos...

Dans ce foisonnement d’idées et de facettes du visible, de pertinences ou de masques (voire de mensonges, de manipulation ou de trahison : l’opposition Mercure / Pluton lors de la Pleine Lune du 1 juin pourrait révéler certains côtés sombres, ou tordus de nos activités mentales), cette lunaison peut cependant offrir la possibilité d’un enrichissement de l’esprit.

Lors de la nouvelle lune du 16 mai 2007, Mercure sera à 11° du Gémeaux, lors de la pleine lune du 1 juin, c’est le Soleil qui viendra se poser à ce 11° Gémeaux. Le degré Sabian  [8] du 11° Gémeaux raconte : « Des territoires récemment défrichés offrent au pionnier de nouveaux horizons - Le dynamisme et la joie que suscite un nouveau début - « Après avoir conquis, dans une certaines mesure du moins, les énergies collectives et matérielles de la nature et de la société, le sujet se retrouve relativement « séparé » de son passé. Il fait face à l’avenir. À chaque pas en avant, il lui faut être à la hauteur de la situation. »

Le Soleil astronomique et symbolique est cette force qui éclaire, qui met de la lumière. Mercure est le messager, le porteur d’information, l’ARN messager des programmes et des plans... le messager entre les dieux et les hommes, entre les plans « supérieurs » et les plans « inférieurs », et inversement. Il est alors possible que durant cette lunaison, certaines informations (mercure 11° gémeaux) soient ainsi éclairées (soleil 11° gémeaux), et que certaines de nos questions trouvent alors réponses.

Avec ce passage mercure -> soleil, il me semble que nous pouvons très consciemment « utiliser » cette lunaison pour poser une question à la nouvelle lune (envoi, mercure) et recevoir (voir, soleil) la réponse qui pourrait nous revenir durant la pleine lune (synchronicités, rêves, événements, courriers...).
Cela pourrait être également une manière de rester bien canalisé durant cette lunaison, de suivre le fil d’une intention personnelle, afin de ne pas se laisser emporter par le tourbillon.

 

multiplier les liens, se rencontrer

Le signe des Gémeaux est également signe des multiplications, multiplication des directions, multiplications des contacts, multiplications des expériences dans l’espace proche, multiplications des connaissances (curiosité), multiplication des attirances.
Alors que la planète Vénus est entrée en Cancer depuis le 9 mai 07, cette énergie de multiplication peut alors se combiner au besoin de se sentir « en famille » que diffuse l’énergie de Vénus en Cancer. En cancer, nous cherchons parfois un abri, un lieu où notre vigilance peut aller se reposer et où une sensation de douce sécurité pourrait nous bercer.

Lors de la nouvelle lune Vénus en Cancer est en trigone au Noeud Nord en Poisson. Les signes d’eau ont cette particularité de nous relier les uns aux autres, de nous faire ressentir le liant sensible (eau) de nos constitutions. Ce qui différencie les deux signes Cancer et Poissons sera une histoire d’échelle : en Cancer, nous pouvons être en relation avec un environnement proche (famille, amis proches, groupes qui « font famille »...) où nous partageons une certains « sensibilité », ou en relation avec un ensemble dont nous connaissons les limites (villes avec panneaux entrée / sortie, départements avec les pointillés qui le délimite sur la carte, pays et traits pleins...). Cette frontière, réelle ou sensible, ce dedans / dehors a pour fonction de nous donner le sentiment que « dedans », nous serions à l’abri, chez nous, entre nous.
Dans le signe du Poisson, dont la vocation est d’Unir le Tout, de rassembler, toutes ces limites, séparations et sous-groupes se sont dissous dans le grand océan du vivant, et les liens que nous créons seront alors beaucoup plus vastes et élargis. Ils rejoignent alors quelque chose d’infini (sentiments cosmiques, sentiments d’être lié à toute l’humanité, etc).
Le programme de l’énergie Poisson : « Faire du deux Un ».

Ces deux échelles de « reliant » peuvent ainsi jouer un rôle durant cette lunaison dans notre manière d’évoluer avec d’autres personnes. Peut-être serons-nous amenés à nous retrouver en « petits » groupes, avec peut-être la curiosité de nouer de nouveaux contacts (gémeaux), tout en étant sensible à de plus grands groupes (poisson) et à des énergies qui nous sensibilisent à l’infini de nos lieux communs, au palpitant d’une âme commune (poisson).
Si par exemple, tout à coup, toutes les personnes, absolument toutes les personnes du monde faisaient une minute de silence pour la paix dans le monde en faisant la paix dans leur coeur, nous serions pleinement dans cette énergie poisson. Si nous trouvions un jour un lieu de rassemblement où il n’y ait pas l’ombre d’une différence ni l’ombre d’un doute, alors, nous serions sans doute très puissants...

Nous pouvons cependant aussi profiter (et diffuser) cette énergie en faisant de bons petits repas entre amis (cancer = lune = nourriture) et partager quelques douceurs et tendresses.

Vénus est en Cancer du 9 mai au 5 juin 2007, tandis que Mercure traversera ce signe du 30 juin au 4 août 2007. Mercure y effectuera d’ailleurs une rétrogradation durant la prochaine lunaison (juin / juillet) et nous aurons alors l’occasion d’observer comment notre sensibilité, nos sentiments d’appartenances et nos besoins émotionnels pourraient alors vivre quelques modifications, voire quelques remous... Nous en reparlerons.

Durant cette période où l’énergie Cancer est éveillée, nos imaginaires pourraient également se sentir animés d’un certain foisonnement, le lien au signe du Poisson amplifiant les énergies d’inspiration et d’intuition.
Suivez le guide... et si l’inspiration poétique arrive, n’hésitez-pas !!

 

ne pas se perdre ...

J’avoue que cette lunaison semble complexe, à la fois très riche et porteuse d’élans nouveaux, mais embrouillée dans un ensemble de dynamiques plus ou moins conscientes dont nous découvrirons certainement, au fil des mois, la teneur.
J’avoue aussi que son écriture fourmillante n’échappe pas à l’air du temps... mais j’espère qu’elle continue d’éclairer quelques repères et d’offrir certains points d’appuis.

Le côté tendu, semblant contenir de nombreux pièges :
- celui de la menace vitale (ou vécue de manière vitale), « c’est moi ou toi », avec les risques d’accès de colères et d’agressivités,
- celui d’une confusion générale sur le plan des idées, des croyances, des combats de Vérité, des miroirs et des alouettes, où au final, l’on ne sait plus quoi penser, ni dans quelles réalités nous évoluons.

Les signes activés durant cette lunaison, bélier, taureau, gémeaux, cancer sont les quatre premiers signes du zodiaque. Ils nous amènent parfois à faire l’expérience du monde « sans recul », en étant dedans, pleinement investis, mais aussi en étant prisonnier de l’événement et de ses effets superficiels. Ces énergies tendent à réagir parfois du tac-au-tac aux circonstances (en bélier avec une réaction par l’action, en taureau avec une réaction par la préservation de ses possessions ou de son bien-être, en gémeaux avec une réaction de mimétisme ou de fuite, en cancer avec une réaction émotionnelle parfois pleine de susceptibilité, ou une réaction de repli).

Bien qu’il soit effectivement nécessaire et sain d’avoir un Moi actif (bélier), conscient de ce qui est bon pour lui (taureau), capable de communiquer, de penser et de tisser des liens (gémeaux) et susceptible de se sentir appartenir à des groupes ou à des familles où il se sent à l’abri et confortablement inspiré... il me semble que cette lunaison pourrait nous demander d’être à la fois pleinement acteur au milieu des énergies ambiantes et de savoir prendre des initiatives dynamiques, mais aussi de savoir garder un immense recul, de maintenir une vision globale des paysages en mutation, et une conscience de Soi affranchie de l’univers des phénomènes et du bruit que cette lunaison risque d’activer autour de nous et en nous.

Elle pourrait ainsi nous donner l’occasion de nous surpasser, de nous dépasser, de nous transcender... où en profitant d’une revitalisation générale (mars en bélier), nous pouvons préciser certaines directions à nos vies, nouer des contacts, communiquer largement, créer peut-être des affinités nouvelles et enrichissantes,

et poser une question...

Bonne lunaison :-)))
Sandrine Delrieu

 

NOTES
1. Voir l’article du Nouvel Observateur sur www.encoursdemonde.net/spip.php?article106
2. Yoga-Sutra de Patanjali. Bernard Bouanchaud. Édition Agamat. page 23.
3. Yoga-Sutra de Patanjali. page 84.
4. Voir LDL N°4, pages 1, 2, mise en ligne gratuitement sur www.madrugada.fr
5. Les personnes qui font un travail sur elle, en psychothérapie, en analyse ou autre, rencontrent généralement cette culpabilité sur le chemin de leur travail : culpabilité de vivre, culpabilité des désirs, culpabilités conscientes ou inconscientes provoquant inerties, auto-punition, dépressions...
6. Voir les premières LDL n°01, LDL02 + LDL30 p2. (mises en ligne gratuitement)
7. Voir LDL07 p4,5 sur le passage Taureau -> Gémeaux, la période castration orale et le passage de la bouche qui avale à la bouche qui parle.
8. Dane Rudhyar. Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque. Ed Librairie de Médicis.

 

les degrés Sabian, par Dane Rudhyar.
Tiré des « Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque ». Ed Librairie de Médicis. 1985.
Les degrés Sabian sont des images et symboles associés à chaque degré du zodiaque. Ils ont été développés, notamment, par Dane Rudhyar, pour qui chaque degré évoque une étape de l’expérience humaine. En tant qu’astrologues, nous les consultons pour enrichir notre compréhension et intuition des subtilités de la roue du zodiaque.

nouvelle lune : 16 mai 07, en taureau, 25°33, 19:28 TU
 

SOLEIL et LUNE en Taureau, 26 °

L’image : Un bel hidalgo donne la sérénade à sa bien-aimée.
Dominante : La ritualisation de nos désirs personnels.
« Nous découvrons, à ce niveau, le jeu des valeurs collectives au moment où elles nous touchent et viennent en fait étayer notre individualité en lui procurant une base solide au sein d’une tradition. Nous sommes encore attachés à ces valeurs grégaires, auxquelles nous « appartenons ». Il s’agit néanmoins d’un stade obligatoire si l’on veut vraiment se distinguer de l’ensemble qui nous englobe. La musique et les rites de séduction communément reçus sont le produit d’une culture, pourtant chacun a la possibilité de les utiliser pour satisfaire librement ses désirs. »
« Ce premier degré montre la personne humaine utilisant son rang individuel pour satisfaire ses exigences et acquérir le sentiment de son identité au plan social. C’est, sous son aspect le plus agréable, le fait de JOUER UN RÔLE ».

 

 


 

pleine lune : 01 juin 07, en gémeaux / sagittaire, 10°12, 1:05 TU
 

SOLEIL en Gémeaux, 11 °

L’image : Des territoires récemment défrichés offrent au pionnier de nouveaux horizons.
Dominante : Le dynamisme et la joie que suscite un nouveau début.
« Ces « nouveaux territoires » peuvent désigner tout domaine d’activité potentielle encore inexploré, quel que soit le niveau — matériel, moral, mental ou supra-mental. Présentement, nous avons affaire au troisième niveau d’expérience, auquel l’individualité, ou le tempérament personnel du moins, se manifeste de manière plus précise. Les phases précédentes se sont étendues sur les facultés du mental, lequel, à ce stade, reposait essentiellement sur les modèles collectifs d’une culture et d’une société. Désormais, à ce troisième niveau, nous découvrons l’être humain alors qu’il s’attache principalement à lutter pour son individuation pleine et entière. Or il lui faut comprendre tout d’abord qu’il a atteint un champ de conscience et d’activité potentiellement vierge. Il sort des sentiers battus, et tout peut arriver. »
« Après avoir conquis, dans une certaine mesure du moins, les énergies collectives et matérielles de la nature et de la société, le sujet se retrouve relativement « séparé » de son passé. Il fait face à l’avenir. À chaque pas en avant, il lui faut être À LA HAUTEUR DE LA SITUATION. »

LUNE en Sagittaire, 11 °

L’image : Dans l’aile gauche d’un temple archaïque, une lampe brûle dans un récipient à forme humaine.
Dominante : De nos jours il est important de « retrouver son corps » pour compenser les effets d’une intellectualisation trop prononcée.
« Cette suite symbolique nous met en présence d’images assez mystérieuses, auxquelles néanmoins on peut attribuer un sens très profond et important pour notre époque. L’énoncé original de cette scène parlait « d’illumination physique » ; toutefois il semble traduire, en termes d’aujourd’hui, le besoin de se fier à « la sagesse du corps » dont on fait grand cas dans différentes techniques modernes comme la psychothérapie de la Gestalt. Il s’agit de déconditionner une conscience emprisonnée dans des stéréotypes intellectuels entièrement subordonnés à des valeurs quantitatives prônant « l’objectivité » et la conformité aux normes culturelles. »
« C’est le premier stade d’un enchaînement provocateur. Il insiste sur l’importance, pour nombre d’intellectuels, de SE FIER AUX RÉACTIONS DE LEUR ORGANISME lorsqu’ils relèvent les défis de l’existence. »