les lettres de lunaison conscience de l'évolution
évolution de la conscience
revue à parution mensuelle
madrugada edition, association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
lettre de lunaison n° 36
par Sandrine Delrieu
nouvelle lune : 11 septembre 07, en vierge, 18°25, 12:45 TU
pleine lune : 26 septembre 07, en balance / bélier, 03°20, 19:46 TU
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La nouvelle lune a lieu en vierge, deuxième signe de terre. Lors de la pleine lune, le soleil sera en balance, signe d’air, et la lune en bélier, signe de feu.

dynamiques de cette lunaison

En cette rentrée professionnelle pour certains, rentrée scolaire pour d’autres, rentrée dans l’automne (21 septembre) pour tous sous nos latitudes, rentrée dans les (bonnes) résolutions du grand signe Vierge de la Raison et des Précautions à prendre pour améliorer le futur, cette lunaison du mois de septembre 2007 présente plusieurs tonalités : la continuité d’un travail qui a pu démarrer début Juillet 2007 en ciblant nos schémas affectifs et notre rapport au corps (voir lunaison précédente, LDL35), et un ensemble quelque peu explosif d’énergies qui pourraient accompagner une réorientation profonde de notre parcours et de nos désirs.

Cette lettre va ainsi continuer d’explorer certains processus qui pourraient traverser actuellement nos réalités psychiques, émotionnelles, relationnelles...

La période actuelle étant largement influencée par l’énergie de la planète Saturne (multiples conjonctions à Vénus, entrée dans le signe de la Vierge et approche de la conjonction au Noeud Sud), certaines ressources liées à cette énergie pourront être d’actualité : effort personnel, endurance, lucidité, maturité émotionnelle, autonomie et connaissance de soi.

L’entrée de Saturne en Vierge peut également inviter à ne pas rechigner devant les efforts intellectuels (lien avec la planète Mercure, l’intellect) pour passer de vagues notions sur tel ou tel sujet à une connaissance susceptible de préciser ses contenus et d’y élaborer une forme de maîtrise. Cette lettre, pour honorer l’entrée de Saturne en Vierge, va donc s’attaquer à un sujet quelque peu ardu...

 

du côté du complexe d’oedipe...

L’énergie de Saturne a l’art de mettre en évidence certains événements psychiques ne se sont pas, ou mal, réalisés en leur temps lors des initiations de la petite enfance, pour des raisons aussi multiples qu’un contexte familial complexe, de parents eux-mêmes immatures et névrosés compensant leurs blessures par des comportements rigidifiés ou pervers, d’événements brutaux et douloureux (décès, accidents, guerres, exils, faillites...), voire de « valises » qui courent de générations en générations et « plombent » notre propre épanouissement.

 

POSITION DES PLANÈTES
NOUVELLE LUNE DU 11 SEPTEMBRE 2007


POSITION DES PLANÈTES
PLEINE LUNE DU 26 SEPTEMBRE 2007

 

 

 


Dans l’ambiance de la conjonction Vénus - Saturne, et selon l’histoire de chacun, les possibles « batailles » menées au coeur de situations susceptibles de pointer certaines fragilités personnelles peuvent être actuellement plus ou moins dures, effrayantes et exigeantes. Elles n’en comportent pas moins un potentiel de transformation puissant : en alchimie, le chemin de Saturne est lié à la transformation du Plomb en Or.
Rien en ce domaine de la Création ne se fait sans notre participation consciente : il s’agit parfois, à l’âge adulte, de recréer des pans entiers de notre personnalité qui n’ont pas pu se développer harmonieusement durant nos enfances.

Pour mieux connaître notre propre psyché, ses blocages et ses ressources, une piste de recherche du côté du Complexe d’Oedipe pourrait être actuellement pertinente. Deux raisons à cela :
— Il est fort possible que la présence de Saturne en Lion depuis le mois de Juillet 2005 ait pointé depuis deux ans ce processus psychique particulier. Le signe du Lion interroge cette question de l’Amour, de cette palette de ressentis qu’une autre personne peut éveiller dans notre coeur, pourquoi, comment.
— La conjonction Vénus - Saturne en Lion qui étire ses effets de Juillet 07 à Octobre 07 [1] pointe de manière assez évidente nos schémas affectifs, la manière dont nous nous sommes structurés affectivement dans notre enfance, et le type d’événements amoureux et relationnels que cela nous donne aujourd’hui à vivre - et parfois à subir.

Cette période Juillet 07 --> Octobre 2007 peut ainsi être l’occasion d’explorer ce complexe d’Oedipe, d’en affiner le processus, et d’oeuvrer éventuellement plus consciemment dans certaines étapes qui nous sembleraient fragiles.

Aborder ces domaines psychologiques et psychanalytiques est parfois rebutant, le vocabulaire employé semblant parfois abstrait ou complexe : comme toute initiation, c’est à l’instant même où nous sentons un lien vivant entre ce qui est décrit par l’observation d’une lignée de chercheurs (les psys...) et nos vécus personnels, nos souvenirs, nos rêves, nos émotions, nos événements, nos processus symboliques... que certains déclics surviennent, et parfois qu’un enchaînement d’événements, de rêves et de ressentis nouveaux émergent. Les rêves sont d’une importance capitale lorsque nous essayons de travailler au niveau de l’inconscient, leur enchaînement pouvant parler de manière très explicite des mutations qui sont en train de se réaliser.

Ici, quelques pistes concernant le complexe d’Oedipe. Si ce chantier vous semble actuellement pertinent pour oeuvrer créativement dans vos schémas affectifs, de nombreux ouvrages (et bien sûr une thérapie) permettront d’éclaircir ce domaine.

 

Les notes ci-dessous sont issues du site http://psychiatriinfirmiere.free.fr.

Histoire d’Oedipe
« Laïos est roi de Thèbes. Marié à Jocaste, il a un enfant. Les oracles annoncent que cet enfant, quand il aura grandi, tuera son père et épousera sa mère. Laïos décide de tuer l’enfant. Il confie cela à un guerrier qui, au lieu de le tuer, va le perdre dans la forêt. L’enfant, les chevilles percées et attachées par une corde à un arbre provoque la pitié d’un couple de bergers qui le recueille et le confie à Polybe, le roi de Corinthe. Il reçoit alors le nom d’Oedipe qui, en grec, signifie « pieds gonflés ». A la puberté, il va à la ville de Thèbes, sans savoir qui il est. Il rencontre un vieillard (le roi de Thèbes, son père) qui, pour ne lui avoir pas laissé le passage, le combat. Oedipe le tue, sans savoir qu’il vient de tuer son père. A l’entrée de la ville, il rencontre le Sphinx femelle à l’entrée de la cité : elle a l’habitude de poser des énigmes aux habitants qui ne doivent la vie sauve qu’à une bonne réponse. Jusque là personne n’a pu répondre à ses énigmes. Le sphinx pose la devinette suivante à Oedipe : « Quel est l’animal qui marche à 4 pattes le matin, à 2 pattes à midi et à 3 pattes le soir ? » Oedipe trouve la réponse (« l’homme ») et rentre en héros à Thèbes. La ville lui propose de monter sur le trône, puisque le roi Laïos est mort. Il épouse Jocaste, la femme du roi, en a des enfants et durant 15 ans vit le bonheur. Puis la peste ravage la ville qui demande pourquoi à l’oracle : « La peste est la punition des Dieux vis à vis d’un parricide et d’un inceste ». Oedipe découvre qu’il s’agit de lui. Il se crève les yeux de désespoir, Jocaste se pend. Antigone sa fille l’accompagne hors de la ville qui l’a chassé. Ils partent tous les deux trouver asile à Athènes. »

 

Comme il est impossible en quelques paragraphes de raconter toutes les étapes et subtilités du complexe d’Oedipe dans l’évolution d’un être humain, voici certaines citations (issues du même site) dont la « méditation » pourrait provoquer certains « déclics ».

- Le complexe d’Oedipe est un ensemble organisé (et structurant) de désirs amoureux et hostiles que l’enfant éprouve à l’égard de ses parents.
- Freud situe le complexe d’Oedipe dans la période entre 3 et 5 ans. Il joue un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et dans l’orientation du désir humain.
- Chez le garçon, comme chez la fille le premier objet d’amour, c’est la Mère...
- Stade phallique : L’enfant va découvrir que le père a une fonction bien particulière. Il juxtapose la fonction parentale du père vis à vis de lui, avec la fonction d’amant vis à vis de la mère. Risque de repli sur soi.
- Attitude de colère et d’admiration pour ce personnage qui accapare la mère.
- L’enfant découvre que certaines personnes ont un pénis et d’autres n’en ont pas. Il y a donc ceux qui en ont, et ceux qui n’en ont pas.
- Les 4 fantasmes originaires : Fantasme de la scène primitive. Fantasme de séduction. Fantasme de castration. Fantasme d’abandon. Souvent, dans le fantasme de la scène primitive, l’enfant s’identifie à l’un des partenaires. Soit le « passif », soit l’« actif ». Il l’interprète alors comme une scène agressive de laquelle résulte pour lui un fantasme d’abandon énorme. Période de cauchemars, de besoin d’affection de la part de la mère... Il demande à dormir dans le lit parental. Naissance du voyeurisme, visuel et auditif. Il recherche les différences anatomiques, il aime montrer son corps et se promener tout nu. Besoin de savoir, il cherche un objet précieux, inaccessible. Ce sont les prémices de la curiosité intellectuelle. L’enfant reste dans un registre très narcissique. Il investit le pénis de plusieurs qualités, entre autres celle de toute puissance. Avec l’importance qu’il accorde au pénis, survient la peur de le perdre, l’angoisse de castration.
- L’angoisse de castration se focalise sur le père, celui-là même qui le rivalise auprès de la mère, celui qui « force » la mère à le délaisser (quand le père réel est inexistant, le rôle paternel est tenu par tout ce qui sépare la mère de l’enfant, que ce soit le travail dans la journée, un membre de la famille...). La figure paternelle va récupérer à son compte toutes les anciennes frustrations vécues par l’enfant.
- Il n’y a aucune possibilité d’égalité entre les adultes et l’enfant. Il ne peut y avoir qu’un renversement de rôle, et appropriation des attributs supposés spécifiques à l’adulte (par ex : mettre les chaussures de papa, le collier de maman ...).

 

- CHEZ LE GARçON. Si vers 3 ans sont apparues chez lui des sensations de plaisir liées au pénis, l’enfant prend soudain conscience des relations sexuelles susceptibles de les provoquer. Il assimile ces relations à ce qu’il imagine se passer entre le Père et la Mère. Il reste attaché à son premier Objet d’amour, la Mère, mais cet attachement n’est pas entier. Il est ambivalent. Il veut la séduire. Il rencontre par là-même la rivalité de son Père, qui de modèle devient rival. De cette rivalité surgit la menace fantasmée et angoissante de castration. Hostilité aussi envers la mère qui lui a demandé beaucoup (aux divers stades) contre peu en échange estime-t’il. Rivalité envers le Père, jalousie de sa puissance, de ses droits. Il y mêle l’amour, l’attachement : cette affection plus la crainte de la castration fait qu’il vit un « Oedipe inversé » où, paradoxalement, il a des phases durant lesquelles il séduit le Père et rejette la Mère (créant cette impression de « complicité » entre hommes). Position homosexuelle. Etre en bons termes avec le Père atténue indéniablement la peur de castration. C’est l’identification au Père qui permettra au garçon de sortir de l’Oedipe.
La menace de castration est la sanction du Père dans la rivalité qui l’oppose au garçon pour la possession de la Mère. S’il veut échapper à cette situation, l’enfant doit renoncer à la satisfaction sexuelle avec sa Mère. Le garçon sort du complexe d’Oedipe du fait de la menace de castration. Par identifications à la Mère et au Père, l’enfant se constituera sa propre personnalité. La part d’identification au Père le conduira à chercher comme lui (mais il ne le sait pas encore) une femme hors du cercle familial.
Il y a donc eu d’abord désir Oedipien, tempéré par la menace fantasmatique de castration. L’angoisse est surmontée grâce à l’identification au Père, mettant fin à l’Oedipe.

 

- CHEZ LA FILLE. Comme chez le garçon, la Mère est le premier Objet d’investissement libidinal. Mais à l’inverse du garçon, c’est l’angoisse de castration qui fait entrer la fille dans le processus Oedipien. Il y a changement d’Objet d’amour. L’ambivalence de la fille vis-à-vis de la Mère est plus accentuée que celle du garçon vis-à-vis du Père. L’agressivité de la fille vis-à-vis de la Mère s’est élaborée au cours des expériences de sevrage, permettant plus facilement l’Oedipe inversé. En même temps que le désir de posséder un pénis, apparaît le rejet de la Mère « castrée ». Puis cela se transforme en rejet du désir d’avoir un pénis comme le Père, évoluant ensuite en désir d’avoir un enfant du Père à la place de ce pénis qu’elle n’a pas. La Mère est alors une rivale et un Objet d’identification. Phénomènes plus compliqués, plus forts. Sentiments très mitigés vis-à-vis de la Mère, présence de culpabilité. L’Oedipe peut traîner plus longtemps car il n’y a aucune menace extérieure pour l’obliger à arrêter la séduction vers le Père.
Elle renoncera par identification à la Mère, lui permettant enfin d’habiter sa personnalité féminine.

Plusieurs notions importantes sont en jeu dans le Complexe d’Oedipe, dont « La Loi du Père » : Le Père sera ici le médiateur. Il interviendra comme privateur, séparant l’Enfant de la Mère. Il interdit à l’Enfant de fusionner avec la Mère (« tu ne coucheras pas avec ta mère! », c’est l’interdit de l’inceste) et retient la Mère de s’approprier son Enfant. Cet interdit s’appelle : la Loi du Père. Pour que ceci s’effectue, il faut que la fonction du Père soit reconnue par la Mère, puis par l’Enfant. La place de séparateur doit donc exister déjà dans l’esprit de la Mère. Cet interdit va libérer l’Enfant, car désormais séparé de la Mère, il pourra disposer de lui-même. Il va s’orienter vers l’avenir et s’engager dans la quête d’objets affectifs de plus en plus éloignés de l’objet initial, à l’extérieur de la famille. »

 

Dans le mythe précité, il est dit d’Oedipe qu’il ne se connaît pas : il ne connaît ni ses origines ni sa place parmi les personnes qui l’ont mis au monde. Si personne dans notre enfance ne nous explique clairement (qui fait quoi, qui est qui, qui peut quoi) - et parfois ne vit clairement (névroses, doubles vies...) - comment savoir, comment se repérer, passer les étapes... comment pouvoir se construire ?

Au vu de ces quelques paragraphes l’on peut voir que mille et une situations, des plus courantes au plus extrêmes, peuvent affecter ce fragile processus, pourtant essentiel à notre possibilité de « disposer de nous-mêmes » et à pouvoir mener notre vie, épanouissante et mature. Mère qui fait de son enfant un Enfant-Objet, Père qui laisse faire cette situation fusionnelle (peut-être travaille-t-il tout le temps dehors, peut-être est-il lui-même complètement inhibé devant sa femme-mère, etc), Père absent (pas d’agent séparateur, pas de modèle paternel, etc), Mère absente et Père qui joue le rôle maternel, incestes et abus de l’enfant, interdits structurants inexistants, parent du même sexe que l’enfant qui écrase l’étape de rivalité nécessaire au processus, ou parents qui manipulent cette rivalité en capturant l’enfant dans les conflits de leurs propres couples en faisant de lui un allié contre l’autre parent, parents qui méprisent les jeux de l’enfant (faire comme papa, comme maman...), qui humilient les tentatives de séduction, etc...

 

Toutes les étapes du processus peuvent alors présenter une fixation mortifère : resté fixé(e) à la Mère, resté fixé(e) dans une rivalité impossible à dépasser, resté fixé(e) dans l’ambivalence (amour / haine), ne pas trouver la résolution de la situation « nécessité de rivalité / nécessité d’identification », rester fixé(e) dans la jalousie envers les personnes de notre propre sexe, dans la peur de perdre l’amour et dans la culpabilité, rester plongé(e) dans l’angoisse de castration, dans l’angoisse d’abandon... Bref être émotionnellement figé(e), et rester fixé(e) dans nos structures affectives à l’âge de 3, 4, 5 ans... quel que soit notre âge actuel, 20, 30, 50 ou 90 ans...

Un complexe d’Oedipe non résolu est une source de grandes souffrances, d’angoisses, de dévitalisations, de névroses - voire de psychoses - des plus dramatiques.
Françoise Dolto note que « la poussée pubertaire, accompagnée du développement rapide des organes génitaux et des caractères secondaires de la sexualité, fait revenir dans l’imaginaire les représentations du désir connues au moment de l’imminente castration oedipienne : comme si l’adolescent et l’adolescente avaient à revivre en quelques jours ou en quelques semaines les étapes signifiantes de leur évolution de l’enfance jusqu’à l’Oedipe.
Les aptitudes technologiques et culturelles, acquises au cours de la période de latence, pour le plaisir narcissique et aussi, parfois, pour triompher sur un ou une rivale, se remanient et s’orientent vers ce qu’on appelle une vocation. C’est le désir à but lointain de consacrer ses forces ou de prendre des armes pour jouer un rôle en société. « Sortir » est le mot magique des adolescents. Ils désireraient assumer leurs besoins et vivre ailleurs qu’au foyer familial, non seulement afin d’être disponibles et libres de fréquenter des amis de leur sexe et de l’autre sans surveillance, mais aussi pour prendre part à la vie civique et sociale. La valeur du travail continue à être jaugée selon le plaisir qu’on y prend, quel que soit l’effort à y consacrer : mais l’argent que des tâches et des efforts, même déplaisants, permettent d’acquérir, pour des fins immédiates de libération de la tutelle parentale se met à compter aussi : c’est le travail alimentaire, comme on dit. »[2]

Cet extrait de Françoise Dolto permet de pointer deux éléments : dans le chantier actuel sur nos schémas affectifs, certains souvenirs d’adolescence (plus directement accessibles que les souvenirs de 3 à 5 ans) nous parlent directement de la manière dont nous avons pu traverser le complexe d’Oedipe dans la petite enfance. Répétitions possibles de certains scénarios dont l’analyse peut nous permettre d’en retrouver les racines et leurs conséquences. Les rêves quant à eux se chargent souvent de nous parler des profondeurs et des emprises.
La deuxième partie de cet extrait - le désir à but lointain, la séparation active exprimée par le désir de « sortir », la notion de vocation et de valeur du travail, le travail comme outil d’affranchissement envers la tutelle parentale, vecteur d’autonomie, pourrait alors parler du passage de signe du Lion au signe de la Vierge, passage que Vénus et Saturne effectuent ensemble en ces mois de septembre et octobre 2007. Les dessins en bas de page rappellent les lieux célestes et la date de la 1ère et de la dernière conjonction Vénus - Saturne.

 

 
02/07/07
vénus conjoint saturne au 23° lion
... 09/09/07
vénus redevient direct
15/10/07
conjonction finale vénus - saturne - noeud sud

 

Dans la continuité du travail démarré début Juillet 2007, la planète Vénus est redevenue directe le dimanche 9 septembre 2007 à 17° du Lion. Ce moment-là peut représenter un tournant, l’entrée dans une dynamique où de nombreux éléments (souvenirs, rêves, visions nouvelles...) peuvent peut-être commencer à s’extérioriser et à émerger plus clairement à notre conscience. Un peu comme une sortie de l’obscurité de notre inconscient, et un passage à la lumière --> Ressentir, Voir et Agir.
En cette période, il est ainsi possible qu’une ou plusieurs situations relationnelles (à l’intérieur de la famille ou en dehors) nous permettent d’acter enfin certaines étapes du Complexe d’Oedipe qui auraient pu rester fixées sur un de ces points. Nul doute que la libération d’énergie (libido) peut alors être puissante et que les vécus affectifs et sociaux peuvent s’en trouver fortement améliorés.

Suivant l’histoire de chacun, la période peut être plus ou moins intense en événements (le complexe d’Oedipe peut aussi être résolu...). Mais que ce soit pour soi-même, pour son entourage, des enfants, des amis ou un environnement plus large, le fait de savoir (re)connaître les étapes du Complexe d’Oedipe, les fruits de sa résolution comme les pathologies angoissantes et souffrantes de sa non-résolution est un vecteur d’humanisation, de profonde compréhension de l’être humain, et permet parfois d’éviter des erreurs de comportements lorsqu’un de nos proches (notamment les jeunes) est en train d’accomplir une des étapes de ce précieux processus.

 

Les portes qui s’ouvrent lors de la résolution dans l’inconscient du complexe d’Oedipe et de son corollaire le complexe de castration sont immenses : épanouir relations et projets, vivre avec un, une compagne, autonomie, socialisation, participation... échanges :

 

« Échanger, c’est céder moyennant contrepartie. Dans la représentation scientifique et consciente du phénomène, l’échange est soumis à une loi : la loi de l’offre et de la demande, celle-ci stipulant qu’il ne peut y avoir d’échange qu’à la seule condition qu’il y ait, d’un côté, une offre et, de l’autre, une demande. Il en va tout autrement dans l’inconscient psychanalytique. Pour la psychanalyse, il ne peut y avoir d’échange véritable que si et seulement si, il y a acceptation d’une loi, proprement inconsciente celle-là : la loi de l’interdit de l’inceste, c’est-à-dire acceptation de la castration symbolique.
Disons, pour reprendre la métaphore économique, que dans l’inconscient, l’échange véritable suppose justement qu’il n’y ait aucun demandeur, mais uniquement des offreurs. (...) Il y a bien échanges dans l’inconscient, c’est-à-dire que l’on y cède bien moyennant contrepartie, mais ce qui s’échange n’a pas de prix. Ce qui se cède, ce ne sont pas des marchandises, ce qui se donne en contrepartie, ce ne sont pas d’autres marchandises ou de l’argent. Ce qui se cède c’est le narcissisme, c’est-à-dire l’identification à l’être, captivant irrémédiablement le sujet vers la mort, ce qui se gagne, c’est le souffle de la vie. »[2]

À ce processus, nous devons la Vie.
Si nous pouvions mesurer l’état inconscient des individus adultes de notre société en relation avec l’éclairage de ce complexe d’Oedipe, nous serions sans doute effarés de la quantité de souffrances, de névroses, de psychoses, de relations affectives difficiles ou absentes, de vies ratées, de violences liées à sa non-résolution dans l’inconscient.

 

Les 12 signes du zodiaque sont des étapes sur le chemin de l’évolution, de la croissance et de l’humanisation.
Chacun d’eux - ainsi que le passage de l’un à l’autre - semble cibler une de ces étapes. Le signe du Lion, peut-être par sa tendance au narcissisme (fixité), à l’absolu (régner), mais aussi par sa mission de créativité, semble pointer de nombreux contenus liés à ce complexe d’Oedipe (et ce jusque dans sa résolution : l’identification qui nous permettra de disposer de nous-mêmes et de jouer notre propre rôle...).

Cette lettre peut apporter quelques indices pour enquêter en soi-même, même s’il ne s’agit ici d’une rapide présentation à approfondir — et surtout à vivre. Saturne désormais en Vierge durant deux ans ne manquera sans doute pas de révéler — entre la facette psycho-somatique du signe de la Vierge et toutes les restrictions et limitations qui peuvent concrètement s’y incarner — de nous faire sentir si les formations de notre inconscient présentent des complexes non résolus pouvant alors prendre des tournures pathologiques.

 

environnements de la nouvelle lune

La planète Vénus est redevenue directe le 9 septembre 2007 au 17° Lion. Pour information, lors de la Pleine Lune du 9 août 2006, le Soleil était également à ce 17° Lion. Un petit tour autour de cette date pourra éventuellement offrir quelques informations intéressantes.

Durant toute cette lunaison de septembre 2007, la planète Vénus en Lion sera en opposition à la planète Neptune en Verseau. La présence énergétique de Neptune peut accentuer les passages d’information entre inconscient et conscient, ouvrir la porte des rêves et des intuitions, et par l’effet humanisant des réparations et des guérisons affectives, permettre une large et sincère ouverture de coeur. La fluide énergie de Neptune peut aider à dissoudre certains attachements nocifs (fixités), certaines systèmes de défense, et donner aux sentiments de coeur une réelle dimension spirituelle, océanique (Neptune).

Le contact Vénus - Neptune tend à nous sensibiliser à ce que l’on appelle un amour impersonnel, inconditionnel, affranchi de tout attachement possessif, type « donner sans attendre en retour ». De nombreuses personnes en quête spirituelle cherchent, à travers des méditations, des stages... à vivre des initiations « transpersonnelles » qui leur permettraient d’entrer en contact avec des plans plus profonds de leur être, de guérir leurs blessures et de vivre dans l’amour absolu. Au vu de ces ambitions relationnelles, l’on peut aisément imaginer que si le complexe d’Oedipe n’a pas été résolu, les espoirs et les discours peuvent rester bien loin de la réalité psychique, émotionnelle et relationnelle d’un aspirant à la paix du coeur. La quête d’un état intérieur d’amour absolu risque de réveiller dans l’inconscient le schéma du premier amour absolu, la Mère...
La facette « illusions et brouillards » de l’énergie de Neptune peut alors envahir la psyché de certaines personnes qui, sans (sa)voir que cette « belle » quête d’amour absolu réveille quelque chose de monstrueusement douloureux et risqué (régression), pouvant les les noyer dans une multitude de ressentis, de perceptions, de cauchemars, de douleurs... les laissant telle une embarcation dans la tourmente de tempêtes affectives, démunies et sans gouvernail, processus menant parfois à la folie. Une quête spirituelle menée sans la boussole de l’enquête psychologique peut être très déstabilisante, ou finalement ressembler à un pansement sur une plaie affective (chercher l’amour absolu) qui suppure de plus en plus et finit par nous isoler au lieu de nous relier.

 

Mathieu 10:34
« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. »

L’on pourrait se demander si ces paroles de Jésus, les actes qu’elles suggèrent, et les processus qu’elles invitent à mettre en oeuvre dans l’inconscient, ne parlent pas justement de cette fonction du Séparateur et du complexe d’Oedipe. La connaissance de la psyché humaine et de ses processus vitaux ne date pas d’hier...

 

secousses et surprises

Lors de cette Nouvelle Lune du 11 septembre 2007, Soleil et Lune en Vierge sont en opposition avec Uranus en Poisson. Les planètes dites « transpersonnelles », Uranus, Neptune, Pluton sont physiquement invisibles à l’oeil nu d’une personne (ainsi invisibles à la conscience « superficielle »). Elles nous mettent en relation soit avec des plans collectifs (imprégnations par la culture, l’histoire, le transgénérationnel...), soit avec des processus de la vie inconsciente (mythes, symboles, archétypes, complexes...).
Lors de cette Nouvelle Lune, l’énergie Uranus en opposition à Soleil (conscient) / Lune (inconscient), pourrait « secouer » les passages d’informations entre les deux et nous aider à vivre des prises de conscience salvatrices (Voir), libératrices (s’affranchir de ce qui nous retenait en esclavage) et dynamisantes (nouveaux vécus, nouvelles sensations, nouvelles pensées, nouvelles rencontres, nouveaux dispositifs de vie...).

Ces notions d’affranchissement et d’éveil font partie des potentiels de la planète Uranus, à condition souvent de conduire ses effets parfois bouleversants dans les profondeurs de notre inconscient en vu d’y délivrer, si nécessaire, certaines dimensions émotionnelles profondément refoulées. Vécus en superficie, les effets de l’énergie d’Uranus pourraient certes provoquer des remous (crises, grande réactivité, pics de revendications « moi je » cherchant la différence, l’originalité, la liberté, déstabilisations) sans pour autant générer des changements positifs. Quand tout bouge, mais que rien ne bouge...

 

les uns et les autres
L’énergie d’Uranus provoquant souvent des événements rapides et brutaux, fulgurants, l’ambiance globale des relations pourrait être assez mouvementée durant cette lunaison. Les secousses ou changements personnels pourraient avoir des répercussions immédiates dans l’entourage, provoquant des réactions (ou actions) en chaîne, comme si l’ensemble de l’échiquier humain, inconscient et conscient, déplaçait ses pièces de jeu (et de « je ») et instaurait de nouveaux agencements personnels et relationnels.

Lors de la Pleine Lune du 26 septembre 2007, le Soleil sera en Balance et la Lune en Bélier, axe qui met en relief la dynamique Moi / L’autre, les questions de territoires psychiques et physiques, les dynamiques de désir, d’influences mutuelles et d’échanges.
Tout le travail actuel (début juillet --> octobre 2007) sur les schémas affectifs (conjonction Vénus - Saturne), éventuellement dans l’ambiance d’un travail sur le Complexe d’Oedipe, peut modifier profondément le type de relations que nous élaborons les uns avec les autres.
Peut-être, au cours de cette lunaison, serons-nous plus conscients de ce qui nous anime désormais dans les relations — et de la différence entre ce qui nous animait dans le passé et ce qui nous anime aujourd’hui.
Peut-être certaines relations, ou rencontres viendront-elles répondre aux nouvelles dynamiques de chacun. Peut-être certaines ruptures (Balance : le mariage et le divorce, les contrats entre deux personnes) viendront-elles témoigner que « rien ne peut plus être comme avant ». Peut-être certaines associations viendront-elles témoigner de nouvelles possibilités créatrices.

Les mouvements relationnels seront ainsi particulièrement intéressants à observer durant cette lunaison, les changements de place, d’expression, de vocabulaire, de ressentis, de désirs... et les rêves à ce titre, grâce aux processus inconscients dont ils témoignent, peuvent être d’un grand secours pour constater les étapes de notre propre évolution (la présence de la Lune Noire en Scorpion continuant d’accentuer cet accès aux plans inconscients - voir LDL34).

Pour offrir un peu de répit... l’énergie Balance de cette lunaison (Mercure en Balance, Soleil en Balance) peut également inviter à de nombreux échanges, des temps d’écoutes et de partages, des moments d’équilibres relationnels particulièrement bénéfiques pour recréer avec la parole et avec l’Autre, dans l’espace de la conscience et de la relation, des situations qui accueillent les renouveaux personnels dans une dynamique plus collective. Moments de reconnaissance mutuelle (Mercure en Balance, l’échange de paroles, la recherche d’harmonie).

Partager.
L’importance pour l’être humain de partager et de témoigner par la parole.

 

la croix mutable et les changements
L’ambiance de profonde « excitation » de cette lunaison liée à l’opposition Uranus - Soleil / Lune dans laquelle elle prend racine, pourrait également être amplifiée par la présence d’un grand carré en signes mutables (gémeaux - vierge - sagittaire - poissons).

 

 

Sur la plan collectif, les lettres de lunaison ont déjà abordé [4] le type d’ambiance que la forte énergie en Sagittaire (Jupiter Pluton) pouvait réanimer.

Depuis l’entrée de Pluton en Sagittaire en 1995, les voies (et voix) fanatiques se font entendre et agissent (ambiance de « croisades »). Elles expriment la quête Sagittaire (religere, retrouver l’Unité, le Sens spirituel de la vie) de la pire manière qui soit, les combats idéologiques (et religieux), la tienne contre la mienne, la mienne étant forcément la Vérité.
Concernant ce sujet, il semble que nous nous approchions effectivement d’un grand pic d’énergie alors que Jupiter va rejoindre Pluton en Sagittaire le 12 décembre 2007, juste avant que ces deux planètes passent ensemble dans le signe du Capricorne. L’énergie explosive qui pourrait s’en dégager (attentats, violences, explosions) semble commencer à se réanimer (série d’attentats kamikazes en Algérie, nouveau discours de Ben Laden, ambiance d’attentats de grandes envergure, etc). Les questions de pétrole (Pluton, les richesses souterraines) et de bombes atomiques (Pluton, l’atome) pourraient faire partie des domaines de crise.
Ces observations astrologiques n’apportent certes aucune solution pour calmer la folie et la rage humaine, ni pour comprendre la multitude d’intérêts cachés, d’accords, de manipulations... qui traversent les pays et les hommes.

Si ce n’est, dans le cas où l’on se trouverait dans des zones à risque (capitales, lieux-cibles) d’écouter ses rêves ou ses intuitions et de leur obéir (style ne pas aller là, rester chez soi, etc...) en faisant confiance au fait que nous sommes reliés à l’inconscient collectif, aux informations qui y circulent et que nos instincts ont cette faculté de nous protéger des dangers.
L’Ordre Mondial pourrait effectivement se modifier en fonction des événements de cette fin d’année 2007 (Sagittaire, le « tout », le mondial, le global --> Capricorne, l’ordre, les structures, la loi). Il est difficile d’en dire à l’avance les formes, si ce n’est que cela pourrait être le résultat d’une crise mondiale majeure.

 

mais pour quelle « raison » ?

Au niveau personnel, cette accentuation d’énergie dans la « croix mutable » peut également nous inviter à la vigilance. L’opposition Mars en Gémeaux - Jupiter / Pluton en Sagittaire peut présenter des aspects de tensions, d’agressivités, de disputes (Mars en Gémeaux et l’agressivité verbale) - notamment lorsqu’il s’agit de défendre notre vision des choses (Sagittaire), de nous organiser, et que nous voulons argumenter et convaincre l’esprit d’autres personnes.
Les mots sont une arme (Mars) redoutable, et l’entrée de Saturne en Vierge peut ajouter à l’ambiance actuelle un désir de fouiller dans les détails, les preuves, les légitimations... pouvant donner à l’intellect une dimension analytique parfois obsessionnelle. Ces procédures pourrait même donner le sentiment d’acharnement (et de persécution), tant les moindres détails, dans l’énergie Vierge, peuvent se retrouver passés au crible...

Il est certes des situations et des professions où l’usage de ces outils (l’idéal, l’analyse, le combat, l’argumentation...) sont indispensables, mais la vigilance actuelle tient certainement à l’observation de « l’état émotionnel et nerveux dans lequel ça nous met » et quels types de pulsions ces situations peuvent drainer dans le fond (haine, énergie meurtrière, envie de tout casser, soumissions, peurs, etc... liés à l’énergie de Mars / Pluton).

 

Plus positivement, sur le plan intellectuel, cette croix mutable nous invite certainement à associer certaines ressources et à trouver une cohérence entre notre idéal (sagittaire), notre réalité pratique (gémeaux), nos capacités de synthèse (poisson) et d’analyse (vierge). Entre le vaste et le petit, entre le global et le local. Bref, à développer une certaine dextérité intellectuelle et comportementale.
L’opposition exacte entre Mars en Gémeaux et Pluton en Sagittaire aura lieu le 21 septembre 2007 au 27°. Dans la lettre de Lunaison n°28 p 5, nous avions abordé le fait que Pluton passait entre le Centre Galactique et la Terre, provoquant un alignement particulièrement propice aux inspirations d’envergure, voire à des découvertes majeures en ce qui concerne notre destinée humaine, personnelle et collective. Le Centre galactique, source de la galaxie, source de nos déploiements, et source d’informations...

 

Il est également possible que l’excitation de ces quatre points cardinaux provoque une certaine fatigue, car ce maintien d’équilibre dans l’énergie des grands carrés mutables sensibilise fortement au moindre changement. Il suffit par exemple qu’une des données de notre réalité bouge pour que l’ensemble de la structure frémisse dans ce changement et demande à être revisitée dans sa totalité.

Imaginons, pour caricaturer, qu’un communiste convaincu et militant gagne soudain 3 millions d’euros au Loto. L’on peut imaginer sans peine tous les secousses que pourrait traverser une personne qui serait devenue communiste par défaut (parce qu’elle avait peu de ressources et espérait par le partage mieux vivre elle-même --> intérêt personnel). N’aura-t-il pas, finalement, la tentation de chercher à payer moins d’impôts, à capitaliser ? Devenue riche, toute son organisation interne et relationnelle peut se retrouver profondément remise en question et son véritable moteur (intérêt personnel, envie de posséder) être ainsi mis à jour...

L’actuelle tension due au grand carré en ces signes mutables, pourrait ainsi mettre à l’épreuve les pourquoi de nos engagements, la réponse étant parfois une faisceau de réponses éparses (sensibilité, nécessité, réactivité, désir, grandeurs d’âme et petitesses...). Certaines difficultés ou blocages proviennent souvent de contradictions internes et la présence d’une puissante énergie dans la croix mutable peut alors de mener au chaos. (Mars / Jupiter / Pluton + carré à l’axe des Noeuds Lunaires, à Uranus et Saturne en Vierge / Poisson).
Il est rare de gagner au Loto... mais il n’est pas rare de se sentir ébranlé(e) par nos difficultés à faire coïncider convictions, nécessités, opportunités, limites... tout en devant s’adapter continuellement à de nombreux changements.

 

Si une forme d’instabilité et d’irritabilité prédomine actuellement dans nos vécus, nos pensées, nos actes, il est possible que nos pourquoi s’entrechoquent, se tiraillent les uns les autres et mènent la pagaille (nous pourrions également en être témoin dans notre environnement). À nous de trier (Saturne et Noeud Sud en Vierge), d’essayer de clarifier et de discerner, autant dans les motivations inconscientes que dans notre volonté consciente, qui veut quoi, qui fait quoi, et comment réactualiser toutes ces données dans un sens cohérent.
Le « travail » actuel sur nos schémas affectifs pourrait ici aussi apporter de nouveaux éléments.

 

boussoles et réorientations

Ces quatre signes mutables se situent sous nos latitudes aux changements de saison : le signe actuel de la Vierge nous prépare à entrer dans l’Automne, tout comme le Sagittaire dans l’Hiver, le Poisson dans le Printemps, et le Gémeaux dans l’Été.
Les signes mutables évoquent ainsi la capacité à passer d’une saison à une autre. Cette notion de Passage est importante dans la mesure où elle demande adaptabilité, souplesse, flexibilité, lien avec l’hier et le demain, capacité de « médiation entre », de transmission, de réorientation vers une nouvelle phase de développement.

Cette notion de réorientation est sans doute un des facteur dominant de cette lunaison. Ce mois de septembre 2007 nous introduit sans doute dans une période de réorientation profonde de l’ensemble de notre psyché (inconscient et conscient) et réorientation concrète des formes que cela peut prendre dans nos vies (dans tous les domaines, affectifs, profesionnels...). Le travail actuel sur les schémas affectifs et les « pourquoi » de nos engagements pourraient alors apporter de précieux matériaux.

sortir... autonome en automne
Le passage du signe du Lion au signe de la Vierge présente cette image : alors que la Nature, sous nos latitudes, vient de mener à terme son processus de croissance, que fleurs et fruits ont été produits, le temps des récoltes est arrivé (Vierge). Ce temps est bien sûr celui des constats, bilans, pénuries ou récompenses... lié au résultat de la croissance antérieure. Mais il représente également une fin, la fin d’une cycle. Le fruit se sépare de l’arbre, il part avec ses propres graines, il acquiert une autonomie qui annonce une fécondité à venir : passé l’hiver, ces graines relanceront un processus de croissance, elles « travailleront », se déploieront et donneront de nouvelles fleurs et de nouveaux fruits... qui se sépareront, etc.

C’est en relation avec ce processus que la phrase de Françoise Dolto à propos du complexe d’Oedipe et de l’autonomie des adolescents — qui doivent se séparer de leurs tuteurs et producteurs, et partir avec leurs propres graines — a pu éclairer le passage du signe du Lion au signe de la Vierge.

 

L’autonomie dont il s’agit concerne l’ensemble de la psyché, c’est pourquoi sans doute ce signe de la Vierge aura-t-il à voir avec la notion d’intégrité de l’individu.
En Vierge, la tendance inné aux scrupules, à la vertu, au respect de lois ou de directives permettant de s’intégrer dans une vie sociale, vient peut-être de cette mémoire consciente ou inconsciente d’un interdit antérieur : comme nous l’avons abordé avec le complexe d’Oedipe, il s’agissait dans l’inconscient de l’interdit de l’inceste - Séparation, Renoncement et Identification (épreuve Lion) - permettant de « sortir », de partir avec ses propres graines, de devenir autonome (travail Vierge), ce qui nous permettra ensuite d’échanger et de partager (signe suivant de la Balance).

Si ces notions psychanalytiques autour du complexe d’Oedipe peuvent sembler difficiles d’accès à certaines personnes, elles peuvent se rassurer en sachant que personne ne les a abordé facilement, ne les a compris d’emblée... et peut-être ne les cernera totalement. Parce que cela parle des productions de notre « inconscient » et de processus qui nous ont traversés dans notre très jeune âge, l’on y revient souvent plusieurs fois dans sa vie avant d’en sentir les procédures, les processus intérieurs et d’en mener à bien les résolutions.

 

L’entrée de Saturne en Vierge - signe à dominante intellectuelle par sa relation à Mercure - a certainement cette vocation là : nous inviter à aborder des sujets difficiles, qui demandent du temps, de l’analyse, un esprit critique, de l’auto-analyse... endurance, patience et effort... qualités des signes de Terre.
Nous inviter à nous « creuser la tête » sur des sujets qui ont à voir avec notre intégrité, notre vitalité, notre santé, nos promesses de réussite, avec la qualité de nos échanges, de notre socialisation et de notre participation au monde peut cependant présenter un réel intérêt.

En essayant d’aborder un processus aussi subtile et complexe dans cette lettre, j’ai opté pour l’imperfection, essayant de faire sentir à quel point ce chantier-là est certainement de la plus haute importance, et peut-être d’une grande actualité (Lion / Vierge).

 

Saturne en Vierge, quelques dates

Nous aurons l’occasion de continuer à explorer les effets de l’entrée de Saturne en Vierge dans les mois à venir, et de nous « creuser la tête » pour en extraire des informations et des ressources susceptibles d’enrichir notre perception des « énergies ambiantes ».

Pour première information, Saturne est également passé dans le signe de la Vierge :
- entre le 26 juillet 1978 et septembre 1980,
- entre le 19 septembre 1948 et août 1951.

Il peut ainsi être intéressant de remonter le temps et d’aller voir si des événements significatifs ont eu lieu dans notre vie ou dans celle de notre environnement à partir de l’été 1978, et à l’automne 1948. Qu’avons-nous vécu à l’époque, que ressentions-nous ? Quels liens possibles avec cet automne 2007 ?

Les personnes qui sont nées entre ces périodes ont Saturne en Vierge dans leur thème de naissance. Ces deux années à venir pourront alors être d’une importance capitale dans leur parcours. Les plus jeunes (naissance à partir de fin 1978) vivront cet automne ou dans les mois à venir ce que l’on appelle le premier « retour de Saturne », qui arrive pour tous vers l’âge de 29/30 ans. Il s’agit souvent d’une période de « crise », où l’ensemble des contenus de notre histoire semble se cristalliser dans nos événements et ressentis (et notamment ce que l’on appelle le « projet-sens », c’est-à-dire « le pro-jet des parents qui a donné un sens à notre vie »). Crise de maturité, où il n’est pas rare qu’un « travail sur soi » débute... (Pour plus de précisions sur les dates exactes, il faut monter le thème de naissance personnel).

Pour les personnes qui vivent leur second retour de Saturne (nées entre septembre 1948 et 1951), beaucoup de choses vont dépendre de la manière dont elles ont menées leurs vies jusqu’à ce jour, en développant ou non une connaissance d’elles-mêmes et une conscience de leurs parcours.
Les deux années à venir seront néanmoins particulièrement importantes pour ces personnes, et elles devront probablement être particulièrement attentives à leur corps, leur hygiène de vie et leur santé (Vierge), ainsi qu’à leur rythme de vie. Possible qu’elles ressentent le besoin de se replier un petit peu sur elles-mêmes, peut-être sur des études, sur des soins, sur certaines précautions de vie, afin de se centrer peut-être sur quelque chose qu’elles ressentent comme essentiel, comme préparer une quintessence de leur parcours...

Suite de Saturne en Vierge au prochain épisode...

Bonne lunaison :-)))
Sandrine Delrieu

 

 

NOTES
1. Voir les LDL34 et LDL35 précédentes.
2. Françoise Dolto. L'image inconsciente du corps. Editions Point. Page 206.
3. www.psychanalyse-paris.com/Psychanalyse-et-Echange.html. Plusieurs articles intéressants sur ce site.
4. Voir LDL27 p5, LDL32 p7, LDL35 p2.

les degrés Sabian, par Dane Rudhyar.
Tiré des « Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque ». Ed Librairie de Médicis. 1985.
Les degrés Sabian sont des images et symboles associés à chaque degré du zodiaque. Ils ont été développés, notamment, par Dane Rudhyar, pour qui chaque degré évoque une étape de l’expérience humaine. En tant qu’astrologues, nous les consultons pour enrichir notre compréhension et intuition des subtilités de la roue du zodiaque.

nouvelle lune : 11 septembre 07, en vierge, 18°25, 12:45 TU
 

SOLEIL et LUNE en Vierge, 19 °

L’image : Une compétition de natation.
Dominante : La stimulation provenant d’une effort collectif dirigé vers un but spirituel.
« Le fait d’être devenu un nageur émérite signifie, d’un point de vue symbolique, que l’on a appris à évoluer dans un nouvel élément. Cet élément, l’eau, représente le flot en perpétuel mouvement de l’énergie psychique, et, en un sens du moins, le monde « astral ». Dans un sens plus profond encore, on est désormais capable, sur un plan mystique s’entend, de traverser la rivière pour parvenir à « l’autre rive », ou pour retourner vers la source. Que ce symbole désigne un actif esprit de compétition, reste discutable. A l’échelon biologique, une marée de spermatozoïdes nagent vers l’ovule, chacun d’eux se ruant vers son objectif, la fécondation. Celui qui cherche la renaissance spirituelle, en fait, n’est pas seul dans sa quête. C’est un Homme qui, agissant à travers les individus les plus évolués, s’avance vers une « renaissance » ou vers une nouvelle mutation. L’ambition personnelle, inspirée par l’ego, de vouloir réussir et d’être le « premier » est en vérité un signe d’échec probable sur un plan spirituel. »
« Lors de cette étape, nous sommes confrontés à un problème d’interprétation. L’ambition n’est-elle pas une forme subtile de déviation exercée sous la pression d’un karma très ancien, et l’esprit de compétition, dont notre civilisation fait grand cas, le signe d’un échec à comprendre la réalité profonde de l’existence ? L’ÉMULATION est nécessaire, et non la concurrence. »

 

pleine lune : 26 septembre 07, en balance / bélier, 03°20, 19:46 TU
 

SOLEIL en Balance, 04°

L’image : Un groupe de jeunes gens réunis autour d’un feu de camp en une intime communion.
Dominante : La nécessité de s’unir à des esprits frères à l’entrée d’un chemin vierge que seule éclaire la lumière falote de l’intuition naissance de valeurs nouvelles.
« Comme le déclara il y a quelques années un dirigeant politique, visionnaire en partie : « Les chemins battus sont pour les hommes battus ». L’exigence de créer une société nouvelle et de répondre à des valeurs nouvelles entraîne le pionnier dans des régions sauvages, symbole de tout le potentiel de la planète : — la forêt vierge, vierge de toute civilisation. Autour du feu propre à un attachement commun (ou, pour le moins, à un espoir commun !), âmes et corps peuvent communier, formant un « calice » — un Graal — destiné à recevoir l’inspiration créatrice. »
« À ce quatrième stade, nous trouvons, comme d’habitude, l’allusion à une technique. L’instauration d’une société nouvelle réclame la communion de ceux qui y aspirent et ont, peut-être, eu une vision de ses grandes lignes. Cette communauté, toutefois, est inutile en l’absence d’un « feu » central INSUFFLANT L’ESPRIT au sein du groupe. »

LUNE en Bélier, 04°

L’image : Deux amoureux flânent sur un chemin écarté.
Dominante : La polarisation progressive des énergies, nécessaire à l’accomplissement de notre fonction dans la vie.
« Pour répondre pleinement aux potentialités que dégage le sentiment de participer à un Ensemble plus grand, l’être humain doit faire lui-même un tout. Le jeu réciproque d’énergies bipolaires est nécessaire pour donner une « résolution » dynamique soutenue à une quelconque forme de vie supérieure englobant toutes les autres. En conséquences, s’abstenir d’activités routinières sera peut-être nécessaire pendant un temps ; d’où « isolement ». il ne s’agit pas pour autant d’une démarche fermée sur elle-même. Les polarités positive et négative n’interagissent pas en circuit fermé, en restaurant un état neutre potentiel ; leur action se déploie en une solidarité dynamique, ouverte et sans fin en contact avec les énergies environnantes de la nature. »
« On atteint ici le stade de POLARISATION dynamique et irrésolue. Il présente les moyens essentiels, la technique pourrait-on dire, pour introduire la conscience dans le monde de la dualité ».