madrugada  éditions conscience de l'évolution
évolution de la conscience
association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
lettre de lunaison n° 44
par Sandrine Delrieu
nouvelle lune : 05 mai 08, en taureau, 15°22, 12:19 TU
pleine lune : 20 mai 08, en taureau / scorpion, 29°27, 02:12 TU
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La nouvelle lune a lieu en taureau, premier signe de Terre. Lors de la pleine lune, le soleil sera toujours en taureau et la lune en scorpion, signe d’eau.

dynamiques de cette lunaison

Les lettres de lunaison ont pour principal objet d’être un outil de « travail sur soi », puisque c’est là que nous pouvons espérer tenir de mieux en mieux le gouvernail de nos parcours, en passant par une connaissance de soi de plus en plus subtile, un éclaircissement des zones d’ombres et de souffrances, des investissements, participations et partages de plus en plus choisis, et une meilleure perception de ce qu’il se passe dans notre environnement.

Mais nous ne faisons pas nos parcours isolément, et ce qu’il se passe dans nos sociétés a souvent de quoi nous troubler. Avant de reprendre le fil conducteur des points d’appui énergétiques et des processus qui cheminent de lunaison en lunaison, cette lettre de lunaison va ainsi proposer un éclairage sur un des défis qui pourrait traverser les décennies à venir... l’écriture d’un nouveau Contrat Social.

Un vertige : l’exemple de l’écart entre l’extrême richesse et l’extrême pauvreté : « La bonne fortune du baron Seillère ». Article du Monde du 30/4/08.
« Le 29 mai 2007 restera marqué d’une pierre blanche pour le « management ». (...) Ce jour-là, les actionnaires ont offert à quelques-uns de leurs cadres d’acheter près de 5 % du capital du groupe, ce qui représente une somme colossale, 324 millions d’euros en actions, à se partager à quinze. Le prix à payer était modeste : pour acquérir ces 5 %, il n’y avait à débourser que 83 millions. Le management est même parvenu à n’en sortir que moins de la moitié de sa poche.
C’est grâce à un montage juridique et fiscal infiniment complexe, pensé avec les plus grands cabinets d’affaires, que l’équipe dirigeante de Wendel, qui passe pour l’une des meilleures de la place, a réussi à obtenir ces 324 millions d’euros. Ce mécanisme, le voici. (récit dans l’article)
Presque tous les éléments du dispositif sont très légalement accessibles auprès du tribunal de commerce, mais le montage, d’un formalisme parfait, est ardu, et s’y retrouver tient d’une véritable aventure, financière et fiscale. Chaque étape s’inscrit dans un cadre légal, mais l’ensemble pose pour le moins des questions éthiques. »
Trois dirigeants se sont taillé la part du lion. Ernest-Antoine Seillière d’abord, le président du conseil de surveillance de Wendel, a reçu pour 79 millions d’euros de titres. Bernard Gautier ensuite, membre du directoire, en a touché pour 36 millions, et Jean-Bernard Lafonta enfin, président du directoire, s’est vu attribuer pour un peu plus de 83 millions d’euros. Douze autres cadres se partagent les 85 millions qui restent. »

 

 

 

 

La lecture de l’article est surréaliste, tant les strates et les opérations complexes d’une société à une autre, d’une action boursière à une autre, d’un rachat à une vente, d’une acquisition à une fusion... semblent se réaliser à un niveau d’abstraction de haut vol. Un autre monde, du moins pour beaucoup d’entre nous.

Au même moment, en Inde, en Égypte, au Bangladesh, au Sierra Leone... des « émeutes de la faim » poussent des milliers de personnes dans la rue, suite à l’inflation des prix. Au Sierra Leone, 90% de la population seraient dans l’incapacité de se nourrir. Une famine à échelle mondiale semble en train de s’amorcer. En France et dans toute l’Europe, de plus en plus de personnes serrent la ceinture... et les dents. Le rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale note qu’en France « en 2005, environ 1,7 million de personnes, soit 7% des travailleurs, occupent un emploi mais sont malgré tout dans un ménage dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté (817 euros mensuels pour une personne seule). Ils étaient 1,5 million en 2003. » Le nombre de travailleurs pauvres augmente et leur situation se dégrade. Etc.

Il n’est pas besoin d’aller plus loin ici dans une description de faits déprimants - ce qui a parfois pour effet négatif de nous renvoyer à notre impossibilité d’améliorer les choses d’un simple claquement de doigt ou de nous figer dans une forme de fatalité.

Que pouvons-nous imaginer d’autre pour l’évolution de nos sociétés ? Comment y participer ?

1762 <—> 2008 : le contrat social

les périodes « pluton en capricorne »
penser le nous, les structures, les règles
réformer systèmes et lois, le rôle de l’état
la colonne vertébrale collective, os et moelle

Depuis l’entrée de la planète Saturne en Vierge en septembre 2007, puis de Pluton en Capricorne en décembre 2007, il semble que les structures de nos sociétés montrent concrètement leurs fragilités : nous voyons les conséquences dans la réalité quotidienne (Vierge et Capricorne, signes de Terre : principes de réalité) de décennies de pratiques sociales, politiques et économiques.

La planète Pluton fait sa révolution solaire en 250 ans environ, et reste dans le même signe entre 15 et 25 ans. Le rythme de Pluton est celui du collectif, de génération en génération... de mutations que l’on ne discerne pas du jour au lendemain, ni même d’une année à l’autre en restant collé à l’événementiel, mais que l’on discerne en prenant du recul et en observant les lames de fond qui traversent nos sociétés et nos cultures, lentement, mais sûrement.
Cette observation peut nous permettre d’anticiper - et peut-être d’intégrer dans nos propres activités et visions des contenus que nous sentons à l’avance pouvoir être pertinents pour les années à venir.

Pluton oeuvrant à l’échelle collective, il est intéressant d’observer le cycle de Pluton en signes et notamment de faire le lien avec la précédente entrée de Pluton en Capricorne, c’est-à-dire en 1762.

 

pluton en signes
Pluton en signes de 1606 à 2043
(lecture dans le sens inverse des aiguilles d'une montre)


« Dans l’air du temps », il pourrait exister un lien entre 1762 et 2008. Historiens, philosophes, sociologues... toutes les personnes observant l’évolution des mutations collectives pourraient dans cette observation être un précieux regard. Car si la société a effectivement changée en 250 ans, certaines préoccupation humaines n’en restent pas moins récurrentes. Chaque époque trouve des réponses et expressions qui s’inscrivent dans son contexte, et dans les limites des structures psychiques de l’individu et des groupes, de leurs systèmes d’identifications et de leurs croyances.

 

Certaines personnes, par leur activité ou leur clarté intellectuelle, expriment de manière aiguisée les défis évolutifs que l’énergie de Pluton laboure en passant ainsi de signes en signes. Ils peuvent nous donner quelques pistes pour aborder l’époque actuelle.

En 1748, alors que Pluton entre en Sagittaire, Montesquieu (1689 – 1755) édite « L’esprit des lois » :
« Multipliant les recherches érudites et scientifiques, il met en chantier une vaste enquête sur les régimes juridiques et le fonctionnement social des groupes humains à travers le monde. (...) La démarche apparaît à la fois comme rigoureuse dans sa visée d’ensemble et particulièrement souple dans la multiplication des exemples, empruntés aux époques et aux pays les plus divers. La typologie des gouvernements, l’opposition entre climats du Nord et du Sud semblent constituer des grilles précises. Mais elles sont moins débordées qu’enrichies et nuancées par la prolifération des cas particuliers. Montesquieu s’efforce de maintenir l’unité du général et la diversité du particulier, le principe d’une rationalité d’ensemble et le pragmatisme des connaissances historiques et ethnographiques. L’hypothèse de la gravitation universelle, énoncée par Newton pour rendre compte de l’ensemble des mouvements terrestres et célestes, fournit un modèle pour expliquer le fonctionnement des sociétés qui ne doit plus être rapporté à un principe fixe, mais à un mouvement incessant. Le philosophe se doit alors de saisir des rapports constants entre ces changements : « Entre un corps mû et un autre corps mû, c’est suivant les rapports de la masse et de la vitesse que tous les mouvements sont reçus, augmentés, diminués, perdus ; chaque diversité est uniformité, chaque changement est constance. (...) Il maîtrise une masse énorme d’informations et de documentation par la rapidité d’un style qui passe de l’ampleur à la brièveté épigrammatique, et domine le constat de l’infinie variété des législations humaines par la conviction qu’un partage doit s’opérer entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Dans la mobilité universelle des choses, cet équilibre fragile constitue un idéal qui reste sans cesse à conquérir ou conforter. »  [1]

 

Cette brève description de « L’esprit des lois » semble bien en phase avec sa parution dans l’énergie de Pluton en Sagittaire : les notions de « visée d’ensemble », le fait de faire des ponts entre des domaines apparemment séparés (hypothèses scientifiques et phénomènes humains), de se balader dans les différentes cultures du monde, de chercher un modèle incluant l’ensemble, d’observer les liens entre le Un et le Multiple, de chercher le sens, la cohérence...

Le titre même de l’ouvrage « L’esprit des lois » témoigne pleinement de la vocation Sagittaire : témoigner de l’esprit qui anime, trouver comment il le fait, s’en servir de boussole pour se repérer dans les mondes visible et invisible. Le signe du Sagittaire fait certainement le lien entre l’esprit - ou les esprits - dans lequel nous baignons (esprit du christ, prana, esprit de la nature...) et l’esprit humain : faire la synthèse de « tout ce qui est », connaître, trouver la cause des phénomènes multiples et tendre son arc et sa flèche : faire des propositions pour la suite, diriger notre esprit, donner une direction...

 

Dans le cycle du zodiaque, durant le passage de Pluton en Sagittaire de 1995 à 2007, mondialisation et « rapports constants » n’ont cessé de traverser nos sociétés, de travailler les rapports de cause à effet, de questionner le sens de la vie et d’enrichir nos prises de conscience. Nous sommes d’ailleurs toujours en train de nous heurter à ce « partage entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire »... 250 ans après.

 

Dans le passage du Sagittaire au Capricorne, les questions de Lois (divines, naturelles ou humaines), de Justice et d’Éthique (ce qui est légal est-il juste ? Voir l’article en introduction), d’organisation des ensembles (Politique, Économie...) sont des domaines particulièrement privilégiés. Dans les 9ème et 10ème signe du zodiaque, en haut du cercle, l’intérêt général prime. C’est à partir de là, du collectif, que l’esprit humain essaie d’observer, de penser et d’ordonner.

En 1762, nous sommes au début de la révolution industrielle, la machine à vapeur va être inventée (1769 - 1775) et les rotatives vont tourner dans toutes les industries. Transports et relations patronales / salariales entrent dans une phase de grandes mutations.

Parmi les penseurs actifs durant l’époque « Pluton en Capricorne », nous pouvons repérer Voltaire (1694, 1778), Rousseau (1712 – 1778), Adam Smith (1723-1790), Diderot (1713 -1784) ...

 

Penser la légalité, l’économie politique, le contrat social, le droit et les devoirs, l’ordre, la punition, la justice... fait partie des grandes réflexions de l’époque.

 

À l’époque, l’écossais Adam Smith (1723 - 1790) défend un « laissez faire » dans les échanges marchands, en prônant la libre circulation des marchandises et la liberté des initiatives individuelles. Il développe les notions de « régulation par le marché » et son ouvrage la Richesse des nations, « est un des textes fondateurs du libéralisme économique. ».

Jean-Jacques Rousseau (1712 - 1778) quant à lui développe la notion d’intérêt général.

La lecture de la page de Wikipedia [2] consacrée au « Contrat Social » donne une impression assez juste des espaces de réflexions, de planification et d’actions de Pluton en Capricorne :

« En philosophie politique, le contrat social est un ensemble de théories particulièrement influentes en Occident au XVIIIe siècle qui définissent le rôle de l’État. Il s’agit de l’action par laquelle l’individu se prive de certaines de ses libertés naturelles non compatibles avec la vie en société (comme par exemple la liberté de tuer son voisin) et se soumet au pouvoir politique de l’Etat dans lequel il vit et qui lui garantit des droits fondamentaux (sécurité, propriété, etc...). Par ce pacte, les individus acceptent une autorité supérieure à eux, censée garantir la volonté générale. Selon cette doctrine, l’individu est à l’origine de la société.
Ainsi, par le contrat social, on part de l’état de nature pour en arriver à une société.
Il existe différentes théories contractualistes, dont les plus connues sont celles de Hobbes, Locke et de Rousseau. »

Le dessin ci-dessous résume ces 3 théories.

contrat social 18° siècle

 

La parution du « Contrat social » de J.J Rousseau date de 1762, année de l’entrée de Pluton en Capricorne. « Il est à la base de la conception française de la démocratie et de la souveraineté populaire. »

« Il est connu pour exposer avec clarté et force que la seule forme de pouvoir politique légitime est le pouvoir qui trouve son fondement dans la volonté du peuple (ou « volonté générale »). Il est souvent considéré comme le principal inspirateur des idées de la Révolution française.
Dans Du contrat social, Rousseau établit qu’une bonne organisation sociale repose sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre les citoyens. Ce pacte est contracté entre tous les participants, c’est-à-dire l’ensemble exhaustif des citoyens. Dans le pacte social, chacun renonce à sa liberté naturelle pour gagner une liberté civile. La souveraineté populaire est le principe fondamental du contrat social. L’indivisibilité de cette souveraineté est un autre principe fondamental, par lequel il faut comprendre que le pouvoir du Souverain ne saurait être divisé (Rousseau emploie ce terme pour désigner le peuple souverain) et ne peut s’en séparer par intérêt personnel, car l’intérêt personnel est contraire à la recherche de l’intérêt général, seul objectif du contrat social. Ce contrat social, Rousseau le voit comme faisant suite à l’état de nature dans lequel règne la loi du plus fort. Pour lui, la loi du plus fort ne peut être un principe directeur d’une société car il est incompatible avec l’intérêt général, et donc avec le contrat social : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. »
La perte du contrat social, c’est le retour à l’état de nature, primitif, animal, « tyrannique et vain ». Une société qui rompt son contrat social ne serait plus une société libre.... »  [2]  [3]

 

Cette introduction dans l’esprit et les défis des périodes « Pluton en Capricorne » peut nous donner quelques indices sur les défis actuels — penser le fonctionnement et l’organisation du « nous » — penser la civilisation humaine — réfléchir la relation entre intérêts individuels et intérêt collectif, entre multiple et unité. Inventer de nouveaux cadres, des repères à partager. Susciter un pacte.

Je ne suis ni historienne ni philosophe ni économiste ni juriste... mais il me semble que cette proposition, faire le lien entre les périodes 1762/1777 et 2008/2023, pourrait nous donner quelques pistes pour orienter nos réflexions. Il semble qu’il y a 250 ans, furent formulés certains concepts qui depuis lors oeuvrent dans les fondements de nos pratiques (libéralisme, intérêt général...). Il est possible que nous arrivions également à la fin de leur dynamique, de leur impulsion, entre bilan à faire et nouvelles visions - concepts à formuler.

 

Pluton en Capricorne
réformer les fondements conceptuels de notre contrat social

pluton en capricorne
2008 - 2023, un chantier collectif

 

Comme nous pouvons aisément le remarquer, c’est durant le passage de Pluton en Verseau (1777-1797 -> 2023-2043) qu’eut lieu une période de révolutions et d’actes d’affranchissements envers différents types de tutelles et de monarchies, de flash de l’esprit (« liberté, égalité, fraternité ») et d’innovations structurelles au coeur des systèmes (en France, droit de vote, etc...).

À chaque passage de Pluton en Verseau, il est possible que le « sujet » et la conscience individuelle aient une poussée de croissance et revendiquent haut et fort un gain de liberté.... « pour tous ».
Les consciences individuelles ayant évolué en 250 ans, nous innoverons encore...

pluton en capricorne : le pouvoir dévoilé

Une autre facette des effets du passage de Pluton en Capricorne (2008 / 2023) pourrait être une lutte contre la corruption dans les hautes sphères du pouvoir. Pluton a une énergie de justicier. La corruption à ce niveau semble une trahison du contrat que l’on est censé honorer : détourner à des fins personnelles le pouvoir qui nous est donné pour servir un intérêt collectif.

Samedi 3 mai au soir, en écrivant cette lettre, je regardai un documentaire sur Pierre Bérégovoy, décédé le 1 mai 1993 (suicide, assassinat ?). Son 1er discours de 1er ministre à l’Assemblée Nationale témoignait d’une ferme volonté de lutter contre la corruption dans les sphères du pouvoir (politique - financier). Il fut très peu applaudi. Intriguée, j’ai regardé son thème de naissance : en Capricorne, Soleil, Jupiter et Noeud Sud - en Scorpion, Mars et Saturne. Un homme éminemment pétri par les énergie Saturne / Capricorne et Pluton / Scorpion. Il est possible qu’il en soit mort. Son dossier (autopsie, etc...) serait pour le moment « secret d’état ».

Le passage de Pluton en Capricorne de 2008 à 2023 pourrait également réveiller ce type d’énergies. Pluton, dans son énergie de justicier, peut avoir tendance à chercher la vérité et à pénétrer dans l’antre des secrets d’état. L’on ne sait jamais si l’on sous-estime (naïveté) ou sur-estime (fantasme) les délits de ceux qui ont « du pouvoir dans les hautes sphères ». Et il faut avoir soi-même du pouvoir (juridique, politique...) pour avoir accès à la vérité de ces réalités. À observer donc dans les années à venir.

 

En regardant le thème natal de Jean-Jacques Rousseau  [3], nous observons qu’il avait également le Noeud Nord en Capricorne maison VIII (la maison 8 est reliée aux énergies de Pluton et du Scorpion) et Jupiter en Verseau. Il était ainsi personnellement imprégné de cette association d’énergies (et de défis) Pluton / Capricorne / Verseau. L’on pourrait dire, avec cet écrit « Du contrat social », qu’il est arrivé à exprimer - dans le contexte de son époque - les défis que pouvait lui proposer son propre thème natal.

 

Nous pourrions synthétiser certaines questions posées par l’énergie de Pluton en Capricorne par un mot : le pouvoir... et ses lieux d’exercice.
Avant d’écrire « Du contrat social », J.J. Rousseau réfléchit sur l’esclavage et l’inégalité. C’est à partir de là qu’il développa ses réflexions et propositions.
C’est à l’homme pensant et raisonnant qu’il s’adresse. C’est au (futur) citoyen qu’il parle.

le collectif dans l'individu - l'individu dans le collectif

concevoir le contrat social du 21° siècle
le rôle de l’état ? le rôle de l’individu ?
pluton en capricorne à l’échelle individuelle

« Rousseau se demande à quelles conditions le pouvoir politique pourra être légitime, c’est-à-dire un type de société dans lequel l’homme ne sera pas aliéné. Il prendra cependant constamment « l’intérêt » en compte voulant dire par là qu’il voudra décrire un pouvoir politique légitime et qui en outre correspondra aux intérêts de tout homme. »  [4]

250 ans après... nous sommes toujours traversés de grands questionnements sur le rôle de l’état et la légitimité de certaines décisions (lois) prises au regard de l’intérêt général.
Un des grandes dualités que Rousseau voulait résoudre était l’opposition état — individu, en associant l’individu raisonné à sa construction : « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est la liberté. » [5]

Les problèmes survenant lorsque « l’état » prescrit des lois qui aliènent notre liberté ou irritent notre conscience individuelle (exemple des conflits à propos des lois sur les OGM —> une réponse, la « désobéissance civile », actions individuelles prenant appui sur le collectif - ou le contraire actions collectives prenant appui sur l’individu.)

 

Dans la Lettre de Lunaison précédente (LDL43), nous avions parlé de Pluton comme « cette force qui fait avancer l’histoire », en nous posant la question « comment participons-nous à l’écriture de cette Histoire ».

Le passage de Pluton en Capricorne de 2008 à 2023 pourrait nous inviter à élever nos questionnements / propositions vers des sujets qui concernent l’évolution collective de nos sociétés. C’est là où de grands défis se préparent dans les 20 années à venir. C’est une lame de fond qui nous traverse, elle ne se satisfera pas de pansements. L’ambiance de Pluton est celle des « morts et renaissances », la destruction permettant aux énergies de création de se manifester. Qui sait, c’est peut-être même le concept d’État qui dans les siècles à venir est appelé à mourir... à condition que nous ayons d’autres propositions à faire.

 

De 2008 à 2023, c’est un vaste chantier collectif qui nous attend, et chaque participation individuelle - les yeux rivés sur le « nous » - pourrait apporter sa pierre à la conception d’un nouveau Contrat Social.
Ce chantier n’est pas sans danger :
- les conflits entre intérêts peuvent s’armer lourdement pour préserver ou amplifier leurs pouvoirs,
- les périodes de récession et de peurs de manquer (réelle ou fantasmée) peuvent avoir tendance à « faire régresser » certains comportements sur le plan de la survie, réactivant le registre de notre « cerveau archaïque » (prendre, défendre son territoire...).
- notre manque de connaissances sur tel ou tel sujet peuvent nous amener à faire des choix aux conséquences néfastes,
- notre fainéantise (privilégier le bien-être immédiat) ou notre fatigue des « sphères politiques » peut nous rendre laxiste ou fataliste,
- notre difficulté intellectuelle à opérer les synthèses nécessaires (phase sagittaire) pour pouvoir « faire rentrer la complexité du monde actuel » dans notre cerveau, et à partir de là, de pouvoir réfléchir à de nouvelles propositions d’avenirs collectifs. Auquel cas, l’énergie du Capricorne nous dit que pour arriver à « penser », à proposer et à participer, il ne faut plaindre ni l’huile de coude ni les dépenses (de temps, de réflexion, d’analyse, de synthèse, d’implications, d’expérimentations, de discussions, de lectures...).
L’affaire « Pluton en Capricorne » est suffisamment sérieuse pour solliciter quelques efforts.

L’enjeu des 20 années à venir est de taille. Dans l’énergie de Pluton en Capricorne, la qualité des vies personnelles est intimement tissée à des choix et à le mise en oeuvre de dynamiques collectives.

Tout le monde n’est pas là pour écrire un ouvrage de philosophie politique, mais chacun de nous peut observer comment il fait société autour de lui et dans quel domaine il peut être inventif... avec d’autres.

Enfin, pour ceux qui aiment chercher des pistes du côté de l’histoire et des cycles, le tableau ci-dessous présente les dates des 4 derniers tours du zodiaque de Pluton. Il peut offrir quelques observations intéressantes...

 

pluton en signes

 

individuel, collectif et réseaux...

individuel, collectif et réseaux
combiner travail à l’échelle collective et travail à l’échelle personnelle
constituer des réseaux

Cette lettre de lunaison a commencé à poser un paysage collectif, dans lequel nous aurons sûrement beaucoup de choses à penser, à inventer et à réaliser. Maintenant que Pluton est en Capricorne pour 15 ans, et que l’établissement d’un nouveau Contrat Social est concrètement en jeu, il peut être intéressant en tant qu’individu de savoir doser le temps et l’énergie passés à oeuvrer dans les sphères collectives et le temps et l’énergie passés dans la construction de sa propre personne.

Les deux voies sont aussi importantes l’une que l’autre. (Exemple : en cas de licenciements abusifs, il peut être aussi important de s’engager dans une dynamique politique et sociale que d’aller voir un psy pour éclairer l’origine de peurs ou d’émotions qui envahissent la psyché - sentiment d’abandon, de rejet, dévalorisation, manque de ressources personnelles, angoisses, refus constant des changements... dont le licenciement ne serait pas la cause mais le révélateur de fragilités personnelles présentes depuis longtemps).

Les blessures ou failles personnelles, les fragilités intellectuelles, l’immaturité émotionnelle... nous rendent très fragiles dans les sphères sociales et la période à venir pourrait au contraire nous demander d’avoir « les reins solides » et une sécurité / confiance intérieure susceptibles de nous donner souplesse et capacité à absorber - ou à anticiper - de nombreux changements. Capacité à vivre des passages et à savoir faire des deuils. Capacité d’autonomie (et de solidarités collectives) susceptibles d’amortir d’éventuels effondrements ou périodes d’insécurités collectives.

 

Il est également possible que pour réinventer un Contrat Social se fondant sur la maturité de l’être humain du 21° siècle, une réflexion sur cette situation d’ambivalence dans laquelle nous place parfois l’État et les institutions soit pertinente (protection, assistance / aliénation, oppression).
Les lieux de pouvoir sont parfois reliés émotionnellement à un père ou à une mère, bon père ou mauvais père, bonne mère ou mauvaise mère selon l’histoire émotionnelle de chacun. Traversé par l’énergie de Pluton en Capricorne, il est possible que les figures de « mauvais père » et de « mauvaise mère » risquent de devenir prédominantes.

À nous peut-être — et c’est là un des enjeux « politiques » du « travail sur soi » — de transformer ces figures intérieures pour ne pas les créer ou les soutenir à l’extérieur en les projetant. Si les dynamiques de notre univers psychique personnel sont effectivement créatrices de réalités extérieures, le travail sur soi de chaque personne a des répercussions collectives, publiques, politiques et sociales — et cela J.J. Rousseau ne pouvait pas en tenir compte en 1762...

Le contrat social à écrire aujourd’hui, s’il peut certes s’inspirer de l’histoire (et notamment de ces 250 dernières années...) pourrait certainement prendre en compte l’évolution du psychisme humain : intégration progressives de lois intérieures, partages de connaissances, développement des consciences individuelles, meilleure connaissance de nos fonctionnements psychiques, etc...

la force et la vivacité des réseaux
Depuis que la planète Uranus est entrée dans le signe du Verseau en 1995, nous assistons à un développement des liens horizontaux entre individus.
Que ce soit à travers le développement d’Internet ou à travers la constitution de réseaux, de collectifs... c’est par le partage librement consenti d’un même « état d’esprit », de valeurs, que l’énergie d’Uranus nous fait développer certaines solidarités d’esprit. Un individu peut faire partie de plusieurs réseaux (appartenances multiples), comme un réseau se régénère par l’entrée et sorties de nouvelles personnes. Les intelligences individuelles se croisent, agissent, inventent, partagent leurs expériences, inventent des manières de vivre, de produire, d’échanger.

Dans de nombreux secteurs de la vie économique et sociale, il y a là, dans les réseaux, une vivacité et une mobilité d’esprit qui est sans doute un des lieux d’expérimentation de ce nouveau Contrat Social à écrire et à vivre. La société civile est active et cette activité devra certainement continuer à être très inventive - et chaque personne suffisamment solide dans sa conscience et ses amitiés / réseaux - pour nous permettre de traverser cette période « Pluton en Capricorne » en créant des espaces de créativité concernant tout ce qui touche au vital (alimentation, toit, santé...), aux échanges économiques, à l’art ou à la pensée...

Durant la phase « Pluton en Capricorne », et en préparation de la phase évolutive « Pluton en verseau », il pourrait être de plus en plus pertinent de ne pas s’isoler mais au contraire de tisser concrètement des réseaux de solidarité et de propositions.

de lunaison en lunaison...

continuons
résumé du processus été 2007 --> juillet 2008
aiguiser sa vigilance sensorielle
la sensation de justesse

Reprenons maintenant le fil conducteur et les courants d’énergie qui peuvent, dans « l’air du temps 2008 », nous servir d’appui dans ces chemins intérieurs / extérieurs.
Les mois cheminant de l’été 2007 (conjonction Vénus / Saturne en lion-vierge) à l’été 2008 (conjonction Mars / Saturne au 6° Vierge du 11 Juillet) semblent mettre en oeuvre un processus que nous avons déjà largement observé (voir LDL depuis l’été 2007).

En voici un bref résumé :
- été 2007 : début d’un travail sur les structures affectives (Vénus), la relation entre le désir (les pulsions) et la loi (les limites), la manière dont durant l’enfance nous avons commencé à élaborer cette instance du Moi, du personnel, de nos ressources et de nos objectifs, de notre unité - intégrité - identité.
Possibilité de retrouver (dans l’enfance) des événements très significatifs en terme de vécus émotionnels ayant généré culpabilités, frustrations, soumissions, dévalorisations, angoisses, doutes... (Saturne). Les conséquences depuis lors ? Une vie plus ou moins épanouie, soumise aux circonstances extérieures, à fleur de peau, crispée dans une citadelle intérieure, une rage destructrice, une impuissance à « réussir sa vie », des personnages et des rôles préfabriqués, ou une vie fantasmée bien plus que vécue...
- septembre / octobre 2007 : intensité maximum...
- novembre 2007 à avril 2008 : un long travail sur les bases, les fondements, les lieux (de vie, de profession...). Transformation de configurations relationnelles, redéfinir sa place. Travail sur les besoins. (Rétrogradation de Mars en Cancer / Gémeaux).
- De mi-novembre 2007 à fin janvier 2008, possibilité de freins dans l’action et d’impatiences... Approfondir les ressources, compétences personnelles et les énergies de groupe (se fédérer).
- février 2008 : certains freins peuvent lâcher, des situations se débloquer (à l’intérieur de soi : envisager de nouvelles solutions, résoudre une émotion... ou à l’extérieur : propositions, opportunités...) et la dynamique d’action commencer à se remettre en marche.
- avril 2008 : déblocage de l’énergie (fin de la période de rétrogradation de Mars en Cancer). Il s’agit d’aller de l’avant, de prendre des décisions en fonction de la série de vécus des 8 derniers mois. Reprise des questions que nous nous posions en septembre / octobre 2007, avec le bénéfice des 7 mois qui viennent de se passer. Peut-être nous sentons-nous plus fermes intérieurement, plus construits, plus conscients de nos compétentes et potentiels, plus à même de formuler ce que nous voulons vivre, quelle direction nous voulons prendre, avec qui, et plus à même de faire (Mars) ce qu’il faut pour que nos désirs (Vénus) s’inscrivent dans une réalité.
- avril / juin 2008 : une influence subtile (Neptune conjoint Noeud Nord) pourrait nous aider à aligner volonté de l’âme et volonté du Moi. Importance d’être à l’écoute de ses sensations, intuitions, rêves... pour « sentir ce que l’on a à faire ». Attention cependant de ne pas rester dans un flou « neptunien » (planète d’eau) et de se servir de ces impressions intérieures pour arriver à formuler ces ressentis avec la conscience et les mots.

 

L’ensemble de ce processus se réalise dans l’ambiance « Saturne en Vierge » qui depuis septembre 2007 nous invite à clarifier notre univers intérieur, nos intentions (conscientes et inconscientes...), à faire des efforts de discernement, d’organisation, de gestion, de méthodologie... Importance de s’arrêter sur les zones de flou, les lieux de démesure, d’indécisions, d’éparpillement, de brouillard émotionnel et d’analyser (Vierge) ce qu’il se passe réellement en nous.
Dans l’énergie Vierge les clarifications personnelles ont un objectif relationnel : nous permettre d’envisager des associations, partenariats, collaborations, participations... de manière plus objective. Poser des cadres et des limites qui permettent de réguler les dynamiques relationnelles, de valoriser chaque individu dans ses compétences tout en servant un objectif plus large et plus collectif.

Dans l’ambiance de Saturne en Vierge (jusqu’en décembre 2009), il est important de ne pas laisser passer « ce qui nous dérange » dans les relations en se disant que « ça passera tout seul » ou que ce n’est pas très important. Les sensations ou les malaises sont des symptômes à considérer avec lucidité.

Par exemple, lors d’une discussion avec d’autres personnes pour un projet, une décision est prise qui nous pose certaines questions, nous trouble, nous avons des pensées intérieures que nous ne disons pas, etc... Nous n’osons parfois pas poser certaines questions, dire notre gêne ou nos doutes pour ne pas déranger, ne pas passer pour quelqu’un de « mesquin », de maniaque (Vierge, le moindre détail). Pourtant si quelque chose nous dérange, cela signifie que quelque chose n’est pas clair dans l’espace relationnel, qu’il y a trop « d’inconscient », que nous n’avons pas suffisamment communiqué les uns avec les autres pour se mettre consciemment d’accord sur le même type d’enjeux, que nos mots ne veulent pas dire la même chose, que les contrats ne sont pas clairs, qu’il y a quelque chose qui n’est pas juste, qu’une donnée ou une dérive possible a été occultée, etc...
Ne pas hésiter donc, durant cette période « Saturne en Vierge » à prendre le temps d’analyser, les uns avec les autres (et en soi-même), tout ce qui pourrait être symptôme d’un problème qui ne passera pas comme ça et qui pourrait revenir, amplifié, quelques mois ou années plus tard. (« Je le savais, j’avais senti qu’il y avait un problème mais sur le moment j’ai fait comme si ça pouvait aller... »).

 

Saturne en Vierge pourrait nous inviter à ne pas mentir avec nos sensations (Vierge, signe de Terre, point d’appui des sensations physiques), à ne pas se mentir, à ne pas occulter nos malaises (-> somatisations) mais au contraire à prendre appui sur eux pour explorer leurs origines et leurs causes afin de clarifier dès maintenant le présent... donc l’avenir.

Cette vigilance peut-être d’un grand enseignement personnel (s’écouter, faire confiance aux sensations, apprendre à les décortiquer et à les faire parler) et d’une grande utilité relationnelle : quand nous sommes d’accord, nous sommes vraiment en accord, nous connaissons mutuellement les termes, les contenus et les limites de nos lieux communs. Nous n’avons pas l’ombre d’un doute, et les projets communs, quels que soient leurs domaines (familiaux, professionnels, sociaux...) peuvent alors canaliser une énergie claire et efficace, visible et lisible. Nous pouvons avancer ensemble, oeuvrer, chacun sachant ce qu’il a à faire et pourquoi, chacun récoltant les fruits de partenariats productifs — et l’ensemble (le groupe, l’environnement élargi, la société...) récoltant les fruits de cette dynamique de « santé psychique relationnelle ».

Il y aura bien sûr toujours de l’inconscient (personnel et collectif), et la clarté d’aujourd’hui ne garantit pas un « sans ombre » pour demain. Mais l’apprentissage conscient d’une vigilance sensorielle quant aux situations que la vie nous amène à traverser et aux personnes que nous croisons, est, elle, une garantie quant à notre capacité à sentir de plus en plus rapidement « ce qui ne va pas », notre capacité à analyser plus rapidement « pourquoi ça ne va pas », notre capacité à trouver les moyens de (se) le dire et notre capacité à prendre des décisions et à faire des choix personnels en fonction du résultat de ce processus de clarifications.

Ce passage de Saturne en Vierge de septembre 2007 à décembre 2009 est l’occasion, pour chacun d’entre nous, d’affiner une connaissance de soi susceptible de nous offrir une bien plus grande maturité (et unité / santé) sensorielle, émotionnelle et intellectuelle. Approfondissons donc nos capacités et nos outils... (Vierge, les outils).

l'étape de cette lunaison

garder en tête... l’échéance de juillet 2008
se confirmer dans le fond, se recentrer,
évaluer la pertinence actuelle des formes, quitte à en détruire certaines...

Quels que soient les projets que les uns et les autres préparons actuellement, nous avions noté dans les lettres de lunaison précédentes une échéance importante : le moment de la conjonction Mars / Saturne au 6° Vierge du 11 Juillet 2008 [6].

Qui dit échéance dit la fin de quelque chose, le début d’autre chose. Mars est une planète personnelle, son énergie de Feu nous donne la force d’agir pour mener notre vie sur terre. Toute la difficulté d’une conjonction Mars / Saturne est la relation (et parfois l’immense conflit) entre impulsions personnelles (+ pulsions) et l’environnement social, légal, culturel... dans lequel notre impulsion tente de s’inscrire.
Saturne représente une instance dont l’effet peut-être la reconnaissance et « l’autorisation » de l’accomplissement de notre intiative dans la société — tout comme le mur, l’interdit, le Juge, la Loi (ou le Surmoi) qui dit non... avec pour conséquence un blocage total de notre énergie personnelle, le sans issue, la dévitalisation, la dépression, voire une maladie (signe de la Vierge, tendance des conflits psychiques à « descendre dans la biologie »).

La première quinzaine du mois de Juillet 2008 peut ainsi représenter un moment important dans nos parcours, une charnière très constructrice comme un moment de crise suraiguë et d’échec douloureux.
Les deux mois à venir peuvent alors être d’une importance capitale pour continuer de clarifier ce que nos sensations nous racontent et d’observer ce que nos projets traversent. Le mot-clef d’un passage constructif est sans doute : LA SENSATION DE JUSTESSE.

 

Il ne s’agit pas forcément d’avoir tout réglé et régulé extérieurement avant le 11 juillet... tout ne sera pas parfait (perfection Vierge) au 11 juillet 2008.
Mais il s’agit sans doute d’avoir réglé et régulé intérieurement certains conflits en trouvant LE positionnement intérieur et en ayant formulé LE ou les choix à faire. Positionnement et choix qui permettent de trouver UNE issue aux tensions en exprimant quelque chose d’authentique et de juste pour nous actuellement. Pour éviter le mur (Saturne, prison), il s’agit parfois d’ouvrir préalablement une porte.

Du 10 mai au 1 juillet 2008, avant d’entrer en Vierge, la planète Mars va traverser le signe du Lion.
Ce passage de Mars dans ce signe de Feu pourrait être intéressant dans la mesure où il permet de centrer l’énergie personnelle et de se connecter à une énergie de réalisateur. Cela peut également nous renvoyer à l’énergie qui nous traversait au printemps 2006 (conjonction Mars / Saturne en Lion du 18 juin 2006), moment où nous avons peut-être senti l’urgence (le risque et la satisfaction) d’affirmer notre volonté et de canaliser l’énergie et les choix en conséquence.

Il peut d’ailleurs être intéressant de revisiter cette période du printemps 2006, en observant ce qui nous habitait alors, ce que nous avons réalisé depuis et l’étape que nous traversons actuellement. Il y a peut-être continuité, tout en sachant qu’aujourd’hui, avec Mars / Saturne en Vierge, l’enjeu n’est pas principalement d’affirmer notre volonté et notre force (bien que ce soit un préalable, un point d’appui), mais de trouver comment cette volonté va être partagée, quelle est son « utilité » pour les autres et comment elle va servir (Vierge) un projet plus collectif.
Si la conjonction Mars / Saturne en Lion de Juin 2006 pouvait réveiller en nous une sensation de puissance... celle de Juillet 2008 peut demander plus d’humilité... « Dans un pacte social, chacun renonce à sa liberté naturelle pour gagner une liberté civile.»...
Toute la subtilité des dosages moi / nous.

 

déconstruire, construire...
Cette lunaison de Mai 2008 présente une particularité : nouvelle lune et pleine lune auront lieu dans le signe du Taureau (Soleil au 16° Taureau lors de la Nouvelle Lune, au 30° lors de la Pleine Lune).

Le Soleil parcourt entre 14 et 16 degrés entre une Nouvelle Lune et une Pleine Lune. Un signe contient 30°. Lorsque la nouvelle lune a lieu dans les 15 premiers degrés d’un signe, la pleine lune s’inscrit dans les 15 degrés suivants. Ce phénomène « Nouvelle Lune et Pleine Lune dans le même signe » aura lieu jusqu’à la lunaison du 22 juin 2009 au 2° Cancer (PL au 16° Cancer). Ensuite nouvelle lune en Cancer au 30°, pleine lune au 14° lion...

Lorsque Nouvelle Lune et Pleine Lune ont lieu dans le même signe et le même axe (ici l’axe Taureau / Scorpion), cela peut donner la sensation d’un enseignement particulier lié aux énergies et aux défis de cet axe. Cet axe Taureau / Scorpion condense une énergie assez puissante, mettant en relation les deux principes de construction - destruction.

 

Il est possible que cette lunaison de mai 2008 se passe en deux phases :
- Lors de la Nouvelle Lune du 5 mai 2008, Soleil / Lune en Taureau seront en trigone à Jupiter en Capricorne. Cette configuration en signes de Terre présente une certaine stabilité, Jupiter pouvant apporter au Soleil une certaine aisance (foi, inspiration). Nous nous sentons peut-être lucide (taureau + capricorne), nous réfléchissons à des problèmes très concrets avec un bon sens de l’organisation et de l’efficacité. Nous respirons un bon coup. Nous sentons peut-être que certains changements sont en préparation et nous voulons exercer un certain contrôle (Jupiter en Capricorne) sur la tournure que vont prendre les choses. Nous avons peut-être des choix à faire, ou des situations à réajuster, et nous cherchons ce positionnement qui nous donnera cette « sensation de justesse » dont nous avons parlé.

- Lors de la Pleine Lune du 20 mai 2008, il semble que quelque chose puisse se précipiter... Soleil et Vénus en Taureau sont en opposition à la Lune en Scorpion + la Lune Noire en Sagittaire.
La présence de la Lune Noire dans l’énergie de la Pleine Lune invite toujours à une grande prudence, car une partie des informations et des sensations en jeu peuvent nous échapper. En Sagittaire, nous pouvons tout à coup « perdre la boussole », le fil conducteur, et nous retrouver face à une vide. La montée d’énergie de la Pleine Lune nous a débordé, nous avons peut-être explosé (Lune noire trigone à Mars en Lion : je rugis) alors que nous nous préparions au contraire à planifier les changements et à les contrôler.

Autre possibilité : les formes que prennent notre vie sont en mouvement perpétuel (quel travail, quelles associations, quel lieu de vie...), et nous font vivre des passages, des deuils, des transformations...

 

Les signes du Taureau et du Scorpion sont des signes fixes, ayant parfois du mal à passer souplement d’une situation à une autre, d’une forme à une autre. Les attachements peuvent être puissants, et les peurs de perdre ce que l’on a (ou ce que l’on croit avoir) provoquent parfois de puissantes résistances aux changements, avec une certaine lenteur d’adaptation.
Même un changement positif, désiré depuis longtemps, peut prendre du temps à être intégré. Le passé reste présent, comme si les pensées, les émotions et les rituels de vie qui avait accompagné ce passé prenaient du temps à se désagréger et à faire de la place à ce qui est désormais actuel.
Une fois que de nouveaux rituels (surtout pour le signe du Taureau) se mettent en place, une sensation de sécurité et de confort revient, et une solidité s’installe.

Ainsi, même en cas de décisions (sensation de justesse), ou d’événements, très positifs dans notre parcours, cette Pleine Lune pourrait pendant quelques jours nous bousculer, peur de l’inconnu (Lune Noire en Sagittaire), peur de changer de contexte, d’habitudes, de rythme. Excitation et peur mêlées.
Le cas échéant, respirer, calmer...

 

La planète Mercure quant à elle, traverse le signe des Gémeaux du 3 mai au 10 juillet 2008. Dans la prochaine lettre de lunaison, nous en reparlerons, étant donné que Mercure fera une rétrogradation dans ce signe du Gémeaux du 27 mai au 20 juin.
Ce phénomène en Gémeaux nous indique cependant que, suite aux possibles changements que nous traverserions durant cette lunaison de Mai, il pourra exister, effectivement, tout une période d’adaptation à de nouvelles circonstances, décisions ou contextes.

L’association Mercure (rétrograde) en Gémeaux + Lune Noire en Sagittaire fait penser à la situation de personnes brutalement déplacées qui doivent s’adapter en un temps record à un nouveau pays, une nouvelle langue, de nouveaux us et coutumes...
C’est pour dire... le mois de juin (mois du Gémeaux) risque d’être très animé.

 

pour finir...

Une lettre certes dense...
entre un espace-temps très collectif s’étalant sur une vision des décennies à venir,
et ce que nous avons à faire, ici et maintenant, précisément, dans nos vies...

Bonne lunaison :-)))
Sandrine Delrieu

 

NOTES
1. Encyclopædia Universalis 2005
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Du_contrat_social
3. Voir le thème de naissance de J.J Rouseau : www.madrugada.fr/spip.php?article136
4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Du_contrat_social
5. Du contrat social. J.J Rousseau. Livre I Chapitre 8.
6. LDL20 et LDL21. LDL40 p6, 7. LDL41 p 5.

 

les degrés Sabian, par Dane Rudhyar.
Tiré des « Symboles Sabian, le sens des 360 degrés du zodiaque ». Ed Librairie de Médicis. 1985.
Les degrés Sabian sont des images et symboles associés à chaque degré du zodiaque. Ils ont été développés, notamment, par Dane Rudhyar, pour qui chaque degré évoque une étape de l’expérience humaine. En tant qu’astrologues, nous les consultons pour enrichir notre compréhension et intuition des subtilités de la roue du zodiaque.

nouvelle lune : 05 mai 08, en taureau, 15°22, 12:19 TU
 

SOLEIL et LUNE en Taureau, 16°

L’image : Un vieux professeur incapable d’intéresser ses élèves à l’enseignement traditionnel.
Dominante : L’inadéquation, en temps de crise, des connaissances héritées du passé.
« L’acte I du cycle marque l’apparition de données nouvelles. En période de crise, comme par exemple la « tempête » affrontée par l’homme du symbole précédent (Phase 45), la sagesse que nous enseigne le passé reste à l’arrière plan pour revivre plus tard sous une nouvelle forme. C’est le changement qui est mis en valeur. Les idées traditionnelles sont impropres pour conformer les nouvelles conditions d’existence. Chaque fois que l’on rencontrera ce symbole, il indiquera donc que même la tradition la plus consacrée ne détient pas la bonne réponse au problème posé. »
« Cette étape brosse un tableau, semble-t-il, négatif. Selon le Zen, l’esprit en proie au trouble ne devrait pas s’appuyer sur des notions du passé mais répéter : « Pas ceci ! Pas cela ! », jusqu’à ce qu’il atteigne une totale Vacuité. Nous pourrions parler ici du principe de FRUSTRATION CRÉATRICE.


 

pleine lune : 20 mai 08, en taureau / scorpion, 29°27, 02:12 TU
 

SOLEIL en Taureau, 30 °

L’image : Un paon fait la roue sur la terrasse d’un vieux château.
Dominante : La manifestation, sur un plan personnel, de dons héréditaires.
« Une personnalité exceptionnelle aux dons multiples représente toujours, à un niveau ou à un autre, la conclusion d’une longue suite d’efforts et de victoires. Comme l’écrivit un jour un grand occultiste : « L’Initié est la fleur de sa race et de sa culture. » Le paon est l’oiseau dédié à Vénus. Dans la tradition occulte, les Esprits prométhéens qui firent à l’humanité animale le don divin d’une intelligence consciente d’elle-même, venaient de « Vénus » ; et peu importe que ce soit ou non la planète que l’on observe physiquement dans le ciel.
« C’est le dernier symbole de la quatrième scène à laquelle nous avons donné comme Mot-clef « Confirmation ». Le paon confirme bien le statut social du propriétaire de ces lieux ancestraux. Il indique le COURONNEMENT d’efforts individuels ; et il suggère que ce couronnement est difficilement réalisable à moins qu’il ne s’appuie sur une lignée d’ « ancêtres » biologiques ou spirituels. »

LUNE en Scorpion, 030°

L’image : Des enfants en costumes de mardi gras se livrent à toutes sortes d’espiègleries.
Dominante : Les échappatoires que la société, dans un contexte coutumier, procure périodiquement à des énergies immatures.
« Le premier degré du Scorpion signait l’entrée dans la vie urbaine collective, gage d’une grande diversité d’expériences stimulant le sentiment d’appartenir à un ensemble plus grand, ou bien, éventuellement, les instincts rebelles. Ceux-ci, dans la plupart des cas, ne peuvent être complètement surmontés ; quoi qu’il en soit, la société leur permet de s’exprimer par l’entremise de certains rites prévus à cet effet et sans grand danger pour la collectivité. Chaque fois que l’on rencontre ce degré, c’est l’indice que l’on a besoin de telles échappatoires. Mais il faut obéir aux règles du jeu. »
« Voici l’ultime symbole rattaché à la Scène XVI du grand rituel cyclique. Il nous enseigne que toute vie collective et tout rapport humain confrontent notre sensibilité à des éléments dégradés, facteur de déstabilisation, avec lesquels on devrait composer avec précaution. Or il est aussi possible de les soumettre au pouvoir du mental – la voie du Sagittaire. L’imagination aide à SE LIBÉRER DES TENSIONS. »