| La nouvelle lune a lieu en gémeaux, premier signe d’air. Lors de la pleine lune, le soleil sera toujours en gémeaux et la lune en sagittaire, signe de feu. dynamiques de cette lunaison Comme nous l’avons remarqué au fil des lettres de lunaison, il existe dans le courant d’une année un ou deux pics d’énergie : ceux-ci concentrent certains défis d’évolution personnelle et / ou collective, et organisent un avant (préparation) / pendant (révélation, choix, changements) / après (intégration des mutations) - puis préparation à un autre défi... Cette lunaison du mois de Juin 2008 est la dernière lunaison de préparation avant la conjonction Mars / Saturne au 6° Vierge du 11 Juillet 2008. À ce titre, ce mois de Juin nous invite à trouver des issues innovantes aux questions que nous nous posons depuis un an et aux tensions que nous traversons. La précédente lettre de lunaison (LDL44) était partie à l’exploration des cycles collectifs (liens entre la période 2008/2023 et 1762/1777, écriture d’un nouveau contrat social...), ces prises de recul permettant de se resituer personnellement dans un mouvement plus vaste - et offrant, peut-être, quelques pistes de réflexions pouvant enrichir nos recherches.
Cette lettre de lunaison va « redescendre » à l’échelle individuelle, en essayant de proposer quelques appuis permettant d’utiliser « l’air du temps » pour affiner nos parcours et nos projets. | |
POSITION DES PLANÈTES
NOUVELLE LUNE 03 JUIN 2008

POSITION DES PLANÈTES
PLEINE LUNE DU 18 JUIN 2008

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gémeaux, j’ai des mots
échange d’informations tout azimuth
concevoir et énoncer
clarification des propos et des échanges
Lors de la Nouvelle Lune du 03 Juin 2008, Soleil et Lune seront au 14° Gémeaux. Lors de la Pleine Lune du 18/06, le Soleil sera toujours dans le même signe, au 28° Gémeaux, et la Lune en face, en Sagittaire.
Parallèlement, Vénus traverse le signe des Gémeaux en avançant, et Mercure en rétrogradant. Une conjonction exacte entre le Soleil, Vénus et Mercure rétrograde aura lieu le 08 juin 2008 au 18° Gémeaux.
Toute cette activité dans le signe des Gémeaux met en valeur durant cette lunaison le domaine de la communication, de la circulation des informations, (réception / émission), des échanges, en interrogeant certainement les contenus et la qualité de nos expressions et en pointant sans doute nos facultés de compréhension et notre vivacité intellectuelle.
Plusieurs types de vécus sont possibles.
Sur un premier niveau, il n’est pas rare qu’une rétrogradation de Mercure oblige à revenir en arrière sur certaines informations précédemment échangées. Il est possible que nous remarquions certaines informations mal-entendues, mal-comprises, mal-traduites, mal-interprétées... et que nous devions re-préciser certaines choses les uns avec les autres. Ne pas hésiter donc à prendre le temps d’échanger et à observer si les mots échangés ou diffusés (que nous disons ou que nous entendons) arrivent à exprimer ce qui voulait être dit ou si nous devons améliorer leurs contenus (en enrichissant notre réflexion, notre vocabulaire, etc...).
À propos de Mercure en Gémeaux, Patrick Giani [1]décrit 3 niveaux d’expression possibles, allant du plus « primaire » au plus élaboré :
1er niveau : « Son raisonnement est sujet à la dispersion et à l’instabilité. Ce Mercure reste le plus souvent superficiel et use du mensonge ou de l’esquive afin de ne pas s’impliquer personnellement. Ou bien il s’impose sans ménagements par un cynisme outrancier ou un bavardage qui fatigue très vite ses interlocuteurs. C’est le cas, par exemple d’un Mercure dissonant en maison I, qui se croit généralement très intelligent alors qu’il ne fait que traduire les élucubrations de son mental agité... »
2ème niveau : « Curieux de nature, il apprend facilement et assimile vite. Son attrait pour la nouveauté et l’inédit amène un besoin toujours renouvelé de changements et de déplacements fréquents. Pour ce Mercure, la vie est un jeu et il faut avant tout penser et s’amuser. On le trouve en général sympathique, drôle, loquace ou espiègle. Il possède néanmoins des dons pour l’écriture, tous les métiers de la communication et ceux du commerce. Qu’il fasse attention au surmenage, dû à sa grande nervosité. Il devrait écouter un peu plus les autres en ouvrant son esprit et son coeur. »
3ème niveau : « D’un contact facile, il recherche les expériences inédites, les situations drôles et rocambolesques car il possède un sacré sens de l’humour. Le rire et la désinvolture sont ses plus fidèles compagnons (Fernandel). D’une habileté oratoire et gestuelle incomparable, il est capable de faire plusieurs choses dans le même temps. C’est pourquoi les métiers de jongleur, d’équilibriste, d’illusionniste ou de trapéziste l’attirent. Il peut également exploiter ces dons dans le domaine de l’informatique ou les métiers de la communication. En outre, c’est une très bon écrivain (Marguerite Yourcenar, George Sand, Françoise Sagan) car sa brillante intelligence transparaît à chaque phrase en trouvant le mot juste et le ton approprié. »
Mercure en Gémeaux : une palette allant de l’instabilité / élucubration... à la dextérité / justesse.
Durant cette rétrogradation de Mercure (26 mai / 20 juin 2008), il est ainsi possible que nous ayons à faire avec l’un ou / et l’autre de ces niveaux d’expression. Seules les personnes qui sont Taureau, Gémeaux ou Cancer (Soleil dans un de ces signes) peuvent avoir Mercure dans le signe des Gémeaux à leur naissance (Mercure est toujours soit dans le signe précédent le Soleil, soit dans le même signe, soit dans le signe d’après). Ces personnes pourront se sentir particulièrement concernées (agitées ou éclairées) par cette rétrogradation.
Pour tous cependant, les questions de qualités de la pensée, de la compréhension des choses, de formulation, de communication... pourraient être ressenties durant ce mois de Juin.
« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement
et les mots pour le dire arrivent aisément. »
Nicolas Boileau, L’art poétique, Chant I.
Dans le fond, nous devons garder en tête le processus de clarification, de discernement, de nettoyage des zones d’ombres... qui oeuvre depuis septembre 2007 (Saturne en Vierge) et nous fera certainement vivre un bilan durant la première quinzaine de Juillet 2008 (Mars / Saturne en Vierge). En ce mois de Juin, nous sommes ainsi invités à travailler cette matière, l’intellect et le langage, afin d’améliorer la clarté et la justesse de nos conceptions et nos formulations - ce qui améliorera la clarté de notre communication et de nos relations.
Mercure étant également lié au signe de la Vierge, nous pourrions voir là une opportunité qui nous est faite de clarifier, dans l’échange et le dialogue également, ce que nous pensons de telle ou telle situation, de telle ou telle relation, de formuler ce qui nous dérange, d’arriver à trouver pourquoi cela nous dérange, d’oser parler, d’oser dire et également de s’appuyer sur les facultés intellectuelles de chacun pour améliorer nos conceptions et formulations communes.
Cette lunaison de Juin 2008 peut ainsi nous donner l’occasion de faire un travail d’observation et d’introspection dans ces domaines du mental et du langage — notamment si nous vivons actuellement des difficultés de communication ou de compréhension.
Papiers et paperasses, documents et journaux, écritures et graphismes... peuvent être également concernées. Il arrive parfois, durant une rétrogradation de Mercure (qui plus est en Gémeaux), que là aussi existent certains cafouillages, retards, polémiques, entourloupes, malentendus... Faire attention peut-être à ce que nous écrivons, diffusons ou signons (contrats) durant ce mois de Juin. Le Mercure « menteur » peut par exemple falsifier un relevé de notes scolaires pour éviter une remontrance des parents (grave, pas grave ?) ou « arranger » la comptabilité d’une entreprise pour cacher des pots de vin. Il peut prendre l’habit d’un vendeur à domicile manipulateur qui fait signer à des papis-mamis naïfs des documents qui n’engagent à rien [2]...
Possible donc qu’en ce mois de Juin un jeu de masques et de démasquages... révèlent au grand jour certains décalages entre intentions réelles et intentions formulées.
de l’air de l’air...
Mais aussi, avec Mercure en Gémeaux... envie d’écrire, de dessiner. Envie de mouvement, de mobilité du corps et de l’esprit. Envie d’air, de vent, de légèreté. Envie de s’amuser et de rire. Envie de se désenclaver du sérieux et du lourd, de souffler. Envie de respirer, de se dissocier quelque peu de la douleur et des difficultés du monde, pour prendre un bol d’air nécessaire à la vivacité et à la régénération de nos nerfs et de nos neurones.
L’un n’empêche pas l’autre.
vénus et les dimensions affectives
Outre Mercure, la planète Vénus traverse également le signe des Gémeaux, et une conjonction Soleil / Mercure / Vénus aura lieu le 08 juin au 18° Gémeaux.
Vénus en Gémeaux transpose tout ce que nous avons dit sur le fonctionnement mental de Mercure en Gémeaux sur le plan de l’affectif et des désirs. Là aussi, Patrick Giani décrit 3 niveaux d’expression.
1er niveau : « Mercure, la planète des Gémeaux, intellectualise ici la sensibilité vénusienne et lui confère beaucoup de curiosité dans le domaine sentimental. Privée d’une réelle chaleur, Vénus trouve ainsi des valeurs compensatoires dans l’exhibitionnisme ou le narcissisme. La volonté d’aimer se transforme en désir d’être aimée et admirée, c’est pourquoi elle peut vivre sans complexe des liaisons simultanées. Et elle ne s’en prive pas ! (...) Mais elle réalise rarement le mal qu’elle peut causer en agissant de la sorte... »
2ème niveau : « Sa façon d’aimer est faite de séductions et d’aventures amoureuses dans lesquelles le jeu et la recherche de la complicité sont très importants. Inconsciemment, elle cherche à s’affirmer dans le flirt et l’aventure, qui lui semblent plus faciles à vivre, surtout parce qu’ainsi elle s’implique moins dans la relation. Cette Vénus est parfois superficielle, considérant l’amour comme un jeu et les relations humaines comme des expériences. Elle peut de la sorte passer des heures à discuter ou à minauder en riant dans les bras de son partenaire. Elle aime également jouer au chat et à la souris, tester sa capacité de résistance ou sa fidélité. Quoi qu’il en soit, elle a besoin d’un partenaire qui ait le sens de l’humour, une intelligence appréciable et... pas trop jaloux, si possible !
3ème niveau : Dépassé ce stade, cette Vénus recherche l’âme soeur - dans le plein sens du terme - puisque à ses yeux l’amour est tout d’abord une grande amitié partagée. (...) Sur le plan spirituel et karmique, sa principale leçon est la compatibilité de pensée avec autrui. (...) Elle a beaucoup à apprendre des autres signes de la croix mutable : la ponctualité (par le carré avec la Vierge), la loyauté (par l’opposition avec le Sagittaire) et l’ouverture spirituelle (par le carré avec les Poissons). »
Vénus restera en Gémeaux jusqu’au 18 juin (jour de la Pleine Lune), avant de passer dans le signe suivant, le Cancer, beaucoup plus tendre et émotionnel.
Cette période « Vénus en Gémeaux » pourrait ainsi favoriser les « amours de passage » (et convenir à certaines personnes qui ont Vénus en Gémeaux dans leur thème de naissance), mais également poser des questions plus ou moins graves et douloureuses sur l’engagement, la fidélité et la profondeur de nos relations affectives. Une nouvelle rencontre (ou une rencontre récente) pourrait être affectée par le manque d’ancrage affectif inter-personnel ou être déstabilisée par une autre rencontre et une autre expérience qui passe par là. Les Gémeaux ayant Vénus en Gémeaux sont parfois réputés pour être de parfaits amants ou maîtresses (il ne veulent pas d’engagement, ils ne demandent rien de plus que la légèreté d’un lien aérien, d’une complicité et d’un jeu) mais surtout pas le ou la compagne « officielle » !
Suivant notre situation actuelle (rencontre récente, relation durable, célibataire, relations franches et saines ou déjà complexes et difficiles...), ce mois de Juin pourrait ainsi mettre en mouvement ce domaine affectif et nous poser des questions sur les valeurs qui traversent nos quêtes affectives. Je passe rapidement sur les questions d’infidélité, de mensonges, de falsifications, de double ou triples vies... qui pourraient masquer / démasquer certaines relations durant ce mois de Juin. Parmi les raisons, nous pouvons trouver le fait de prendre les autres pour des objets (Vénus en Gémeaux : jouer avec les sentiments des autres juste pour voir ce que ça donne et s’amuser de ça) ou être soi-même coupé de tout sentiment humain plus élaboré et signifiant.
Le prix et le poids de la légèreté en amour.
Il est fort possible que cette période réveille également des questions d’espace vital : besoin d’air dans la relation, de respirer ailleurs et de multiplier les contacts amicaux, sans que cela affecte pour autant la profondeur et la qualité de sentiments pour la personne choisie comme compagnon de vie. Les sensations d’étouffement (se sentir coincé, surveillé, surprotégé...) pourraient alors provoquer une réaction inverse et une « obligation de mentir », même pour des choses futiles, pour arriver à se réserver des espaces où nous pouvons explorer notre besoin de mobilité relationnelle et de nouveautés. Auquel cas, il peut être intéressant d’observer notre besoin en terme d’espace vital et de liberté de mouvement - comme de laisser aux personnes qui vivent dans notre environnement la possibilité de développer le leur.
Par ailleurs, il est possible que les questions de complicité intellectuelle, d’affinités entre esprits qui se comprennent de manière spontanée, nous permettent de vivre de beaux moments relationnels.
À observer : le jour de la conjonction exacte Soleil / Vénus / Mercure du 08 Juin 2008 (la veille, lendemain). Qui sait, pour certains, cet alignement d’énergies pourraient faire rencontrer, comme par hasard, une personne qui soit effectivement l’âme-soeur que nous cherchons depuis longtemps... ou une / des personnes avec qui les affinités de coeur et d’esprit sont exceptionnelles.
gémeaux, des maux dans les mots
langage personnel et langue commune
mais qu’est-ce que je dis ? ça parle...
lalangue, langue maternelle et corps
Lorsque Raimon Panikkar nous dit : « Tout dialogue est bilingue », nous entrons peut-être dans le vif du sujet de cette lunaison - notamment si nous vivons actuellement des difficultés de compréhension, de formulation et d’échanges. Même si nous parlons la même langue (par exemple le français), nous ne parlons pas le même langage et nos représentations et nos significations ne se rencontrent pas forcément. Chacun parle, chacun (se) parle, mais finalement, parle de quoi et de qui (élucubrations) ?
Pour tous, le signe des Gémeaux évoque la période de la petite enfance (2 / 3 ans principalement) où nous avons développé le fait d’apprendre à parler et à former des images, à dissocier / associer « corps, choses, images et mots », à se représenter certaines choses et à en fantasmer d’autres, à se représenter soi-même et à se dissocier / s’associer à son propre corps et à l’image de ce corps. C’est à partir de là que nous nous sommes construits en tant qu’adultes... que nous communiquons avec d’autres personnes, que nous essayons de convaincre, d’expliquer, de comprendre...
Jean Daniel Nasio, en partant des recherches de Jacques Lacan, peut apporter quelques éclairages [3] susceptibles de nous « faire réfléchir » (et de nous faire « miroir ») durant cette lunaison en Gémeaux. Possible que cela nous permettre de mieux voir les origines et la construction de notre propre langage :
« Selon vous, à partir de quelles données objectives Lacan a-t-il déduit son principe d’un inconscient structuré comme un langage ?
Votre remarque m’amène avant tout à rappeler la distinction très importante entre langage et langue. Certes, l’inconscient a une structure de langage, mais ses effets se manifestent sur le terrain de la langue, c’est-à-dire sur celui du langage parlé. (...) Parmi toutes les réalités dans lesquelles l’inconscient s’exprime, celle de la langue offre la meilleure ouverture pour accéder à l’ordre structural de l’inconscient. De la même manière que Freud tenait le rêve pour la voie royale d’accès à l’inconscient, je dirais que pour Lacan, la route royale à suivre est celle de la langue.
(...) Il y a d’abord une langue qui serait par exemple le dialecte de Cali, que je suppose très distinct de celui de votre capitale, Bogota, même si, dans ces deux régions, on parle la même langue, l’espagnol. Il y a ensuite et surtout cette langue particulière qui est la langue maternelle, la langue parlée par la mère. Or, l’inconscient se manifeste justement dans cette langue. En vérité, la bonne définition serait : « L’inconscient est structuré comme un langage et se manifeste dans la langue parlée par la mère. »
- Mais alors, notre inconscient est structuré en espagnol puisque nous parlons espagnol ?
Non, l’espagnol est avant tout une langue dans laquelle se manifeste l’inconscient et non pas un langage dans lequel il se structure. (...) Convenons que l’inconscient est structuré comme un langage ayant des effets dans les différentes langues que le sujet parle et tout particulièrement sa langue maternelle.
Or, la différence entre langage et langue nous sert aussi pour penser le rapport de l’enfant avec sa mère. Car on pourrait dire que la langue maternelle, cette langue que la mère parle, est la langue de la peau, de tout ce qui est relatif au corps, en un mot, de la jouissance. Lacan écrit « lalangue » pour souligner combien l’inconscient se manifeste dans une langue (...).
Pourquoi créer ce néologisme de « lalangue » ? Pour faire entendre que ce n’est pas tant la langue de Cali ou le dialecte de telle région qui importent, c’est avant tout lalangue où se manifestent les effets de l’inconscient. Ce néologisme lacanien d’écriture qui soude l’article et le nom sert à distinguer la langue de l’inconscient, de la langue dans son acception linguistique. C’est lalangue avec laquelle me parle tel patient, et tel autre, et encore tel autre. Chaque patient parle en dernière instance une langue différente. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas seulement du français qu’il s’agit, c’est son français à lui, familier, maternel, celui de son histoire singulière. Lalangue est quelque chose que l’on tète, c’est la partie maternelle et jouissante de la langue. Lalangue reste intimement liée au corps, donc éminemment chargée de sens. Lalangue est une langue de sens, pleine de sens.
Cela étant, lalangue dans laquelle l’inconscient produit ses effets est une langue liée au corps. Or, que signifie « liée au corps », sinon chargée de sens ? Quand on donne un sens aux choses, le corps est au milieu. Nous donnons un sens d’après le corps que nous avons. (...) Le corps est là, dans la connaissance, dans la lecture d’un texte, dans la compréhension de ce qui est écrit et dans le simple fait de s’exclamer : « Je comprends ! ». C’est là qu’est le corps. La connaissance est liée à l’image du corps. Hegel, le premier, a établi les fondements corporels et imaginaires de la connaissance. Suivant une intuition hégélienne, Lacan inventa le concept de connaissance paranoïaque. Pour Lacan, toute connaissance est une connaissance paranoïaque, c’est-à-dire que dans toute connaissance on fixe et on fige les objets du monde en leur assignant un sens. Et j’ajouterai : à travers l’image du corps. Oui, la connaissance c’est produire un sens à travers l’image du corps. Paul Valéry disait : « On n’entre dans la connaissance qu’à travers le seuil du corps ». »
Chercher du sens... ou essayer de se reconstituer.
Par rapport au signe des Gémeaux, le corps, c’est le signe d’avant, le signe du Taureau, signe de terre, lieu où le corps est jouissance, où les pertes de contact sont douloureuses et les attachements vitaux, où l’on voudrait rester éternellement dans une même sensation de « tout corporel » et d’unité. Lieu, peut-être, de cette « langue de la peau » dont parle J.D. Nasio.
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gémeaux |
Le dessin du signe du Taureau est rond comme un oeuf, plein, un tout. Il contient ce qu’il est, il est ce qu’il contient. Sa coupe du dessus réceptionne. Il emmagasine. 2ème signe du zodiaque, correspondant à l’étape « de 1 an à 2 ans ».
Le dessin du signe des Gémeaux a ouvert le cercle, haut et bas en miroir, droite et gauche en miroir, dédoublements. L’enfant est entré dans la langue, il parle son langage, les choses et les mots, le corps et l’image du corps, la bouche qui parle, des bouts de corps, des bouts de mots, des bouts de monde. Mobilité, fragmentation.
Dans « l’image inconsciente du corps » [4], Françoise Dolto raconte l’histoire d’une petite fille qui est devenue « schizophrène à deux ans et demi parce qu’elle avait été mise dans une chambre d’hôtel où tous les meubles étaient en glaces, et les murs recouverts de miroirs. Elle était, jusqu’à deux ans et demi, vivant aux États-Unis, une enfant tout à fait saine, qui riait, jouait, parlait ; en France, au bout de deux mois d’hôtel, avec une personne engagée pour s’occuper d’elle et qu’elle ne connaissait pas, on en a fait une enfant schizophrène. Elle s’est perdue, éparpillée, dans l’espace de cette chambre inconnue, en bouts de corps visibles partout, dans les miroirs, dans la glace des portes, dans celles des pieds de table ; morcelée dans tout l’espace et sans présence amie. Ses parents étaient occupés à visiter Paris, pendant qu’il la laissait avec une gardienne inconnue d’elle comme d’eux, et qui ne parlait pas l’américain. »
Les personnes qui sont Gémeaux, ou qui ont plusieurs planètes en Gémeaux, sont parfois très sensibles à ce « morcellement dans l’espace » et aux conséquences de cette phase liée au miroir, au double, au reflet, à l’image, l’éparpillement, le multiple... Tentatives - parfois ludiques (curiosité, légèreté, jonglage...), parfois désespérées (mimétisme dépersonnalisé, éclatement, incohérence) - de rassembler ces morceaux épars d’elles-mêmes que la découverte de l’image de soi et l’apprentissage de la langue auront provoqué. [5]
Une chose intéressante durant cette lunaison pourrait être d’entendre notre propre lalangue, notre langue de l’inconscient - et peut-être certains contenus qui s’y expriment - notamment si les dialogues que nous entretenons avec notre entourage sont tellement « bilingues » qu’il s’agit en fait de monologues.
Peut-être arrêter de temps en temps de parler et se demander « mais qu’est ce que je dis ? », qu’est ce qui se dit dans ce que je dis ? pourquoi je dis cela ? pour qui ? qu’est ce que je réclame ? quels bouts épars de moi j’essaie de rassembler ? à qui je parle ? à moi ? de moi ? à l’autre ? Quel que soit le sujet dont je parle (l’économie dans le monde, la politique, la morale, la manière de planter les tomates, ce que devrait faire la cousine, telle ou telle conviction...) lalangue s’introduit dans ce que je dis, lalangue parle et raconte peut-être bien d’autres choses que ce que je crois dire.
L’exemple de la petite fille donné par Françoise Dolto illustre de manière douloureuse à quel point, lors d’une certaine phase de notre croissance, une unité sensorielle joyeuse (Taureau), en entrant dans l’espace des images et des mots, peut éclater en petits morceaux si certaines conditions extérieures (la mère notamment), ne permettent pas à l’enfant de relier ces bouts de corps, d’images et de mots en un nouveau « tout » personnel et cohérent. Certaines personnes sont déchiquetées dans l’espace et toute leur vie est une lutte contre la folie. Dans une moindre mesure, de nombreuses difficultés, nervosités, incohérences, troubles sensoriels, dissociations, déboussolements... peuvent provenir de cette époque là. Lalangue en parle.
Lorsque Françoise Dolto nous dit que « tout se joue avant 6 ans », cela nous renvoie certes à la grande difficulté de retrouver, en tant qu’adulte, « ce qu’il s’est-il passé en nous durant ces 6 premières années ». Ce qui s’est bien passé, ce qui fut structurant et positif, nous a permis de grandir, de construire notre instance personnelle, le Moi, un et unique, de nous humaniser et de nous socialiser. Les processus inaboutis, avortés, empêchés, les passages ratés... nous en voyons les conséquences dans nos vies affectives, professionnelles, familiales, dans nos mal-êtres ou nos mal-a-dits, dans nos obsessions ou nos rigidités, dans nos peurs et nos réponses inadaptées, dans notre autisme, ou encore, dans certains cas, dans l’élaboration de personnalités psychotiques ou perverses (voir le récent procès de Michel Fourniret [6], malheureusement très instructif en terme psycho-pathologique).
Si nous prenons les propositions astrologiques qui traversent « l’air du temps » comme des opportunités d’approfondir notre connaissance de soi, de l’être humain et de la vie - et comme possibilité active de peaufiner en nous certains processus psychologique et spirituel - cette lunaison de Juin 2008, grâce à l’activation des dynamiques Gémeaux pourrait ainsi nous permettre, à travers une écoute de notre lalangue (et peut-être chez un psychanalyste), d’entendre certains de nos dires inconscients. Et de sortir d’un enfermement ?
Dans cette relation corps-langage, une autre piste, permettant là aussi de mieux se connaître, est également intéressante : si lalangue part du corps, et de la relation corps / langue / mère ... Quel système biologique s’exprime prioritairement dans mon langage ? digestif ? (« cette histoire, je n’arrive pas à l’avaler / cet événement, je ne peux pas le digérer...) olfactif ? (« lui, je ne peux pas le sentir ») pulmonaire ? (« ça, ça me gonfle / elle me pompe l’air »). Repérage intéressant dans la mesure où il peut nous donner des indices sur le système biologique qui pourrait être ciblé et fragilisé en cas de vécu émotionnel intense.
« Comprendre,
non pas ce qui est dit,
mais ce qui fait dire à chacun ce qu’il dit,
et à travers ce qu’il dit et comment il le dit,
ce qui lui fait penser ce qu’il pense ».
Abdelmalek Sayad
En espérant que ces écoutes, ces auto-analyses, ces clarifications, ces découvertes... nous permettent de mettre en oeuvre des dialogues qui s’enrichissent en clartés, en affinités, en complicité d’esprit, et puissent nous aider à produire des conceptions limpides, appropriées et partagées. Nos compétences en terme de compréhension, de formulation, de communication pourraient s’en trouver renforcées.
La manière dont nous évaluons une situation, un contexte, un événement, notre entourage... détermine la manière dont nous allons y répondre, choisir, agir. D’où l’importance d’un mental compétent dans nos vies, activités, projets, relations.
mercure, le messager du soleil
entendre les messages subtiles
un rêve, une intuition...
une parole intérieure, un verbe
Dans la Lettre de lunaison n°41, nous avions suivi la sonde Messenger dans son exploration de la planète physique Mercure en émettant l’hypothèse que cet événement scientifique était aussi un événement psychique et spirituel.
Quelques phrases issues de la LDL41 :
- Mercure, la planète la plus intérieure, la plus proche du Soleil : s’approcher du Centre.
- Voir ce que l’on n’avait jamais vu, nommer ce que l’on voit : connaître, co-naître.
- Analyser dans le détail, mesurer, compter, retrouver les processus et l’histoire : retrouver l’origine.
- Des points de vue multiples à l’unité d’une vision : construire une unité.
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| position des planètes le jour de la nouvelle lune du 07/02/2008 |
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position des planètes le jour de la conjonction Mercure / Vénus / Soleil du 07/06/2008 |
À l’époque (Février 2008), Mercure faisait une rétrogradation en Verseau [7] (signe symbolisant le ciel, les ondes) et passait sur la conjonction Neptune / Noeud Nord. Quelques mois après, en ce mois de juin 2008, Mercure fait une rétrogradation en Gémeaux, signe d’air comme le Verseau, et se trouve en aspect de trigone (120°) avec la conjonction Neptune / Noeud Nord. Un Lien entre les deux périodes est possible.
Traduction : si les activités extérieures (aller faire les courses, penser à ceci cela, résoudre un problème concret, etc...) ne mobilisent pas toute notre activité intérieure (comment je vais faire, je n’ai pas le temps, je dors mal, ça m’épuise, je veux ceci pas cela...), il est possible que quelque chose se passe depuis quelques mois, quelque chose de très subtile, que seuls le silence, les moments de méditation et les rêves puissent recueillir.
Avez-vous fait dernièrement des rêves singuliers, étranges ? Des rêves qui ne retraitent pas l’information quotidienne ou psychologique, mais qui semblent porter un message autre, une dimension spirituelle, une message ou un enseignement plus profond ? « Mon Royaume n’est pas de ce monde »... Avez-vous senti, perçu, capté des informations qui ne se traduisent pas avec les langages « de ce monde » mais avec une autre langue et dans une autre dimension ?
Toute cette phase de rétrogradation de Mercure, jusqu’à la fin du mois de Juin, pourrait favoriser une « descente » d’informations subtiles : Mercure, la planète la plus proche du Soleil (symbolisant Dieu, l’être suprême, la flamme intérieure) a peut-être des choses à nous raconter sur nos origines, notre histoire, sur notre chemin spirituel, notre devenir...
Restons donc à l’écoute, disponible, accueillant, ouvert. Ce type d’événement, un rêve-guide, un dialogue avec l’ange... peut bouleverser tout un parcours de vie, balayer d’un revers de main bien des futilités bruyantes qui occupait notre mental et relancer une dynamique de vie profondément juste, alignée et rayonnante.
ce qui part du centre
mars conjoint noeud sud en lion : puissances
si problèmes d’identité fragile : je veux être —> ça force...
si question d’identité dépassée : je suis
—> ça rayonne...
Cette lunaison, outre l’aspect « Gémeaux », présente un pic d’énergie très puissant dans le signe du Lion. La planète Mars va rejoindre le Noeud Sud au 21° Lion les 15 et 16 juin 2008, dans la montée vers la Pleine Lune du 18 juin. Qui plus est, un Yod (figure dessinée en violet sur le thème de la Pleine Lune) vient concentrer toute l’énergie de la Pleine Lune sur ce point Lion.
Cette montée d’énergie pourrait provoquer de nombreux effets... explosifs. L’énergie de Mars en Lion est loin d’être mièvre, et selon l’état psychologique et émotionnel des uns et des autres, de très puissantes revendications et affirmations individuelles risquent de s’exprimer durant cette montée de Pleine Lune.
Explorons quelque peu...
Le Lion, c’est MOI. Mon ardeur, mon autorité, mon pouvoir, ma détermination, mes réalisations, mon charisme, ma générosité, ma franchise, mon pouvoir créateur, mes spermatozoïdes, mon nom, ma signature, mes réussites... Un des défis du signe du Lion (et de l’étape Lion dans la construction psychologique de tout un chacun) est d’effectivement concentrer et centrer en un Moi unique, original, les capacités, compétences, valeurs, forces... qu’un individu reconnaît comme siennes afin de constituer son identité singulière, puis de s’ouvrir, de rayonner à partir de ce centre — et de passer au-delà de l’étape du narcissisme et de la toute puissance (qui font partie des étapes de la construction de l’enfant vers 4-5 ans) mais qui deviennent des fixités psychologiques dès lors qu’un genou n’a pas été mis à terre, une fois cette identité constituée. Nous arrivons alors à la phase « Vierge », signe suivant, la lutte, la peur de perdre son pouvoir et la compétition pour la construction du Moi sont terminées, il s’agit désormais de se servir de son identité pour servir le collectif, l’autre, la vie... et non de se servir du collectif pour servir son identité et combler ses failles... retournement.
Peut-être la phase Lion permet-elle de rassembler et de reconstituer tous les bouts de soi que la phase Gémeaux a multiplié et éclaté dans l’espace. Le souci de reconstituer sa propre unité fait passer par une étape qui induit une force centripète (vers soi) en provoquant le sentiment d’être le centre du monde, tout comme le soleil est le centre du système solaire. Épreuve Lion : passer d’une force centripète (vers soi) à une force centrifuge (vers l’extérieur).
Par exemple, le signe du Lion peut être lié à une énergie de grande chaleur humaine et de franche générosité. Mais une personne ayant une énergie Lion encore centrée sur elle-même pourra imposer sa générosité aux autres avec force et s’admirer elle-même en train d’être généreuse. Elle se regarde en train de faire une bonne action, ce qui lui permet de renforcer son identité - mais être imbu de soi-même n’est pas encore une « bonne action désintéressée »... Si l’admiration de ses protégés cesse, elle les privera de ce qu’elle leur donnait auparavant. Despotisme plus ou moins violent.
Lorsque l’énergie Lion est à la fois concentrée et rayonnante, elle offre des ressources fabuleuses.
Françoise Hardy [8] nous raconte :
Le Lion « favorise la concentration de la fermeture autoprotectrice et la retourne en ouverture volontaire et audacieuse dans le monde. (...) Au Lion, la concentration de la fermeture autoprotectrice de l’été sur ce qu’il y a à protéger revient à blinder le point critique jusqu’à acquérir un sentiment d’invulnérabilité suffisant pour s’ouvrir au monde et y conquérir la meilleure place possible. (...) Doté d’une personnalité volontaire et ambitieuse, l’adapté du signe ne s’apitoie pas sur lui-même et fait l’impasse sur ce qui pourrait le déstabiliser. Le tempérament léonin est celui d’un battant et d’un gagneur, qui pourrait faire sienne la devise de Napoléon : « Vouloir c’est pouvoir. ». (...) Le Lion incite à repousser aussi loin que possible les limites à l’intérieur desquelles les deux autres signes d’été (Cancer et Vierge) prédisposent à rester cantonné : celles de l’espace imparti, comme les siennes propres. C’est pourquoi l’astrologie moderne lui attribue une fonction de « déblocage ». (...) « L’impossibilité que nous rencontrons aujourd’hui est notre victoire de demain, assurait le grand yogi indien Sri Aurobindo. Nous sommes faits pour tout vaincre. » Sri Aurobindo est allé jusqu’à penser que la mort n’est qu’une habitude dont il ne tient qu’à soi de se défaire. (...) La dynamique léonine du dépassement de soi se traduit par le goût de l’exploit, lequel requiert un investissement maximal. « Chaque fois qu’on atteint un sommet, il faut en trouver un autre à escalader... » déclare Madonna.
L’échelle qui mène à l’accomplissement personnel (à l’individuation et au Soi de Carl Gustav Jung) est sans fin et chaque étape forcément plus difficile à franchir que la précédente, mais l’adapté méprise la facilité et n’est pas sujet au découragement durable. « Ce qu’on risque révèle ce qu’on vaut », affirme encore Madonna, résumant en quelques mots la philosophie du signe. (...) Ne lésinant ni sur les moyens ni sur les efforts à fournir pour atteindre son but, il voit grand et fait les choses en grand. Sa foi en lui-même constitue son meilleur facteur de réussite. (...) À un journaliste qui lui demandait s’il n’y avait pas des moments où elle craignait de ne pas être à la hauteur - crainte qui paralyse beaucoup de natifs du Cancer et de la Vierge - Emmanuelle Béart a répondu que ce n’était pas la bonne formulation, qu’en fait elle se disait qu’elle allait être à la hauteur. (...) Focalisé sur ce qui l’arme et l’élève, l’adapté ignore superbement ou combat hardiment ce qui le retient en arrière ou le tire vers le bas. (...) Quand le natif du Lion manque d’autonomie, il cherche à en acquérir suffisamment pour être en mesure d’aller aussi loin qu’il le souhaite. Beaucoup d’acteurs du signe sont passés à la réalisation (Sean Penn, Robert Redford, Robert de Niro...) probablement pour goûter au bonheur de l’indépendance où les inévitables restrictions viennent de soi, et non d’un tiers dont les priorités ne correspondent pas forcément aux vôtres ; sans doute aussi parce que l’autorité est naturelle chez un natif enclin à savoir autant ce qu’il vaut que ce qu’il veut. L’aptitude à imposer aux autres ce que l’on s’impose à soi-même est à double tranchant, mais c’est la façon la plus efficace d’obtenir le résultat visé. Quand on est sûr de sa propre valeur et de celle son projet, on n’a aucun complexe à diriger une équipe et à la mener, sans faillir ni faiblir, où bon vous semble et comme bon vous semble. (...) Le natif a du mal à déléguer et brigue une mainmise maximale sur ce qu’il fait. Le besoin de contrôle peut aller très loin chez les personnalités fortes qui ont les moyens de leurs ambitions. (...) Devenir son propre maître ainsi que le préconise Jung, n’est pas à la portée de tous les natifs du signe. (...) Pour que l’adapté du milieu de l’été soit en mesure de se surpasser, il doit être dégagé des divers carcans susceptibles de l’entraver. (...) La fonction de « déblocage » du signe consiste à résoudre les problèmes, simplifier les données trop embrouillées, démêler les sacs de noeud, dissiper les équivoques, éclairer les zones d’ombre... Dans ses relations avec les autres, le natif a besoin que les choses soient clairement pensées et dites. »
youp la boooooum
Le Noeud Sud représente un lieu de concentration d’énergie, qui cristallise les défauts et les ressources du signe dans lequel il se trouve. Le passage de Mars sur le Noeud Sud en Lion du 14 juin à la Pleine Lune du 18 juin 2008, pourrait ainsi faire surgir, tel un geyser, bien des contenus latents que ce signe tricote en chacun de nous.
Pour certains, à tendance passive ou défaitiste, cela pourrait provoquer un réveil très bénéfique : « Mais nom de dieu, si je ne prends pas en main ma vie, si je ne mobilise pas toute mon énergie, si je ne crois pas en moi et que je fais rien pour réaliser ce que je veux, personne ne le fera à ma place ! ».
Prise de conscience salutaire (enfin adulte ?) qui peut remobiliser certaines ressources et permettre de préciser « ce que l’on veut vraiment ». Les doutes ne font pas partie de la force de ce signe, il s’agira peut-être de faire des choix.
Ailleurs, cela pourrait provoquer un excès d’autoritarisme, une colère destructrice (parfois dommageable pour les personnes alentour), sans doute liée à une impuissance personnelle ou à une identité trop aléatoire pour pouvoir se lancer à l’assaut de la vie - bien qu’elle le revendique sans arrêt. Lors de cette montée de Pleine Lune, une telle personne pourrait, parce que cette personne n’arrive pas à être à la hauteur ou à se débarrasser des « carcans » contre lesquels elle se bat, décharger subitement une très forte agressivité (Mars - pulsions).
De nombreuses variantes sont possibles - à observer en soi et autour de soi : quelle force est en train de « monter » ? Qui va rugir ? Qu’allons-nous affirmer (en soi et autour de soi) ? Signe de feu, yang, chaud, sec... Attention pour certains aux crises cardiaques (conflits d’identité dans le territoire ?) : ne pas monter trop haut dans l’échelle émotionnelle du combat... et peut-être construire son histoire d’identité et de territoire autrement, de manière plus subtile et paisible.
Le problème avec l’énergie Lion est sans doute qu’il s’agit effectivement d’être concrètement à la hauteur... pour devenir une force de propositions et un canal de créativités. Une des subtilités actuelles pourrait être de choisir des défis suffisamment accessibles pour que l’on puisse effectivement les aborder, mais suffisamment puissants et visionnaires pour que cela nous demande de repousser les limites de la facilité ou du « déjà acquis ». Et de se tourner vers l’avenir.
Quoi qu’il en soit, chacun d’entre nous pourra sentir quel type d’enjeux il traverse. Sachant que cette lunaison (notamment la semaine avant la Pleine Lune) peut présenter certains défis à relever, cette dizaine de jours d’anticipation pourra certainement nous permettre de méditer quelque peu. S’il y a quelque chose à débloquer et à repositionner, comment s’y prendre ?
La force du Lion consiste en la clarté de sa vision. Les actes suivent la conception. Sommes-nous assez clairs avec nous-mêmes (ce que je vaux / ce que je veux) pour avancer ensuite « sans complexe » et sans doutes ? Sommes-nous assez limpides dans ce que nous formulons pour que ce soit clair pour les autres (voir début de la lettre à propos de la rétrogradation de Mercure en Gémeaux) ? Un rêve ou une intuition lumineuse pourra-t-il nous aider à entendre les messages de notre centre solaire intérieur ?
Mais aussi... faisons-nous assez attention à ce que voient, conçoivent et disent les personnes que nous fréquentons ? (Elles aussi sont traversées par cette énergie Lion...). Nos visions et conceptions se croisent-elles ? S’opposent-elles radicalement ? Auquel cas... nous faisons quoi ? Nous luttons ? (À la place du Lion, il n’y a qu’un lion... il n’y a pas deux maîtres dans la même demeure). Nous nous séparons ? (La terre est assez grande...).
Bien des questions... où les réponses, en Lion, sont éminemment personnelles. « Si cela coïncide tant mieux, si cela ne coïncide pas, tant pis » pourrait dire un Lion qui « ne s’embarrasse pas » de ce qui le dérange et ne tourne pas en rond pendant 100 ans. La franchise y est parfois spectaculaire ! Et sans rancoeur...
L’affirmation Lion peut être ferme et directe sans pour autant être égoïste et narcissique. La personnalité, dans ce 5ème signe du zodiaque, a suffisamment de maturité, d’expérience et de chaleur de coeur pour se soucier sincèrement des autres, du monde, du voisin. Mais il s’agit ici de canaliser son énergie, l’énergie des projets et d’avancer dans les réalisations.
Les personnes natives du Lion, notamment celles qui sont nées entre les 12 et 16 août, quel que soit l’année de naissance, sentiront certainement cette montée d’énergie de manière particulièrement intense (Mars / Noeud Sud sur le Soleil de naissance).
trouver les solutions pour sauter dans l’avenir
ordre et fluidité, fermeté et lâcher prise
je et nous, lion et verseau
En observant le dessin de la Pleine Lune du 18 juin 2008, nous observons une figure singulière, le Yod ou Doigt de Dieu (voir page suivante, forme triangulaire en violet). Quelque part, un Yod appelle à un dépassement, à un saut, à une innovation qui permettent de résoudre les différentes tensions, paradoxes, dualités... qui se sont accumulées jusque là.
Montée en tension, trouver une solution, une issue... puis relâchement.
Le Yod entre Uranus / Jupiter et le Noeud Sud s’étend de la mi-mai à fin juin 2008, le passage de Mars sur le Noeud Sud en Lion pouvant alors servir de déclencheur actif (mi juin). Apparemment, vu l’énergie léonine en jeu, les propositions de résolution passent par une décision / action ferme, qui puisse recanaliser l’énergie et nos projets de manière claire et affirmée. Un réajustement dans l’action est convoqué. Il ne s’agit ni de tergiverser, ni de pédaler dans la semoule, ni de s’appesantir sur le passé, ni d’attendre que le contexte ou l’environnement change : il s’agit d’aller de l’avant, le contexte c’est nous-mêmes.
Le sextile (60°) a lieu entre Jupiter en Capricorne et Uranus en Poisson, entre un signe de terre et un signe d’eau. Terre et eau, raison et intuition, ordre et fluidité, formes concrètes et imaginations, incarnation et inspiration. Uranus en Poisson active notre intuition, notre génie innovant, tandis que Jupiter en Capricorne peut recueillir cette intuition dans l’ordre des choses et du monde ici-bas en lui offrant - si l’intuition et l’action qui en découle sont pertinentes - un cadre et des matériaux concrets pour se manifester.
Manifestation concrète d’une intuition créatrice.
Énergie de rupture (quelque chose change / Uranus) qui permet de renforcer une dimension de cohérence (Jupiter en Capricorne, mise en ordre et organisation).
Quels que soient nos projets, professionnels, familiaux, sociaux, artistiques... nous pourrions sentir ce processus à l’oeuvre : tension -> intuition / vision -> rupture / action -> mise en oeuvre concrète / cohérence. L’acteur, en cette lunaison de juin 2008, c’est nous (et notre soleil...). Il s’agit de prendre en main les choses pour débloquer les situations qui le nécessitent.
je —> nous
Si nous regardons le dessin précédent, il peut donner l’impression d’une énergie qui descend et se canalise vers le point d’en bas (Mars / Noeud Sud en Lion) puis remonte puissamment vers le haut, vers Neptune / Chiron / Noeud Nord en Verseau.
Passage d’une dynamique personnelle (Lion : identité personnelle / ce que je vaux / ce que je veux / vision / mobilisation de l’énergie / choix et action) à une dynamique plus collective, à une participation plus claire, efficiente, « décomplexée » et intelligible. Il s’agit peut-être de se libérer personnellement (Lion) d’un carcan, d’un tension, d’une dualité, d’une attente, d’une complaisance, d’une plainte, d’une incohérence intérieure... pour pouvoir proposer quelque chose de plus clair et énergique dans les sphères que nous partageons avec d’autres - familiales, professionnelles, amicales... (Neptune / Chiron / Noeud Nord en Verseau).
fin du cycle juillet 07 -> juillet 2008
dernière étape avant « l’épreuve de passage » Mars / Saturne du 11 juillet
courage et clairvoyance
Il existe dans la vie et dans les cycles astrologiques des moments particulièrement importants. Quelque part, nous sentons intuitivement qu’il s’agit alors de ne pas se tromper ou s’égarer (dans les choix que nous faisons, dans les directions que nous prenons, dans la manière dont nous jugeons les situations, dans la manière dont nous nous mobilisons...).
Depuis quelques mois, nous avons repéré le point critique correspondant à la conjonction Mars / Saturne au 6° Vierge du 11 Juillet 2008. (voir dans les lettres depuis Janvier 2008 si vous voulez re-explorer les différents éclairages proposés).
Et bien, nous y arrivons...
Début Juillet 2008, la conjonction Mars / Saturne présente un point de passage très exigeant, une charnière, une articulation. Il y aura certainement un avant et un après. Ainsi, tout ce que nous avons vécu et préparé depuis Juillet 2007 (rappel du processus en fin de lettre), tous...
- les efforts, les tentatives, les progrès, les initiatives, les projets, les changements et leurs répercussions...
- les prises de conscience, les mutations intérieures, l’effort d’évolution personnelle vers une plus grande maturité, l’affermissement des compétences...
- les processus d’éclaircissements, de discernement, d’objectivité dans les relations (chasse au flou, aux fantasmes, aux peurs - éclaircissement des zones d’ombre personnelles)...
- les avancées, les solutions amorcées, les idées nouvelles, les intuitions, les réussites...
- les événements, les rencontres, les dynamiques collectives, les synergies de groupe...
... tout cela, l’ensemble de nos vécus le long de ce processus d’une année arrive à terme : il nous présentera bientôt les fruits, la récolte possible, et les nouvelles graines que nous pourrons planter dans le cycle suivant.
Cette conjonction Mars / Saturne de juillet 2008 ayant lieu en Vierge, signe de Terre, l’on peut ainsi imaginer plusieurs types d’effets :
- Dans le meilleur des cas (alignement, justesse, clarté de notre psychisme, de nos visions, de nos actions, de notre place et de nos implications) : sensation d’une terre ferme, d’un sol solide sur lequel nous pourrons nous appuyer fermement pour continuer notre route. Sensation que cette terre ferme est une terre partagée avec d’autres : objectivité.
- Le passage de Mars sur Saturne le 11 juillet 2008 pourrait même aider à faire sauter certains obstacles opiniâtres et obsolètes dès lors que notre action (consciente et inconsciente) s’aligne avec un ordre des choses plus vaste et cohérent.
- Dans le pire des cas, un mur, un stop, une impasse, une crise qui peut s’avérer très profonde et douloureuse. Un événement, un contexte, une personne... qui nous disent « retour à la case départ », c’est-à-dire à la case « soi-même », « c’est n’importe quoi, incohérence, trop d’inconscience, trop de comportements primaires, infantiles, trop de flou ». Il faut reprendre le travail (Saturne nous demande toujours de travailler nos épreuves et de porter notre croix). Reprendre ce travail de petite fourmi (Vierge, dans le détail) afin d’arriver à (re)construire notre personne de manière plus saine (corps / émotions / mental) et de pouvoir également vivre des relations plus « intelligentes ». Ce n’est pas notre faute (l’enfance, les blessures, etc) si nous sommes aujourd’hui dans l’échec ou la douleur, mais nous avons la responsabilité d’en sortir.
Dans les événements collectifs, les dimensions nationales et internationales, je n’ose pas imaginer l’impact de cette conjonction Mars / Saturne du 11 juillet 2008, tant les situations actuelles sont tendues et les colères / peurs accumulées depuis un an sont fortes. « La pression monte ». Lorsque la planète Mars accumule frustrations et rancoeurs, son énergie peut être très impulsive et guerrière tandis que Saturne, pour répondre à cet assaut, s’arme et pourrait chercher à contrecarrer cette énergie au nom d’un pouvoir, d’une « loi » ou d’une légitimité (juste ou pas).
Les événements de cette lunaison de Juin 2008 (et notamment ce qu’il va se passer en nous et autour de nous lors de la conjonction Mars / Noeud Sud en Lion à la mi-juin) semblent ainsi quelque peu déterminants pour les mois à venir. Ce mois de Juin demande toute notre concentration. Le chemin à parcourir entre la conjonction Mars / Noeud Sud en Lion de la mi-juin et la conjonction Mars / Saturne en Vierge de la mi-juillet nous offre un mois pour avancer.
Allons-y. Courage et foi.
Bonne lunaison :-)))
Sandrine Delrieu
* * * * *
Rappel des étapes repérées depuis l’été 2007.
- été 2007 : début d’un travail sur les structures affectives (Vénus), la relation entre le désir (les pulsions) et la loi (les limites), la manière dont durant l’enfance nous avons commencé à élaborer cette instance du Moi, du personnel, de nos ressources et de nos objectifs, de notre unité - intégrité - identité. Possibilité de retrouver (dans l’enfance) des événements significatifs en terme de vécus émotionnels ayant pu générer culpabilités, frustrations, soumissions, dévalorisations, angoisses, doutes... (Saturne). Les conséquences depuis lors ? Une vie plus ou moins épanouie, soumise aux circonstances extérieures, à fleur de peau, crispée dans une citadelle intérieure, une rage destructrice, une impuissance à « réussir sa vie », des personnages et des rôles préfabriqués, ou une vie fantasmée bien plus que vécue...
- septembre / octobre 2007 : intensité maximum...
- novembre 2007 à avril 2008 : un long travail sur les bases, les fondements, les lieux (de vie, de profession...). Transformation de configurations relationnelles, redéfinir sa place. Travail sur les besoins. (Rétrogradation de Mars en Cancer / Gémeaux).
- De mi-novembre 2007 à fin janvier 2008 : possibilité de freins dans l’action et d’impatiences... Approfondir les ressources, compétences personnelles et les énergies de groupe (se fédérer).
- février 2008 : certains freins peuvent lâcher, des situations se débloquer (à l’intérieur de soi : envisager de nouvelles solutions, résoudre une émotion... ou à l’extérieur : propositions, opportunités...) et la dynamique d’action commencer à se remettre en marche.
- avril 2008 : déblocage de l’énergie (fin de la période de rétrogradation de Mars en Cancer). Il s’agit d’aller de l’avant, de prendre des décisions en fonction de la série de vécus des 8 derniers mois. Reprise des questions que nous nous posions en septembre / octobre 2007, avec le bénéfice des 7 mois qui viennent de se passer. Peut-être nous sentons-nous plus fermes intérieurement, plus construits, plus conscients de nos compétentes et potentiels, plus à même de formuler ce que nous voulons vivre, quelle direction nous voulons prendre, avec qui, et plus à même de faire (Mars) ce qu’il faut pour que nos désirs (Vénus) s’inscrivent dans une réalité.
- avril / juin 2008 : une influence subtile (Neptune / Chiron conjoint Noeud Nord) pourrait nous aider à aligner volonté de l’âme et volonté du Moi. Importance d’être à l’écoute de ses sensations, intuitions, rêves... pour « sentir ce que l’on a à faire ». Attention cependant de ne pas rester dans un flou « neptunien » (planète d’eau) et de se servir de ces impressions intérieures pour formuler ces ressentis avec la conscience.
- juin 2008 : travail sur le langage, la communication. Revenir sur les malentendus, oser dire. Décrypter « Lalangue » personnelle et les enfermements mentaux. (Mercure rétrograde en Gémeaux + Vénus et lunaison en Gémeaux).
- juin 2008 : Se recentrer. Vison et action.
- 11 juillet 2008 : fin du processus. Épreuve de passage... « ça passe ou ça casse ». (Conjonction Mars / Saturne au 6° Vierge).
NOTES
1. Patrick Giani. Les trois dimensions de votre thème astral. Editions du Rocher. page 66.
2. Actuellement à Marseille, certains particuliers reçoivent des coups de téléphone d’une compagnie qui prétend travailler avec EDF et insiste pour prendre rdv avec les personnes afin de voir facture EDF ou compteurs. « Vous ne voulez pas payer moins cher votre facture ? » Qui dirait non ? Vérification faite, EDF ne connaît pas cette entreprise... Quel que soit la qualité du produit vendu par cette compagnie, la méthode commerciale (s’inventer une légitimité via un lien avec EDF, poser une question à laquelle nous répondons forcément « oui »...) est typique de certaines stratégies d’un « Mercure » peu moral et sachant jouer du langage pour parvenir à ses fins. Une personne m’a rapportée qu’une fois la personne/commerciale reçue, celle-ci insistait pour faire signer un papier « qui n’engage à rien ».
3. J.D. Nasio. Cinq leçons sur la théorie de Jacques Lacan. Edition Petite Bibliothèque Payot. p 69
4. Françoise Dolto. L’image inconsciente du corps. Edition Points. P148.
5. Nous pouvons alors sentir ce qu’une « Vénus en Gémeaux » pourrait chercher en multipliant les contacts, compagnons ou compagnes.
6. Le procès de Michel Fourniret a eu lieu en ces mois d’avril / mai 2008. Perpétuité pour de nombreuses tortures, viols et meurtres de jeunes filles « vierges ».
7. Voir LDL41 pages 2 à 4.
8. Françoise Hardy. Les rythmes du zodiaque. Editions Pocket. p127. Livre très intéressant, s’appuyant sur la relation aux saisons, aux dominantes diurnes ou nocturnes des signes.