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Percevoir le monde dans sa réalité, l’expérience de l’union.
Extrait du « Yoga-Sutra de Patanjali. Bernard Bouanchaud. Edition Agamat.
écrit ou transmis le dimanche 29 avril 2007  - par Eva Bonito,


Vitarka vicara ananda asmita rupa anugamat samprajnatah [1]

L’état de samprajnata passe successivement par une saisie discursive, puis subtile, par la félicité et par la pleine conscience de soi-même (dans l’expérience).

« Grâce à la pratique persévérante et au détachement, l’esprit est passé de la dispersion mentale à l’état de yoga. Il est orienté vers un objet choisi jusqu’à sa compréhension totale parce qu’il est étroitement relié à cet objet. Lors de cette expérience, il parcourt quatre étapes chronologiques. Cette expérience n’est pas un état de vide, de néant, bien au contraire. Il y a perception juste de la réalité profonde, de l’essence de l’objet.


À ce niveau d’orientation parfaite, l’esprit opère une première saisie de l’objet grâce, pour ainsi dire, à un processus de réflexion, d’analyse où il utilise la mémoire, les mots, les images, bien qu’il n’y ait plus alors d’interférence déformante de la personnalité. Cette première étape permet une compréhension générale de l’objet à un niveau assez vaste (vitarka).

C’est à partir de là et grâce à cette expérience que peut apparaître une saisie plus subtile dont la manifestation est soudaine et surprenante. Elle semble venir d’un espace plus profond (vicara). À nouveau, grâce à cette découverte, une joie profonde (ananda) jaillit, celle de l’émerveillement devant une connaissance d’une fraîcheur et d’une intensité surprenantes.

Puis en découle tout naturellement la conscience d’exister pleinement (asmita). Cette conscience individuelle n’a aucun caractère personnel, égocentrique, individuel. C’est la conscience d’un état qui transcende l’individualité.

Dans cette succession d’états d’union avec un objet, celui-ci ne change pas. C’est le psychisme du sujet qui progressivement devient transparent jusqu’à refléter avec pureté l’objet de concentration comme si des filtres ou voiles disparaissaient l’un après l’autre. Chaque nouvelle vision est à l’origine de la suivante jusqu’à la saisie parfaite de l’objet, c’est-à-dire « samprajnata » : je connais complètement moi-même, étant relié. »



[1] Extrait du « Yoga-Sutra de Patanjali. Bernard Bouanchaud. Edition Agamat. Page 42.




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