les lettres de lunaison conscience de l'évolution
évolution de la conscience
revue à parution mensuelle
madrugada edition, association de recherche sur la mémoire, la conscience et les devenirs
Accueil du site > lectures, thérapies, arts > médecines et thérapies > médicaments, législations... et froncements de sourcils ? > 2009 : grippe A et vaccin H1N1 > 2009/08/20. " L’innocuité du vaccin en question"   version imprimable  
2009/08/20. " L’innocuité du vaccin en question"

écrit ou transmis le samedi 5 septembre 2009  - par Sandrine Delrieu,

Retrouvez l’article dans Le Monde.

Grippe A : l’innocuité du vaccin en question
LEMONDE.FR | 20.08.09 | 17h10 • Mis à jour le 20.08.09 | 20h25

Depuis quelques semaines, la presse anglo-saxonne se fait l’écho des inquiétudes suscitées par les procédures accélérées de fabrication et de mise sur le marché du vaccin contre le virus H1N1. Les médias dénoncent notamment l’absence de tests à grande échelle prévus pour vérifier son innocuité.

Dans un article daté du 15 août, le quotidien britannique The Daily Mail a longuement évoqué une précédente campagne de vaccination contre une épidémie de grippe porcine survenue aux Etats-Unis en 1976. Un pic de syndromes de Guillain-Barré - une affection nerveuse qui se traduit par des paralysies plus ou moins étendues et réversibles -avait alors été enregistré au sein de la population vaccinée. Dans certains cas, ce syndrome peut entraîner la mort.

EFFETS SECONDAIRES
"Même s’il s’agit d’un vaccin nouveau, il bénéficie de toute l’expérience accumulée par les laboratoires lors de la mise au point et de la fabrication des vaccins contre la grippe saisonnière et la grippe aviaire", explique Carmen Kreft-Jaïs, responsable de la pharmacovigilance à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). "Mais comme tout produit médical, un vaccin comporte des effets secondaires", précise-t-elle. "La corrélation avec la vaccination contre la grippe est établie et quantifiée : on observe un à deux cas supplémentaires de Guillain-Barré par million de personnes vaccinées."

L’incidence du syndrome reste donc extrêmement faible et ne justifierait pas l’arrêt de la vaccination. "La grippe saisonnière fait trois mille à six mille morts chaque année en France", rappelle Carmen Kreft-Jaïs. "Or le virus H1N1 semble nettement plus contagieux. La vaccination reste à ce jour un élément primordial de la prévention d’une éventuelle pandémie."

Par contre, de l’aveu même de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), toutes les données collectées lors des procédures de test du vaccin ne seront probablement pas disponibles en temps et en heure pour l’information du public. L’organisation encourage par conséquent ses pays membres à exercer une étroite surveillance des sujets vaccinés, afin de repérer d’éventuels effets secondaires le plus tôt possible. "Nous sommes tout à fait conscients du risque lié à la survenue de cas de Guillain-Barré chez les sujets vaccinés contre la grippe, rassure Carmen Kreft-Jaïs. Nous suivrons attentivement l’évolution du nombre de Guillain-Barré en cas de pandémie et de vaccination massive."

LOBBYS ANTIVACCINATION
Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de référence de la grippe de l’Institut Pasteur, rappelle quant à lui que les vaccins contre la grippe saisonnière et la grippe A sont proches. "La prévalence du syndrome de Guillain-Barré est la même quel que soit le type de grippe contre lequel on vaccine", souligne-t-il. "Il n’y a aucune raison d’avoir peur, d’autant plus que la gravité du syndrome varie beaucoup d’une personne à une autre."

La multiplication des propos alarmistes autour du vaccin anti-grippe A traduit avant tout l’inquiétude du public, - une inquiétude "normale" selon Carmen Kreft-Jaïs, "nous n’avons pas toutes les réponses concernant le H1N1 et le public en est conscient" -, mais elle reflète aussi l’activisme des lobbys antivaccination.

Particulièrement puissants aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ces lobbys s’inquiètent des campagnes de vaccination qui pourraient être mises en place à la rentrée si la situation empire. Raviver des polémiques autour des effets secondaires des vaccins, réels ou supposés, fait partie de leurs moyens de pression habituels auprès du public et des autorités de santé. Avec un écho assez large, notamment en Angleterre : un sondage publié dans le journal professionnel Nursing Times révèle que près de 30 % des infirmières refuseraient de se faire vacciner contre le virus H1N1 le cas échéant.

Audrey Fournier






- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Ecrivez vos commentaires, questions, apports :
(Les auteurs / diffuseurs de l'article recevront un message les avertissant de votre contribution)

Pour pouvoir envoyer un commentaire à cet article, merci de recopier le code qui s'affiche ci-dessous.

 

 
dans la même rubrique

1976, polémiques autour d’une campagne de vaccination contre la grippe au USA.
2009/08/21. Circulaire du Ministère de la Santé et des Sports - Circulaire.
2009/09/01. Polémique sur les risques de Guillain-Barré avec une vaccination massive contre la grippe A
2009/09/01. Vaccination H1N1 : méfiance des infirmières (SNPI, syndical national des professionnels infirmiers).
2009/09/07. Mon employeur peut-il m’obliger à me vacciner contre la grippe H1N1 ?
2009/11. Documentaire d’ARTE à propos du vaccin H1N1
Images : vaccin grip’a, non merci