Cet extrait a permis d’illustrer, dans la Lettre de Lunaison n°28 du 19 janvier 2007, des pistes de recherches quant aux modifications de perceptions, et à une accélération de prises de conscience, qui semblent agir durant le premier semestre 2007.
« L’avenir est-il figé, déterminé une fois pour toutes, ou garde-t-on la possibilité de le modifier ? À première vue, l’existence des phénomènes précognitifs (prémonitions) semble faire pencher la balance vers la première hypothèse. Ce serait alors passablement désespérant. Si l’avenir est un hologramme dont chaque détail est d’ores et déjà fixé, notre libre arbitre serait un mirage et ce serait sans rien y comprendre que, marionnettes entre les mains du destin, nous danserions sur un air écrit d’avance.
Par bonheur, il semble qu’il n’en soit rien. La littérature regorge de catastrophes évitées parce que prévues. (...) Le naufrage du Titanic a fait l’objet de 19 prémonitions dont les récits nous sont parvenues. (...). Ce genre d’incidents suggère que l’avenir n’est pas tracé de manière rigide, qu’il est plastique et susceptible d’être modifié.
Il se peut que Loyle nous donne la réponse. Car, si le réel est à ses yeux un gigantesque hologramme dans lequel passé, présent et futur sont inscrits une fois pour toutes, du moins jusqu’à un certain point, il ne s’agit pas d’un exemplaire unique. Un foisonnement d’entités holographiques similaires flotterait dans les eaux intemporelles et spatiales de l’implié, s’y livrant à un incessant chassé-croisé digne de créatures unicellulaires. « On peut également voir dans ces entités holographiques des mondes parallèles », estime Loye.
En conséquence, la prédétermination d’un univers holographique donné serait totale et toute prescience le concernant résulterait d’une réceptivité à l’avenir de ce seul hologramme. Mais il arrive aussi qu’à l’instar des amibes, nos hologrammes s’interpénètrent, fusionnent ou se divisent, convergent ou s’évitent en bons globules protoplasmiques d’énergie qu’ils sont.
Pareille bousculade, dont nous essuyons de temps à autre les contrecoups, pourrait bien être à l’origine de nos prémonitions. Et quand, sur la base de ces dernières, nous croyons modifier l’avenir par nos actes, nous ne faisons que bondir d’un hologramme à l’autre. Loye nomme ces bonds des « holosauts », et il estime que nous leur devons tant notre liberté que nos intuitions.
Bohm rend compte de la même situation en termes légèrement différents. « Quand une vision prémonitoire amène des gens à ne pas prendre le bateau ou l’avion qui va effectivement faire naufrage ou s’écraser, ce qu’ils ont vu n’était pas l’avenir réel mais quelque chose qui, implié dans le présent, était en passe de s’explier pour former l’avenir en question. En fait, le futur entrevu par eux différait du futur réel en ce qu’il le modifiaient. (...) Chacun à sa manière, Bohm et Loye tentent apparemment d’exprimer la même chose : que l’avenir est un hologramme assez substantiel pour être perçu mais dont la malléabilité reste suffisante pour que nous puissions le modifier. (...)
Qu’il existe, conformément au postulat de Loye, une multitude d’avenirs holographiques distincts et que notre choix entre les événements qui vont se manifester et ceux qui s’en abstiendront s’effectue par simple passage d’un hologramme à l’autre n’est pas sans comporter d’autres implications. Préférer tel ou tel avenir holographique revient pour l’essentiel à le créer. Comme nous l’avons vu, bon nombre d’observations suggèrent que la conscience joue un rôle majeur dans la création de « l’ici et du maintenant ».
Mais si l’esprit peut s’aventurer par-delà les frontières du présent et arpenter à l’occasion le brumeux paysage du futur, faut-il penser que nous puissions avoir part à la création des événements qui le jalonnent ? En d’autres termes, coups du sort et chances insignes sont-ils vraiment les fruits du hasard ou modelons-nous littéralement notre propre destin ? Il y a - semble-t-il, et c’est remarquable - de troublants indices que la solution numéro deux soit la bonne. »
Extrait de « L’univers est un hologramme » de Mickael Talbot (Ed Pocket), p 347