CUOCERE IL MONDO cuire le monde. conception et mouvement chorégraphique Raffaella Giordano écrit ou transmis le mercredi 18 avril 2007 - par
Raffaella Giordano,
(toutes les photos ont été prises par Andrea Macchia)
" La naissance d’une œuvre est souvent un long cheminement. J’ai vécu ce voyage avec pudeur, dans la conscience d’affronter des thèmes délicats et profonds. Dans la confiance de parler de quelque chose de très proche et infiniment connecté.
La parole simple jaillie mystérieusement d’une complexité naturelle, c’est dans l’ordre vital des choses, des êtres, du cosmos.
J’ai voulu préserver cette simplicité et me rappeler que le geste et nous, sommes un miracle d’essence.Rencontrer la dynamique de l’événement du tableau de Léonard de Vinci, La dernière cène, a demandé du silence et beaucoup d’espace pour que l’enlacement de nos cœurs dévoile les traces à suivre et le sentier à soutenir.
Quelle table, quel doute, quelle foi, quel vide, quelle résurrection, quelle peur, quelle nourriture, qu’est-ce que trahir ?
Je n’ai pu que regarder dans nos ré-volutions pour ne pas parler de choses construites à priori, et traverser dans nos corps nos réelles résistances à soi, à l’autre.
On a vécu dans notre expérience la sensation que la dynamique du tableau était en jeu à chaque instant, dans nos mouvements : un vide comme l’éclat d’une présence, un doute comme une suspension pleine de réponses, une main tendue, un pas en avant comme une renaissance.
J’ai toujours entendu le corps comme le lieu concret du mystère. Je crois en son pouvoir de relier et de rencontrer à travers son expérience terrestre, les forces humaines et transcendantales.
Le corps est le fruit d’une pleine relation entre un dedans et un dehors qui permet de porter à la lumière notre réponse à la vie. Une solitude qui se constitue seulement à travers cette réciprocité ininterrompue.
Tout cela ne s’arrêtera pas dans le temps où on jouera avec et à travers les yeux du public, la présence d’un ensemble plus vaste d’être humains sera une force qui rendra plus intense ce procès vivant. "